Devant le Parlement danois, le jeudi 22 janvier 2026, la Vice-Secrétaire générale des Nations Unies, Amina Mohammed, a lancé un avertissement clair : la Charte des Nations unies, fondement du droit international et de la coopération mondiale, doit être protégée, sous peine de conséquences lourdes pour tous. Qualifiant la Charte de 1945 de « boussole morale », elle a rappelé qu'elle guide l'action collective en faveur de la paix, des droits humains et de la dignité. Les résolutions récentes sur la souveraineté de l'Ukraine et le soutien à la solution à deux Etats entre Israéliens et Palestiniens illustrent, selon elle, la manière dont ces principes peuvent être concrètement appliqués. Toutefois, ces fondements sont de plus en plus remis en cause. Amina Mohammed a dénoncé une nostalgie dangereuse qui menace aujourd'hui la coopération internationale, car l'Etat de droit peut être interprété selon les caprices et les fantaisies du bras fort. Elle a souligné que le Secrétaire général António Guterres avait récemment rappelé que la Charte n'était pas un menu à la carte et que tous les pays avaient l'obligation de la respecter. Elle souligne qu'aujourd'hui, ce sont les petits pays qui défendent la Charte, parce qu'ils comprennent que si les règles ne protègent pas les plus vulnérables, elles ne protègent personne. Lire aussi : Développement et paix: M. Guterres appelle à la mise en œuvre « immédiate » du Pacte pour l'avenir Elle a également appelé à investir davantage dans le développement durable, alors que les dépenses militaires mondiales ont atteint 2,7 trillions de dollars, face à un déficit annuel de 4,2 trillions pour le financement du développement. La Vice-Secrétaire générale des Nations Unies a plaidé pour une réforme profonde de l'ONU à travers l'initiative U80. Cette initiative, lancée en mars 2025, porte sur une réforme à l'échelle du système visant à mettre en place une organisation mondiale agissant plus efficacement et avec un impact plus important, dans un contexte où les ressources sont moindres et les besoins sur le terrain plus importants, notamment dans les pays les plus vulnérables. Finalement, elle a demandé à tous les pays, y compris le Danemark, de s'engager en faveur d'une réforme de l'ONU qui tienne non seulement les promesses de la Charte, mais réponde aussi aux réalités d'aujourd'hui.