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La junte d'Alger lâche le Polisario
Publié dans MarocHebdo le 07 - 05 - 2014

Les déclarations du général Nezzar sur le Sahara: ballon d'essai
ou triomphe du bon sens ?
La junte d'Alger lâche le Polisario
Khaled Nezzar ne veut pas d'un Etat sahraoui aux frontières de l'Algérie. Chef de fil d'une tendance majoritaire au sein de l'armée, beaucoup d'officiers pensent comme lui. C'est le compte à rebours pour les séparatistes du Polisario.
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• Le général Nezzar
Ce n'est pas le beau fixe; ce n'est même pas encore l'embellie; c'est juste des signes à peine perceptibles de ciel qui se dégage timidement. Ainsi vont les relations entre le Maroc et l'Algérie, depuis presque toujours. Cette fatalité complètement irrationnelle est-elle en train d'être levée? On y a souvent cru, sans résultat; il faut, paraît-il, recommencer à y croire.
La conjoncture internationale, les pressions étrangères et les contraintes du calendrier onusien pour la question du Sahara, s'y prêtent. Mais rien n'est venu annoncer l'enclenchement d'un processus d'apuration des litiges et de normalisation des rapports. Il fallait un déclic.
Le déclic, en l'occurrence, vaut ce qu'il vaut. Sauf qu'il est venu d'un officier supérieur dont les galons valent leur pesant politique: le général Khaled Nezzar. Celui-ci vient, en effet, de lancer un gros pavé dans la mare du statu quo qui a longtemps stérilisé les relations maroco-algériennes.
Décideurs
Dans l'interview accordée à l'hebdomadaire La Gazette du Maroc, il se dit opposé à la création d'un "Etat sahraoui". "L'Algérie n'en a pas besoin, à ses frontières", dit-il. Et d'ajouter, "j'estime que cette affaire ne doit plus séparer les deux pays frères". Avant d'appeler à faire preuve "d'esprit d'intelligence et trouver les mécanismes adéquats pour débloquer cette situation".
Bien qu'elle soit, a priori, la bienvenue, quel crédit faut-il accorder à cette déclaration? Cette "sortie" surprenante, car c'en est une, est à mettre en équation d'abord avec son auteur. Quand on parle de "junte militaire d'Alger", le général Nezzar est à lui seul une junte. Avec des officiers du même cru, notamment un certain Larbi Belkheir, avec qui il a formé un duo incontournable pendant près de vingt ans, Khalid Nezzar fait partie de ce que les Algériens appellent "les décideurs". Il en est même le décideur en chef.
Celui qui fait et défait "les présidents" successifs, depuis la mort de Houari Boumediene, qu'il n'a pas vraiment l'air de regretter.
Zéroual
Un des chapitres de ses mémoires, publiés à l'autonome 2000, s'intitule "comment j'ai nommé Zéroual". Comprenez Liamine Zéroual, propulsé à la tête de l'Etat, de 1994 à 1999, après avoir été coopté par l'armée dont l'Etat-Major et les services secrets ont toujours été sous commandement direct ou sous forte influence du général Nezzar.
Ce général-là ne peut pas être à la retraite. Même sans poste officiel, il garde une très forte présence politique dans un pays où la frontière entre le politique et le militaire est quasiment indiscernable. C'est pour cette raison spécifique à l'Algérie et au personnage lui-même, qu'il faut prendre au sérieux les propos de Khaled Nezzar. Chef de fil d'une tendance majoritaire au sein de l'armée, beaucoup d'officiers pensent comme lui. On peut même élargir le cercle à une bonne partie de la classe politique algérienne. Surtout au sujet du Sahara.
Khalid Nezzar a été l'encadreur du Polisario dès l'éclatement du conflit en 1975-76, au point d'avoir interrompu ses études à l'école de guerre de Paris, pour rejoindre sa nouvelle affectation à Tindouf.
Il y restera près de quatre ans, jusqu'à la mort de Boumediene en 1979. Aujourd'hui, il proclame que "le Sahara ne concerne pas l'armée sur le plan stratégique". Que propose-t-il alors, pendant qu'il y est? "Je pense, dit-il, que la meilleure des solutions serait d'aller vers la thèse du ni perdant, ni gagnant. Il faut trouver la formule adéquate permettant d'intégrer les Sahraouis, rejoindre le pays dans le cadre d'une entente". Par "pays", il faut évidemment comprendre le Maroc qui prend encore plus de présence en n'étant pas explicitement nommé par Khaled Nezzar.
Inimitié
Mais si ce dernier pouvait en toucher un mot appuyé à Bouteflika pour que celui-ci fasse un déclaration en bonne et due forme, du haut de sa présidence en demi-teinte, on serait un peu plus fixé. Mieux. Cette annonce spectaculaire d'un début de dégel aurait beaucoup gagné en impact politique effectif si elle avait emprunté les circuits institutionnels et officiels des deux pays.
Il n'empêche. Une chose est sûre, tant elle tombe sous le sens; le général Nezzar, aussi influent soit-il, n'a pas décidé seul de la teneur et du moment de son propos.
La teneur relève de l'algéro-algérien; le moment tient, lui, un peu de la récente visite de Chirac en Algérie, un peu de la dernière offre de solution de la question du Sahara par James Baker, une offre sous forme d'ultimatum et sur fond de diplomatie américaine.
Côté algéro-algérien, le général Nezzar, de derrière son uniforme faussement remisé au placard, tient en joue le microcosme politique, en général, et Abdelaziz Bouteflika, en particulier: "la position de l'armée suit la politique, dit-il. Maintenant, si le président de la République ne peut ou plutôt ne veut pas aller dans le sens du déblocage, l'armée ne pourra pas y faire face. Elle est à la disposition du politique". Intéressant, on croyait que c'était plutôt l'inverse. Qu'importe.
Voilà, en tout cas, qui remet de l'ordre dans des institutions algériennes rangées par Khaled Nezzar comme dans un manuel de droit constitutionnel. Cette remise à l'endroit, même formelle, on l'a doit, a contrario, à l'intime inimitié entre le général Nezzar et Abdelaziz Bouteflika. À ce propos, il fait bien de rappeler que lorsque Bouteflika s'était présenté à l'élection présidentielle, en avril 1999, pour succéder à Liamine Zéroual, Nezzar l'avait traité de "canasson" et de "lâche" pour avoir refusé la présidence en 1994.
En clair, Bouteflika a préféré se faire extirper des urnes par les militaires, plutôt que de sortir directement de dessous un képi de général. Cherchez la nuance!
Quant au moment qu'a choisi le général Nezzar pour aborder la question du Sahara sous l'angle du déblocage, il n'est pas fortuit. Il tombe au beau milieu du calendrier de James Baker; juste après la visite de Jacques Chirac en Algérie et quelques semaines après le voyage au Maroc de Abdelaziz Belkhadem, ministre algérien des Affaires étrangères.
Le 31 mars, le Conseil de sécurité devrait, en effet, statuer sur les réactions des parties intéressées et concernées par la question du Sahara, aux dernières propositions de James Baker. Plus que toutes les précédentes, cette échéance-là ressemble beaucoup à une date butoir.
Rencontre
C'est trop beau pour y croire, surtout avant terme, mais le Maghreb devrait, en principe, sortir d'un enlisement de plus d'un quart de siècle à cause d'un conflit factice. Pour sa part, le président Chirac aurait fortement conseillé à Bouteflika de quitter l'impasse d'un référendum impossible, pour s'engager dans un règlement politique qui avaliserait l'intégration du Sahara au Maroc, dans le cadre d'une large autonomie et dans la perspective d'une construction maghrébine. Quant à l'administration américaine, elle pousse dans le même sens, surtout depuis l'arrivée de George Bush à La Maison-Blanche.
Tous les ingrédients sont donc réunis, à tel point que des rumeurs insistantes parlent régulièrement d'une rencontre imminente entre S.M Mohammed VI et le Président Bouteflika.
À plusieurs reprises, les deux chefs d'Etat étaient dans le même espace multilatéral, particulièrement à la conférence France-Afrique, le 21 et 22 avril 2003 à Paris; au sommet arabe de Charm El Cheikh, le 1er mars 2003, et à la grande assemblée des non-alignés, du 20 au 25 février 2003, à Kuala Lumpur. Poignées de mains, salutations fraternelles, mais pas de tête à tête formelle.
En fait, ce sont les autorités d'Alger qui tenaient à une rencontre au sommet, dans les plus brefs délais. Côté marocain on préfère attendre que tous les dossiers en suspens soient mis à plat par les responsables gouvernementaux des deux pays et que des procédures de résolutions soient adoptées et mises en route. La rencontre tant attendue viendraient simplement parapher se qui aura été déjà convenu.
C'est dans la logique de ce planning que Abdelaziz Belkhadem a effectué un séjour de travail au Maroc et que des commissions bipartites doivent se mettre au travail dès le 30 et 31 mars 2003, à Alger.
Frontières
Ce n'est qu'après ce déblayage que le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur marocains, Driss Jettou et Mustapha Sahel, devraient se rendre à Alger. Aucune date n'a encore été fixée à ce sujet.
Le processus est donc engagé; il a l'avantage cette fois-ci d'être méthodique et pragmatique. La pierre d'achoppement reste encore et toujours le Sahara marocain. Les déclarations du général Nezzar annonçant, de manière informelle, un début de commencement de dépassement de cette pomme de discorde, tombent à point nommé. Elles sont d'autant plus engageantes qu'elles abordent également un aspect considéré comme prioritaire par les deux parties: la réouverture des frontières.
Pour Khaled Nezzar, "Ce qui retarde l'ouverture des frontières, c'est la difficulté de les contrôler". Pas plus, rien de plus. La route vers le Mahgreb est-elle réellement dégagée?
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