Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a lancé un avertissement sévère sur l'état du droit international et le rôle de la communauté internationale. Huit décennies après la création de l'Organisation des Nations Unies (Organisation des Nations Unies), l'ordre juridique mondial, conçu pour protéger les plus vulnérables et encadrer l'action des plus puissants, montre, selon lui, de préoccupants signes d'affaiblissement. S'exprimant lundi 26 janvier 2026 devant le Conseil de sécurité à New York, lors d'un débat consacré à l'Etat de droit, António Guterres n'a pas mâché ses mots : « Partout dans le monde, l'Etat de droit est remplacé par la loi de la jungle. » Il a dénoncé un déséquilibre persistant entre les Etats, estimant que les pays disposant d'un poids militaire ou politique majeur tendent à s'ériger en arbitres de ce qui est « acceptable » ou non en matière de droit international. À l'inverse, a-t-il souligné, ce droit constitue une véritable « bouée de sauvetage » pour les Etats plus modestes, souvent confrontés à des inégalités historiques et aux séquelles durables de la domination coloniale. De Gaza à l'Ukraine, du Sahel au Myanmar, le droit international est, selon lui, trop souvent traité comme une variable d'ajustement, appliqué « à la carte » au gré des intérêts nationaux. Cette fragilité se reflète également dans le fonctionnement du Conseil de sécurité, fréquemment paralysé par l'usage du droit de veto. Les cinq membres permanents – Etats-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni – disposent en effet du pouvoir de bloquer toute résolution, y compris lorsque la majorité des membres y est favorable. Dans ce contexte, António Guterres a renouvelé son appel à une réforme en profondeur du Conseil, jugée indispensable pour renforcer sa représentativité et son efficacité. Lire aussi: Développement et paix: M. Guterres appelle à la mise en œuvre « immédiate » du Pacte pour l'avenir La question de la justice internationale a également occupé une place centrale dans les échanges. Le Secrétaire général s'est félicité du recours croissant aux juridictions internationales, tout en appelant les Etats à accepter sans réserve la compétence obligatoire de la Cour internationale de Justice et de la Cour pénale internationale. Ces institutions, a-t-il rappelé, constituent des piliers essentiels de l'ordre international. Sans leur pleine reconnaissance et leur application effective, le système multilatéral risque de se réduire à un simple rapport de forces, où les plus puissants imposent leurs règles. « Il ne peut y avoir de paix durable sans reddition de comptes », a-t-il insisté. Enfin, António Guterres a exprimé sa préoccupation face au fossé persistant entre les engagements proclamés et leur mise en œuvre concrète. Citant notamment le Pacte pour l'avenir adopté en 2024, il a regretté que nombre de promesses restent lettre morte. « Ces engagements ne sont pas suivis d'actes concrets », a-t-il déploré, évoquant des cessez-le-feu fragiles, des accords qui « s'évaporent dès que l'encre sèche » et des processus politiques qui peinent à progresser.