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A quand la fin de la boucherie
Publié dans MarocHebdo le 21 - 09 - 2012

DEBAT. Au Maroc, 600 avortements sont pratiqués chaque jour, mais 200 sont considérés comme “non médicaux". Les associations marocaines montent au créneau et demandent des lois plus souples pour sauver des vies.
Le bras de fer continue entre les associations marocaines de lutte contre l'avortement clandestin et le gouvernement. En effet, le mouvement alternatif pour les libertés individuelles (MALI), présidé par Ibtissam Lachgar, a lancé mi-septembre 2012, une pétition électronique demandant la légalisation de l'avortement au Maroc.
Un appel relayé par d'autres associations féminines qui soutiennent ce projet et veulent arriver à un consensus avec le gouvernement de Abdelilah Benkirane sur cette épineuse question de l'avortement. On le sait, au Maroc, l'avortement n'est autorisé qu'en cas de danger pour la vie de la mère ou bien en cas de viol. Cette loi contestée ne cesse d'attiser la polémique, et des réclamations pro-avortement continuent de circuler.
Le mouvement a précisé que cette pétition appelle à l'abolition des chapitres 449 à 458 du Code pénal marocain, qui punit tout acte et toute tentative d'avortement. Cette volonté de la société civile de sauver des vies humaines, qui sont fauchées par des interventions dites non médicales, se heurte à des réalités marocaines plus enracinées dans le tissu social, religieux et culturel du pays. Pourtant, les vérités sur les morts dues à des avortements clandestins sont là. Comme le souligne Ibtissam Lachgar, «les conséquences de l'avortement clandestin sont aberrantes. Nous lutterons jusqu'au bout pour la légalisation de cet acte afin qu'il puisse se faire dans des conditions saines et propres sans le moindre dégât».
D'ailleurs, le MALI joint son appel d'un document où l'on peut lire dans les détails les chiffres de la mort à cause de la clandestinité des avortements. Selon ce document, ce sont entre «600 et 800 avortements clandestins qui ont lieu quotidiennement dans des conditions malsaines, engendrant ainsi la mort toutes les dix minutes.»
Débat national
La réalité du terrain est telle qu'il s'agit aujourd'hui pour le gouvernement marocain de trancher. Sans verser dans l'hypocrisie de mauvais aloi, qui ignore encore que de nombreuses jeunes filles, des femmes célibataires, des veuves, des femmes divorcées, des mineurs ont recours à des avortements? Plus personne. Il suffit de payer pour interrompre sa grossesse. Le hic, c'est que l'hypocrisie des lois a créé de l'emploi pour des pseudos-médecins, qui sont de fait, comme le souligne une activiste de la société civile, «des bouchers en blouse blanche». Résultat, des maisons improvisées en cabinets médicaux, des charlatans en guise de chirurgiens et des femmes qui meurent.
Une jeune femme, sans époux, ne peut pas garder un enfant. Une femme célibataire, une veuve ou encore une divorcée sont dans le même cas de figure. Aucune autre alternative que l'avortement clandestin. Avec toute la panoplie de risques que cela peut entraîner. Comme le précise une mère célibataire, qui a eu recours par deux fois à l'avortement clandestin, «c'est un crime contre la société d'obliger une femme de garder un enfant dans des conditions pareilles. Sans père, le nouveau-né sera un né sous X, sans état civil, et il devra porter le poids de la société sur les épaules. Dans un pays qui se respecte, on ne crée pas des tares sociales supplémentaires juste par hypocrisie alors que tout le monde sait que ce n'est plus que dans la légalité du mariage que les Marocains ont des relations sexuelles».
Légal, illégal
Malgré quelques évolutions, les lois sur l'avortement sont restées en déphasage total avec leur époque. En effet, la loi sur l'avortement a été relativement libéralisée pour la première fois en 1967 au Maroc. L'article 453 du code pénal a été modifié par un décret royal, en juillet 1967, pour prévoir que «...l'avortement n'est pas puni lorsqu'il constitue une mesure pour sauvegarder la santé de la mère». L'article ajoute «...il est ouvertement pratiqué par un médecin ou un chirurgien avec l'autorisation du conjoint».
Autrement, en l'absence du mari, en cas de son refus ou du moins par défaut de consentement, l'avortement est illégal, selon le Code pénal. Sauf si le médecin chef de la préfecture ou de la province est saisi par le médecin ou chirurgien censé intervenir. Lequel doit impérativement attester que «la santé de la mère ne peut être sauvegardée qu'au moyen d'une telle intervention».

Sauver des vies
L'article 449 du Code pénal punit de 1 à 5 ans de prison et d'une amende de 200 à 500 DH quiconque par aliments, breuvage, médicaments, manœuvres, violences ou par tout autre moyen, a provoqué ou a tenté de provoquer l'avortement d'une femme enceinte, qu'elle y ait consenti ou non.
Pour l'article 453, l'avortement n'est pas puni quand il vise à sauvegarder la vie de la mère à condition qu'il y ait consentement du conjoint. En l'absence de ce consentement, il faut avoir celui du médecin-chef de la préfecture et, en cas d'urgence, il suffit que ce dernier soit seulement avisé.
L'article 454 punit de 6 mois à 2 ans de prison toute femme qui s'est livrée à l'avortement. Quant à l'article 455, celui-ci punit l'avorteur de deux mois à deux ans, même si l'acte n'a pas abouti, et des mêmes peines le vendeur des produits avortants et les complices de l'avortement.
Face à de telles lois combinées aux réalités atroces de la vie moderne, la législation actuelle ne permet pas de pratiquer un avortement dans des conditions permettant de sauver des vies. La porte demeure grande ouverte devant la clandestinité