Le Parlement européen a appelé, jeudi, à renforcer les financements et la coordination afin de lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale dans l'Union européenne, plaidant pour son éradication au plus tard d'ici à 2035. A cet effet, les eurodéputés qui, réunis en session plénière à Strasbourg, ont demandé à la Commission européenne de reconnaître la pauvreté comme une violation de la dignité humaine dans sa prochaine stratégie de lutte contre la pauvreté. Ils ont également souligné l'impératif que des ressources budgétaires adéquates soient allouées aux mesures de lutte contre la pauvreté dans le cadre du budget à long terme de l'UE, ainsi qu'une coordination effective entre l'Union et ses Etats membres. Notant, par ailleurs, l'augmentation du nombre d'enfants exposés au risque de pauvreté, le Parlement a demandé la création d'un budget d'au moins 20 milliards d'euros pour un meilleur soutien des Etats membres en vue de la mise en œuvre de la Garantie européenne pour l'enfance. Lire aussi : Un enfant sur cinq vit dans la pauvreté monétaire « extrême », 417 millions souffrent de « privations graves » Ils estiment aussi que les Etats membres devraient consacrer au moins 5% des ressources du Fonds social européen plus (FSE+) à des projets spécifiquement destinés à lutter contre la pauvreté des enfants, et au moins 10% dans les pays où les niveaux de pauvreté et d'exclusion sociale des enfants sont supérieurs à la moyenne de l'Union. Les parlementaires européens soulignent, en outre, que la Commission et les Etats membres devraient accroître les investissements publics dans des politiques garantissant un accès universel au logement, à l'alimentation, à l'eau, à l'assainissement, à l'énergie et aux transports. Ces mesures, estiment-ils, pourraient contribuer à rompre le cycle intergénérationnel de la pauvreté et à renforcer l'inclusion sociale et professionnelle. Selon les données de la Commission européenne, en 2024, plus de 93 millions de personnes étaient exposées au risque de pauvreté ou d'exclusion sociale dans l'UE, dont 20 millions d'enfants, soit un quart des enfants de l'Union.