Le 24 janvier 2026, à Rabat, le Sommet des Alumni « America 250 » a offert une lecture résolument contemporaine d'un partenariat maroco-américain parmi les plus anciens au monde. À l'approche du quart de millénaire de l'indépendance des Etats-Unis, l'événement a mis en lumière le rôle stratégique du capital humain dans la consolidation et la projection future de cette alliance historique. L'histoire des nations s'écrit parfois dans la discrétion des chancelleries, mais elle se vit avec une intensité particulière dans l'effervescence des rencontres humaines, capables de transpercer les frontières et les époques. Le 24 janvier 2026, alors que les Etats-Unis s'apprêtent à commémorer les 250 ans de leur indépendance, Rabat s'est imposée comme l'épicentre d'une célébration à la portée largement symbolique. Le Sommet des Alumni « America 250 » n'a pas seulement marqué un jalon chronologique, il a consacré l'excellence d'une relation bilatérale dont la genèse remonte à 1777, lorsque le Sultan Sidi Mohammed Ben Abdallah fit du Maroc la première nation à reconnaître la souveraineté de la jeune république américaine. Un héritage historique au service de la modernité. Partenariat Maroc–Etats-Unis : quand les alumni font la différence Dans une atmosphère solennelle, Benjamin Ziff a pris la parole pour rappeler que l'antériorité de la reconnaissance marocaine constitue le socle fondateur du partenariat entre le Maroc et les Etats-Unis. Cette relation séculaire se matérialise aujourd'hui par un réseau dynamique de plus de 10 000 alumni issus de programmes d'échange de premier plan, qui contribuent à l'innovation, à la croissance économique et à l'engagement civique, au Maroc comme à l'international. Commerce, technologie, diplomatie et entrepreneuriat se conjuguent ainsi pour faire de cette alliance un levier concret de prospérité partagée. Le sommet a atteint un moment fort avec la célébration du 10.000e lauréat des programmes d'échange américano-marocains. Ce chiffre, loin de se limiter à une donnée statistique, symbolise une véritable force vive ; une génération de décideurs, d'innovateurs et de leaders communautaires qui, de Tanger à Dakhla, participent activement à la transformation du Maroc. Issus de près de soixante programmes prestigieux – dont Fulbright Program et l'International Visitor Leadership Program – ces alumni s'affirment comme des acteurs clés d'un avenir partagé, insufflant une dynamique renouvelée à la diplomatie dite « parallèle ». Prenant le relais, Mustapha El Massoudi, le Représentant du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, a souligné que cette amitié « ne se mesure pas aux années ». Evoquant la trajectoire du Royaume sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, il a mis en exergue la convergence des valeurs entre les deux nations. Le modèle de développement marocain, fondé à la fois sur la croissance économique et la valorisation du capital humain, trouve dans le partenariat avec Washington un écho particulièrement structurant. Lire aussi : Maroc – Etats-Unis : Le dialogue stratégique renforcé après la visite du Congrès Un impact mesurable à l'échelle nationale et continentale L'ampleur de cette synergie se mesure notamment à travers les 10 000 lauréats des programmes d'échange, répartis sur une soixantaine d'initiatives couvrant l'ensemble des 12 régions du Maroc. Ces acteurs ont contribué à générer un impact économique se chiffrant en milliards de dollars et à étendre leur rayonnement à l'échelle africaine, notamment par la création d'entreprises opérant dans 26 pays du continent. Dans ce contexte, l'intervention de M. El Massoudi a rappelé que cette alliance s'inscrit dans une continuité historique rare : des premiers échanges entre le Sultan Sidi Mohammed Ben Abdallah et les pères fondateurs américains jusqu'aux dialogues stratégiques contemporains. Une constance qui témoigne de la résilience de ce partenariat dans un environnement international en mutation, où l'Atlantique s'affirme davantage comme un pont que comme une frontière. Intelligence artificielle, entrepreneuriat et diplomatie : vers une nouvelle phase du partenariat Loin de se limiter à une commémoration rétrospective, le sommet s'est clairement inscrit dans une logique prospective. Les ateliers thématiques consacrés à l'intelligence artificielle, à la cybersécurité, à l'entrepreneuriat et à la transformation digitale ont illustré la volonté commune d'anticiper les défis à venir. À cet égard, Nick Barnett, chargé des Affaires publiques, a souligné l'ambition affichée : poser les fondations des 250 prochaines années de coopération. L'impact économique des alumni apparaît, dans cette perspective, particulièrement significatif. Les entreprises fondées par ces derniers desservent aujourd'hui des millions de citoyens à travers l'Afrique et génèrent une valeur ajoutée estimée à plusieurs milliards de dollars. Cette dynamique confirme que les programmes d'échange constituent non seulement des instruments d'influence culturelle, mais aussi de véritables investissements stratégiques au service de la prospérité mutuelle. Une relation d'exception tournée vers l'avenir Le sommet « America 250 » aura ainsi agi comme le miroir d'une relation bilatérale singulière. Entre la capacité d'innovation américaine et l'engagement affirmé de la jeunesse marocaine, une nouvelle grammaire diplomatique semble se dessiner. Dans un contexte international marqué par de profondes recompositions géopolitiques, le partenariat entre Rabat et Washington réaffirme sa solidité, porté par une ressource humaine que Benjamin Ziff a qualifiée de « remarquable ». Fort de son héritage historique et de sa vision tournée vers la modernité, le Maroc continue de s'affirmer comme un interlocuteur de référence des Etats-Unis en Afrique et dans le monde arabe. Le 24 janvier 2026 restera ainsi comme une date symbolique, celle où deux nations, séparées par un océan mais liées par une histoire et des intérêts convergents, ont choisi de célébrer non seulement leur passé commun, mais surtout l'ambition de leur avenir partagé.