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Paroles, Paroles, Paroles…
Publié dans MarocHebdo le 07 - 05 - 2014


Que pensent les électeurs de leurs élus?
Paroles, Paroles, Paroles…
Pourquoi les Marocains se désintéressent-ils des élections communales? Quelles sont les raisons qui les poussent à bouder les urnes? Témoignages des principaux concernés, les citoyens-électeurs.
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• Les marocains ne font plus confiance aux élections.
Les élections communales auront lieu le 12 septembre 2003. À cet effet, les électeurs seront amenés à choisir parmi les candidats ceux qui devront gérer leurs affaires locales de façon intègre et incorruptible.
Le mercredi 27 août 2003, la première chaîne télévisée marocaine diffusait, après les informations de 20 h00, la présentation des programmes électoraux des différents candidats qui ont défilé au fil des jours. Dans les rues, on pouvait voir des convois, habillés aux couleurs de leurs partis et suivis de voitures décorées pour l'occasion avec des affiches portant le logo des partis, à leurs têtes les candidats briguant les élections, circulant en criant leurs slogans dans un mégaphone. Ce jour là, les citoyens ont compris que la campagne électorale a bel et bien commencé. Les quinze jours qui précèdent les élections communales, les citoyens ont la possibilité de rencontrer les candidats pour que ces derniers leur exposent leurs objectifs et les actions futures qu'ils entreprendront pour le développement économique et social de la commune.
Cacophonie
Pour certains, la campagne électorale est le premier et le dernier contact avec leurs futurs élus. À cet égard, Soumia, 40 ans, mère de deux enfants et femme au foyer, déclare qu'elle n'est plus disposée à croire aux élections ni aux représentants locaux. «J'en ai eu ma dose. Je ne voudrais plus croire à leurs sornettes. Depuis le temps qu'ils nous mènent en bateau. Personnellement, je débarque. Je ne veux même pas les entendre. Quand ils passent dans la rue, je ferme les fenêtres pour que leurs cacophonies ne me parviennent pas. Et si j'ai le malheur de regarder la TVM et que l'un d'eux se présente, je zappe. J'avoue que les candidats sont de bons orateurs. Malheureusement, ils ne joignent jamais l'acte à la parole. Et je ne suis pas la seule à le penser. L'année dernière, j'ai essayé de rencontrer l'élu de notre commune; vainement. J'ai été à son bureau une dizaine de fois. Il était tout le temps en réunion. Je ne comprends pas: s'il travaille tant, pourquoi rien n'a changé dans notre quartier?»
En effet, beaucoup de personnes à qui l'on a demandé ce qu'ils pensaient des élections ont rejoint l'avis de cette mère au foyer. D'autres évoquent des raisons différentes de s'abstenir. «Je ne crois plus à rien. Tout ce que je sais, c'est que les élus, au lieu de travailler pour la promotion de leur cité, ont préféré se constituer des fortunes personnelles colossales et enrichir leurs familles et leurs amis. L'intérêt des citoyens est le dernier de leurs soucis. Ils se servent, dans l'impunité totale, de l'argent des contribuables pour servir leurs intérêts. Je me demande quand les communes devront rendre des comptes. Face à une absence de contrôle, les élus font la pluie et le beau temps dans leurs communes. Vous allez me dire que cette année quelque chose a changé et moi je vous réponds que rien a changé. Nous voyons toujours les mêmes têtes qui reviennent malgré la multiplication des partis. On se perd tant leur nombre dépasse actuellement la trentaine. En tous les cas, je sais que les élections se passeront, avec ou sans ma voix. Et que mon cri ne changera rien à la chose. Alors, vaut mieux ne pas me prendre la tête. Je ne vote pas», a affirmé Souhaïl, 35 ans, délégué médical et père de famille.
Paradoxe
Apparemment, c'est dans un climat de manque de confiance total que les élections se dérouleront. Les citoyens sont blasés des affaires de détournements de fonds, de la corruption, et de la manipulation de tout genre qui sont devenus usuels, surtout chez certains élus véreux qui osent encore une fois se porter candidats aux élections communales. Devant tant d'indifférence et de rejet, la question qui se pose est pourquoi les Marocains refusent de jouer le jeu et d'aller voter? Est-ce parce qu'ils ignorent les enjeux électoraux ou, au contraire, parce qu'ils en savent trop? Là est tout le paradoxe. La presse audiovisuelle et écrite se mobilisent pour faire prendre conscience aux citoyens de l'intérêt du vote. Les associations multiplient les rencontres et les conférences pour que les électeurs prennent le chemin de l'urne et dénoncent les intrigues malhonnêtes de ces élus qui ont trahi leurs confiances et failli à leurs missions mais la tâche se révèle ardue. Il faut davantage que des discours pour convaincre la population d'aller voter. Les déceptions se sont succédé, les opportunistes se relaient aux fauteuils de la présidence et les citoyens se désintéressent de plus en plus des enjeux politiques. On se rappellera avec amertume le taux de participation aux élections législatives. Seulement 52% des Marocains ont voté. Les élections communales ne sont pas de bons augures. Amina, 28 ans, licenciée en droit, célibataire, nous livre son point de vue. «Je ne comprends pas que l'on puisse permettre aux élus de se représenter. Tout le monde sait qu'ils n'ont rien fait. Tenez, j'habite dans la commune la plus riche du Maroc qui est la Commune Urbaine de Sidi Belyout. Il ne faut pas être un génie pour constater que rien n'a changé. Les espaces verts sont dans un état désastreux. Les ordures s'entassent sur les chaussées avec tous les désagréments que cela engendre: odeurs nauséabondes, insectes, maladies. Les trottoirs sont impraticables. Il n'existe aucun espace de loisirs. Les parcs de jeux Yasmina et Sindibad sont livrés à eux-même. Les jeux ne fonctionnent plus. Pourquoi voulez-vous alors que j'aille voter?»
Abstension
Pour Mouad, 30 ans, avocat, fiancé, la question se pose autrement. Pour rétablir un contrat de confiance et pousser les citoyens à voter. Il faut que le système change. Il ne faut pas juste annoncer en fanfare que les élections seront transparentes. Les responsables doivent mettre en vigueur des dispositions pour limiter les fraudes et la corruption. Selon lui, les élus doivent déclarer leurs biens et leurs fortunes et ceux de leurs familles. Il pense que cette pratique obligera les élus à renoncer à détourner l'argent des contribuables et à préserver la réputation des personnes sérieuses qui n'ont pour objectif que de servir leur commune et respecter le contrat moral qui les lie aux citoyens qui les ont élus. Par ailleurs, il se demande comment des ministres peuvent se présenter aux élections communales. «J'étais surpris d'apprendre que plus d'une dizaine de ministres se présentent aux élections du 12 septembre. Je me demande s'ils gagnent les élections et ce qu'ils vont démissionner de leur poste de ministre? Et s'ils ne gagnent pas est-ce qu'ils vont démissionner pour sauvegarder leur honneur comme cela se passe en Europe?», confie Mouad.
Le rendez-vous des élections communales approche inéluctablement. Le manque de confiance et le scepticisme laissent craindre un fort taux d'abstention.
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