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L'Espagne s'enfonce dans le Madridgate
Publié dans MarocHebdo le 08 - 05 - 2014

Les services espagnols étaient au courant de la présence d'une cellule islamiste à Madrid et de l'existence d'un trafic d'explosifs. Mais ils avaient les yeux tournés vers le Maroc et n'ont pas vu venir le massacre du 11 Mars.
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L'Espagne connaît un véritable bouillonnement autour du comportement des forces de sécurité espagnoles avant la survenue des attentats de Madrid. L'Association des victimes du 11 mars, présidée par Pilar Manjon, promet de faire le blocus du Parlement espagnol à partir du jeudi 30 juin pour protester contre la fermeture des travaux de la Commission d'enquête parlementaire, qui a fini en eau de boudin, soulevant plus de questions qu'elle n'en a résolues. C'est le quotidien El Mundo, qui, un mois plus tôt, a levé le lièvre en publiant les fac-similés de fiches d'audition de l'imam marocain de la mosquée Takoua, à Madrid, Abdelkader el Farssaoui, par ailleurs informateur rémunéré, désigné sous le nom de code de Cartagena, par les agents de l'Unité centrale d'information extérieure (UCIE), service de renseignement de la police. On y apprend que, dès le 22 octobre 2002, Farssaoui, 32 ans, avait sonné l'alarme sur le réseau d'islamistes qui allaient plus tard être impliqués aussi bien dans les attentats de Madrid que dans ceux de Casablanca.
Les plus importants sont Rabeï Osmane, dit l'Egyptien, actuellement détenu en Italie pour être considéré comme l'auteur intellectuel des attentats du 11 mars ; Serhane Abdelmajid Fakhet, dit le Tunisien, mort dans le «suicide collectif» de Lavapiès; Mohamed Larbi Ben Sellam, en fuite au Maroc; et Mustapha Maïmouni, condamné au Maroc dans le cadre du 16 mai. Farssaoui avait même fourni leurs numéros de portables.
La police savait donc qu'un réseau d'extrémistes musulmans à majorité marocaine s'était formé à Madrid et n'était pas animé par de bonnes intentions. De son côté, la Guardia civil, gendarmerie espagnole, était informée depuis 2001 un autre collaborateur marocain, Rafaël Zouheir, 25 ans, de l'existence d'un bande d'Asturiens qui cherchaient à échanger des explosifs contre du haschich. Encouragé par ses commanditaires, Zouheir a mis en relation Asturiens et Islamistes, par l'entremise de Jamal Ahmidane, dealer marocain notoire.
Les ingrédients d'attentats étaient donc réunis, mais, étrangement, ni la gendarmerie ni la police n'ont bougé le petit doigt pour les empêcher. Le mystère s'épaissit encore plus lorsque l'on sait que les fameux Asturiens sont également des indicateurs. Plus bizarre encore, Jamal Ahmidane a été arrêté par trois fois alors qu'il convoyait les explosifs vers Madrid, le 29 février 2004, sans permis de conduire, et trois fois il a été relâché. Devant ce brouillard, El Mundo, dans un éditorial anonyme au vitriol, écrivait le 6 juin que «à la lumière de ces révélations (les fiches d'audition de Farssaoui), il devient clair que les attentats du 11 mars auraient pu être empêchés par une action diligente de la police ou par une intervention judiciaire ; aucune des deux n'a eu lieu».
C'est qu'on était trop occupé à montrer le Maroc du doigt, au plus haut niveau.
La polémique est un genre journalistique à part entière s'il obéit à certains critères, notamment de logique. Alors procédons logiquement. D'abord, excluons que les services espagnols aient sciemment mis en jeu la vie de milliers de personnes. Aux yeux de n'importe quel «Code des contrats et obligations», ils seraient quand même considérés, en tant que professionnels de la sécurité publique, comme «responsables par omission». Pourquoi donc a-t-on laissé traîner une quantité non-négligeable d'explosifs, alors que l'Espagne est depuis des décennies en prise au terorisme basque ? Parce qu'on ne prévoyait pas qu'ils tomberaient aux mains de la cellule de Lavapiès. On supposait qu'ils seraient exportés hors d'Espagne. Jouez à deviner vers où.
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