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Gifles, coups de poing et décharges électriques
Publié dans MarocHebdo le 07 - 01 - 2013

MAROC HEBDO INTERNATIONAL N° 1006 - Du 28 décembre 2012 au 10 janvier 2013
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Maltraitance. Plusieurs types de châtiments corporels ont toujours droit de cité au Maroc. De la gifle aux décharges électriques en passant par les coups de bâtons, la falaqa, les coups de poings sur le visage et les crachats, les écoliers vivent dans la torture d'un autre âge.
Un élève dans un collège de Salé a tenté d'égorger son professeur, mardi 25 déc-embre 2012. L'enseignant l'a échappé belle. Mais de justesse. Des cas similaires de violence extrême sont légion au Maroc. De part et d'autre, coups et blessures sont de mise dans les rapports au sein de l'école marocaine. À Casablanca, Rabat, Marrakech, Tanger, El Jadida, Beni Mellal, Ouezzane... les établissements scolaires ont, au quotidien, leur lots d'agressions, de règlements de compte et de coups bas. La presse en fait ses choux gras. Certaines ONG montent au créneau pour tirer la sonnette d'alarme, quand des parents d'élève crient au scandale et demandent au ministère de l'Education nationale de prendre des mesures draconiennes pour protéger leurs enfants des dérives de l'école. Il est évident que ces faits ne sont pas nouveaux dans les écoles, collèges et autres lycées du pays. Même les universités ont leur part de violence et de maltraitance entre professeurs et étudiants. Pour plusieurs associations de parents d'élèves, c'est le système punitif de l'école marocaine qui est à la source de cette violence. Pour une mère qui a eu à en découdre avec deux instituteurs dans une école primaire qui ont tabassé son fils, «il s'agit d'un crime. Personne n'a le droit de frapper une autre personne. Surtout pas un enseignant, qui doit être un éducateur et non un geôlier», assène Fatéma Zahra, 38 ans.
Dur apprentissage
Même son de cloche de la part d'un père de famille qui en est venu aux mains avec un professeur d'arabe, dans la direction, devant le directeur d'un collège, quand il est venu se plaindre du traitement infligé à son enfant. L'enseignant s'est justifié en disant au père, meurtri dans sa chair, «qu'il n'y a que les coups pour éduquer cette bande de chiens».
En effet, dans certaines écoles, le châtiment corporel est érigé en droit d'ordre divin.
À Hay El Mohammadi, l'institut Al Itihad s'est même spécialisé dans les coups en guise d'outil d'apprentissage. Des générations entières de Casablancais ont gardé de tristes souvenirs de sales quarts d'heure. Dans d'autres institutions scolaires, on invente des méthodes nouvelles pour humilier, châtier, corriger les enfants. La classe devient un ring; un champ de bataille où des corps frêles sont sacrifiés sur l'autel du crime. «Je comprends bien un parent d'élève qui en arrive à vouloir tuer un prof quand sa fille ou son fils débarque à la maison avec un œil au beurre noir», affirme un professeur à la retraite, qui jure ses grands saints avoir formé des régiments d'élèves sans jamais recourir ni aux injures, ni aux coups.
Décharges électriques
Pour d'autres enseignants, seuls les coups tiennent lieu de cours. Le sadisme est poussé à ses confins par des personnes qui doivent toutes passer devant les juges pour crimes contre l'humanité.
Un rapport du ministère de l'Education nationale classifie les violences subies par les élèves. Il s'agit, certes, d'une classification basée sur les dires des élèves. Mais elle colle aux réalités. Les plus répandues sont les coups donnés avec une règle, un tuyau ou un bâton, avec 19.2%. Le plus dangereuses demeure l'usage des décharges électriques. Selon des centaines de milliers d'élèves, c'est là une pratique toujours prisée par des malades en habit de prophète. 14.2% des enfants qui ont témoigné affirment avoir été victimes d'un tel châtiment. Des voix sont sorties du silence pour dire que ces enfants exagèrent en parlant de décharges électriques. Certains professeurs affirment même qu'en plusieurs années de travail, ils n'ont jamais entendu parler de cela.
Plusieurs témoins déclarent avoir assisté à des séances aussi barbares. Il ne s'agit pas là, comme l'ont affirmé certains professeurs, de noircir l'image de l'école marocaine, mais d'attirer l'attention sur des dérives qui ont lieu au quotidien et qui touchent des milliers de familles. Les coups peuvent briser des destins. Certains élèves fuient l'école à cause de ces châtiments.
Destins brisés
Toujours selon le ministère de tutelle, la liste des châtiments corporels comprend les coups donnés avec les mains ou avec les pieds, les punitions écrites, les corvées à faire pour les enseignants, les vexations verbales, les tours de classe ou de cour avec un bonnet d'âne. Alors que les insultes, les crachats et les gros mots sont devenus un fait normal qui ne choque personne, comme le rapporte une mère d'Ain Sebaâ dont le fils a sorti une insulte très salace à table. Questionné sur la provenance d'une telle saillie, il a rétorqué, sans sourciller, que c'est le prof qui l'a sortie à un autre élève en classe.
Pour de nombreux pédopsychiatres, la violence à l'école est une tare. Cela peut briser une vie. Les enfants sont alors effrayés. Et la salle de classe revêt un aspect d'horreur qui occasionne des troubles psychiques, des refoulements, voire pire. Et quand on demande aux professeurs quelles sont les causes de tels châtiments, on nous répond le retard à l'entrée des classes, un devoir qui n'est pas bien fait, ou alors le bruit en plein cours. Ce sont là des manquements à la discipline. Mais ils ne justifient, en aucun cas, le recours à la violence, ni verbale, ni physique
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