Deux jalons de taille pour marquer la réunion du Conseil de sécurité    Driss Lachguar, hôte de la Fondation Lafqui Titouani    Le Polisario recherche désespérément son chef    Aïd Al Adha: 8 millions de têtes d'ovins et de caprins seront identifiées (Akhannouch)    Maroc : Adoption en commission d'un projet de loi relatif au blanchiment des capitaux    La généralisation de la protection sociale, un levier d'intégration de l'informel    Tchad : le président Idriss Déby Itno tué au front    Famine : des ONG demandent 5,5 milliards de dollars pour sauver 34 millions de personnes    La main tendue du Maroc au Liban    Téhéran redit sa disposition à dialoguer avec le rival saoudien    Mourinho démis de ses fonctions d'entraîneur à Tottenham    Botola Pro D1: Les rencontres dominicales sanctionnées par des marques de parité    En-Nesyri donne la victoire au FC Séville    Les services de la sûreté d'Errachidia à pied d'oeuvre dans la lutte contre le trafic de drogue    L'examen national unifié du baccalauréat entre les 8 et 12 juin    Le passeport vaccinal prend son envol    « Ch'hiwa Bel Khef »: le « Batbout » (VIDEO)    "Annette" de Leos Carax, film d' ouverture du 74ème Festival de Cannes    Le journaliste et critique d'art Jamal Boushaba n'est plus    Journée internationale des monuments et des sites: Un riche programme de sensibilisation autour des valeurs historiques de Rabat    Décès de l'ancien vice-président américain Walter Mondale à l'âge de 93 ans    La cour constitutionnelle statue sur le nouveau quotient électoral    Chambre des représentants : un projet de loi relatif au blanchiment des capitaux adopté en commission    La France connaît une décroissance « fragile » de l'épidémie    Espagne: le « passeport sanitaire » bientôt lancé    La Super League va « sauver le football », selon Florentino Pérez    La BVC ouvre proche de l'équilibre    Maroc: Cours de change des devises étrangères contre le dirham pour mardi 20 avril    Ukraine : Washington dénonce l'«escalade» de Moscou en mer Noire    Botola Pro D1 : la valse habituelle des entraîneurs continue    Khénifra/Service des urgences : une vidéo publiée sur internet fait réagir la Direction régionale de la Santé    Acteur majeur dans le secteur immobilier au Maroc, Sarouty place ses engagements sociétaux au cœur de sa stratégie    Avec un financement MCA : 11 millions de dollars pour la zone industrielle de Bouznika    Perspectives du secteur agricole sur le continent : La digitalisation technologique, facteur de productivité    Secousse tellurique de 3,8 degrés dans la province de Driouch    Météo: le temps prévu ce mardi 20 avril au Maroc    La COVID-19 ravage les camps de Tindouf et touche le personnel de l'ONU    La terre a tremblé dans cette province du Maroc    SM le Roi félicite M. Patrice Talon à l'occasion de sa réélection Président de la République du Bénin    Cette semaine en Liga...    "Jazirat Al Kanz": La saison 6 démarre ce mardi à 22h45 sur 2M    Open d'Espagne de Taekwondo:Achraf Mahboubi médaillé d'or    Le Maroc et le Danemark veulent élaborer un agenda post-pandémie    Arrivée à Beyrouth du 2è lot des aides alimentaires    Jubantouja est inspiré du Roi de la Mauritanie Juba II    Le 1er dictionnaire espagnol-arabe de football, présenté en ligne mardi prochain    Un riche programme de sensibilisation et de vulgarisation autour des valeurs historiques de Rabat    VIDEO// Le danseur et chorégraphe belgo-marocain Sidi Larbi Cherkaoui en direct sur Info Soir de 2M    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Saad Dine El Otmani, “Les rencontres de Manhasset sont au point mort"
Publié dans MarocHebdo le 12 - 10 - 2012

INTERVIEW. Le chef de la diplomatie marocaine, Saad Dine El Otmani, évoque les dossiers du moment : Sahara, Algérie, Afrique, crise syrienne, nos relations avec l'Espagne, l'Iran, l'Afrique du Sud...
propos recueillis
Maroc Hebdo International: Vous avez effectué récemment un déplacement à Lima, capitale du Pérou, pour assister au 3ème Sommet “Amérique latine - Monde arabe". Comment se portent aujourd'hui les rapports entre le Maroc et les pays de l'Amérique du Sud?
Saad Dine El Otmani: Le Maroc donne une grande importance à ses relations avec l'Amérique du Sud dans le cadre de sa stratégie globale qui consiste à avoir des rapports équilibrés avec les différents groupements régionaux. L'Amérique du Sud aujourd'hui joue un rôle important sur la scène internationale et ses indices de développement économique dans un contexte de crise mondiale, sont remarquables. Cette partie du monde ne vit pas la crise comme elle est vécue en Europe. Je dirais même qu'il y a des pays sud-américains qui ne sont pas touchés par la crise. Soit ils ont des ressources pétrolières ou autres, soit ils ont des bases solides de développement qui atténuent les effets de la crise. Les relations du Maroc avec cette partie du monde sont appréciables. Nous y avons six ambassades. De nombreuses visites sont effectuées au Maroc par plusieurs ministres des pays de l'Amérique du Sud.
N'empêche que certains pays comme Cuba, la Bolivie et le Venezuela soutiennent le Polisario. Le Maroc fournit-il des efforts pour infléchir la position de ces pays?
Saad Dine El Otmani: L'action de la diplomatie marocaine a permis de mieux faire comprendre notre question nationale en Amérique du Sud et plus généralement en Amérique Latine. Nos efforts ont donné leurs fruits, puisque le soutien aux séparatistes a reculé de manière significative dans cette région. De plus en plus de pays soutiennent la démarche marocaine dans sa quête d'une solution définitive à ce différend qui a perduré. Avec les autres, le dialogue continue et nous essayons de garder le lien. En marge de la dernière réunion de l'Assemblée Générale des Nations Unies, à New York, j'ai eu un entretien avec le ministre cubain des Relations extérieures, à sa demande. Nous avons évoqué les relations bilatérales et le Sahara.
Quelle est la teneur de ces négociations?
Saad Dine El Otmani: Ce ne sont pas des négociations, mais de simples discussions. Ils ont exprimé leur point de vue comme nous avons exprimé le nôtre. Mais nous nous sommes mis d'accord pour continuer d'échanger nos points de vue.
Combien de pays dans le monde reconnaissent aujourd'hui le Polisario?
Saad Dine El Otmani: Il y a dix ans, 84 pays reconnaissaient la “république" des séparatistes. Actuellement, ils ne sont plus qu'une trentaine. Grâce aux efforts de notre diplomatie, plus de 60% de ces pays ont retiré ou gelé leur reconnaissance à la pseudo “république". C'est une dynamique irréversible et nous continuons sur la même voie. Mais de telles actions ont besoin de temps.
Mais alors, le gouvernement actuel a-t-il des objectifs précis pour convaincre plus de pays du bien fondé de la position marocaine dans l'affaire du Sahara?
Saad Dine El Otmani: Dans les années 70 et 80 du siècle dernier, de nombreux pays ont signé des communiqués sans connaître la réalité des choses. Nous nous employons patiemment à rétablir la vérité et nos arguments procèdent du bon sens: la “république" n'existe pas, elle n'a aucune base. Des gouvernements nous disent avoir hérité ce problème de leurs prédécesseurs; ils ont besoin de temps.
Le Maroc a eu plusieurs rounds de négociations avec le Polisario auxquelles participent aussi la Mauritanie et l'Algérie, à Manhasset, dans la banlieue de New York. Mais, depuis leur lancement en 2007, elles n'ont pas avancé. Croyez-vous toujours dans ces négociations?
Saad Dine El Otmani: D'abord, nous croyons au droit inaliénable du Maroc dans son unité nationale et son intégrité territoriale. Le reste, ce sont des moyens pour défendre ce droit. Ensuite, les négociations ont été proposées par la communauté internationale en alternative au référendum, qui a échoué parce que les séparatistes ne veulent pas qu'il réussisse. Le Maroc a pris part activement à ces négociations de bonne foi parce qu'il souhaite véritablement mettre fin à ce conflit et aux souffrances des Sahraouis qui se trouvent dans les camps de Tindouf. Les différentes résolutions du Conseil de Sécurité, depuis que le Maroc a soumis en 2007 au Secrétaire général des Nations Unies sa proposition d'autonomie dans les provinces du Sud, demandent la poursuite de ces négociations pour la recherche d'une solution politique, durable, juste et mutuellement acceptable. Aujourd'hui, le Maroc a prouvé qu'il est crédible dans la recherche de cette solution et le Conseil de Sécurité, dans toutes ses résolutions, salue les efforts de notre pays.
Où en sont aujourd'hui ces négociations?
Saad Dine El Otmani: Au point mort. Il y avait au début des négociations formelles, mais l'Envoyé Personnel du Secrétaire général des Nations Unies avait proposé des négociations informelles, qui se sont déroulées jusqu'à présent en neuf rounds, sans issue et sans aucune avancée. Actuellement, il y a des contacts avec le Secrétaire général des Nations Unies pour discuter des prochaines étapes.
Comment expliquez-vous le changement de position du Maroc en ce qui concerne le maintien de l'Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies, Christopher Ross, à qui notre pays avait retiré sa confiance?
Saad Dine El Otmani: Après la communication téléphonique de S.M. le Roi avec le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, les contacts continuent avec celui-ci, et on va voir leurs résultats très prochainement.
Est-ce qu'il y a une visite programmée de Christopher Ross au Maroc?
Saad Dine El Otmani: Aucune visite n'est programmée pour l'instant.
L'Algérie est partie prenante depuis longtemps dans le dossier du Sahara. Comment sont les relations diplomatiques du Maroc avec ce pays, huit mois après votre visite à Alger en janvier 2012?
Saad Dine El Otmani: Nos relations diplomatiques avec l'Algérie sont bonnes; parce qu'il y a des visites de part et d'autre de responsables et de ministres. Nous avons essayé de donner une nouvelle dynamique aux accords dans plusieurs secteurs. Nous avons aussi essayé de donner un nouveau souffle aux relations économiques bilatérales. Aujourd'hui, je peux dire qu'il y a une amélioration. C'est vrai que ce n'est pas suffisant. C'est vrai aussi que les questions les plus cruciales et qui constituent des points de divergence entre les deux pays n'ont jamais été abordées. Pour la question du Sahara, comme vous le savez, nous nous sommes mis d'accord pour la laisser entre les mains du Conseil de Sécurité et celles du Secrétaire général des Nations Unies. Concernant la réouverture des frontières, c'est aux autorités algériennes de prendre la décision.
L'Afrique du Sud, soutient toujours le Polisario. Que faites-vous pour la faire changer de position ?
Saad Dine El Otmani: Nous avons des contacts à différents niveaux avec ce grand pays d'Afrique qui malheureusement campe toujours sur sa position. Toutefois, nous ne désespérons pas de voir l'Afrique du Sud réviser son attitude dans un sens plus équilibré.
Le Maroc est absent de l'Union Africaine depuis 1984 alors que plusieurs pays appellent à son retour. Y a-t-il une perspective dans ce sens?
Saad Dine El Otmani: La question du “retour" à l'Union africaine ne dépend pas seulement du Maroc. N'oublions pas qu'au sein de l'Union Africaine, il y a une “république" qui n'existe pas sur la carte, qui est fictive et dont la reconnaissance va à l'encontre des principes de la légalité internationale. L'admission de cette entité porte directement atteinte à l'intégrité territoriale du Maroc. Donc, le retour du Maroc ne dépend pas seulement de lui. Cela étant, la relation avec l'Union Africaine est toujours discutée avec nos amis africains. Sur ce point, nous continuons à échanger les points de vue.
Au plan arabe, il y a la crise syrienne, qui préoccupe énormément la communauté internationale. Que fait le Maroc dans la recherche d'une solution à cette crise?
Saad Dine El Otmani: Le Maroc a toujours exprimé son soutien au peuple syrien comme il a toujours dénoncé les violences et les crimes de guerre en Syrie. Il prône aussi plus de pressions sur le gouvernement syrien pour qu'il arrête ses massacres contre son peuple. Le Maroc participe également d'une manière active avec la communauté internationale, notamment avec la Ligue Arabe, pour mettre fin au cauchemar que vit le peuple syrien. Nous avons appelé à la tenue de la quatrième Conférence des amis du peuple syrien, qui sera organisée prochainement au Maroc. Sur le plan humanitaire, notre pays a apporté des aides importantes aux réfugiés syriens, essentiellement en Jordanie, mais aussi via le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR).
Y a-t-il des contacts avec l'Iran, avec qui le Maroc a coupé toute relation diplomatique depuis 2009?
Saad Dine El Otmani: Des rencontres ont eu lieu, mais il est trop tôt pour en parler, car nous en sommes encore au stade préliminaire. Le Maroc essaye de défendre ses intérêts, de convaincre les responsables iraniens de changer leurs attitudes envers le Maroc.
Un dialogue stratégique a été engagé récemment entre le Maroc et les Etats-Unis. Que signifie ce dialogue stratégique?
Saad Dine El Otmani: Ce dialogue stratégique ne vise pas à résoudre des problèmes conjoncturels, mais il va au-delà de ce qui est temporaire. Il pose les fondements d'une relation à long terme, dans la continuité de la relation historique entre les deux pays. Ce dialogue porte à la fois sur le renforcement des relations politiques et économiques mais aussi sécuritaires. Ce dernier volet, à lui seul, revêt une importance capitale car nous discutons des grandes questions de la sécurité dans la région du Sahel.
Concernant le Sahel, la dernière visite à Rabat et à Alger du général américain Carter Ham, commandant de l'Africom, présage-t-elle d'une prochaine intervention militaire dans le Nord du Mali?
Saad Dine El Otmani: Le Maroc inscrit son action dans le cadre des résolutions internationales. Le Secrétaire général des Nations Unies vient de désigner un représentant spécial pour le Sahel. Ce qui signifie qu'il donne la primauté à la quête d'une solution politique. Quant à nous, nous soutenons le gouvernement malien en place aux plans politique, économique, financier, sécuritaire et aussi humanitaire.
Le Chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, vient de se rendre à Rabat. Peut-on dire que les relations entre Rabat et Madrid sont bonnes?
Saad Dine El Otmani: Je crois que les différentes réunions et les visites qui ont eu lieu de part et d'autre ont prouvé que les relations maroco-espagnoles sont bonnes. Elles s'améliorent et il y a une volonté commune de les renforcer davantage. La dernière Réunion de haut niveau est bien la preuve que nous pouvons faire du bon travail malgré l'existence de divergences entre les deux pays.
Parmi ces divergences, il y a la question de Sebta et Mélilia...
Saad Dine El Otmani: Concernant Sebta et Mélilia, la position marocaine est connue, elle n'a pas changé. Ce qui compte, à mon avis, en ce moment, c'est la façon de s'y prendre. Nous pensons que, dans le cadre des bonnes relations entre les deux pays, nous aurons l'occasion de discuter dans le calme et la sérénité de cette question mais aussi d'autres problèmes majeurs qui existent entre les deux pays comme l'immigration clandestine, le trafic de drogue, la sécurité et les conditions des Marocains vivant en Espagne