Après une finale continentale marquée par une forte charge émotionnelle, la voix de la responsabilité s'élève à Dakar, appelant les médias à la retenue afin de préserver les relations historiques et fraternelles entre le Sénégal et le Maroc. Au lendemain de la finale de la Coupe d'Afrique des Nations 2025, opposant le Sénégal au Maroc, l'heure est à l'apaisement et à la responsabilité, dans un contexte où les relations entre les deux pays demeurent profondément ancrées dans l'histoire, la confiance mutuelle et une coopération multiforme qui dépasse largement le cadre sportif. C'est dans cet esprit que le Conseil sénégalais pour l'Observation des Règles d'Ethique et de Déontologie dans les Médias (CORED) a appelé les professionnels de l'information à la vigilance. Dans un communiqué rendu public, mardi 21 janvier 2026 à Dakar, relayé par la presse sénégalaise, l'organe d'autorégulation des médias sénégalais a exprimé ses préoccupations face à la circulation massive de contenus non vérifiés, apparus dans le sillage immédiat de cette rencontre très suivie à l'échelle continentale. Selon le CORED, de nombreuses informations erronées, des images sorties de leur contexte et des vidéos détournées ont envahi les réseaux sociaux, créant un climat propice aux interprétations excessives et aux amalgames dangereux. Lire aussi : CAN 2025 : L'émotion qui a failli tout emporter L'institution estime que ces publications, souvent amplifiées par la viralité numérique, risquent d'alimenter des tensions injustifiées entre deux peuples unis par des liens anciens et solides. Dans son communiqué, le Conseil rappelle que le Sénégal et le Maroc entretiennent une relation fraternelle fondée sur des attaches spirituelles, humaines, diplomatiques et économiques profondes, lesquelles ne sauraient être fragilisées par l'issue d'un match de football, aussi chargé d'émotion soit-il. Face à cette situation, le CORED exhorte les journalistes, les rédactions et les acteurs des médias à faire preuve de professionnalisme et de discernement. Il met en garde contre toute reprise hâtive d'informations non sourcées ou insuffisamment recoupées, rappelant que la diffusion de l'information engage pleinement la responsabilité sociale des médias. Le CORED s'appuie également sur les fondements juridiques et déontologiques qui encadrent la profession au Sénégal. Il rappelle notamment l'article premier de la Charte des journalistes du Sénégal, lequel consacre le droit du public à une information juste, honnête et équilibrée. Il évoque également l'article 13 du Code de la presse qui interdit formellement la publication ou la diffusion de documents, d'images ou de sons dont l'origine n'est pas clairement établie. Dans son message, le Conseil attire par ailleurs l'attention sur l'émergence de nouveaux risques liés à la manipulation de contenus numériques, notamment à travers l'usage croissant de technologies permettant la falsification d'images et de vidéos. Il souligne que cette réalité impose aujourd'hui un surcroît de rigueur dans le travail journalistique afin de faire face efficacement à la désinformation. Au-delà de l'alerte médiatique, selon des observateurs, cette prise de position s'inscrit dans une approche diplomatique responsable, soucieuse de préserver la qualité des relations entre les deux nations. Le Maroc et le Sénégal partagent en effet une vision commune de la coopération Sud-Sud, portée au plus haut niveau par les dirigeants des deux pays, et traduite par des partenariats constants dans les domaines économique, religieux, sécuritaire et humain.