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Qui vole nos vestiges ?
Publié dans MarocHebdo le 08 - 05 - 2014

Les affaires de trafic d'objets archéologiques marocains
inestimables se multiplient en Europe. Mohamed Achâari
a beau rassurer, les frontières restent de véritables passoires.
Qui vole nos vestiges ?
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Plus de 1.000 pièces archéologiques et plus de 300 kg d'objets paléontologiques et minéralogiques d'origine marocaine ont été saisis, le 30 novembre 2006 près de Perpignan au sud de la France, dans un véhicule conduit par deux Marocains. La saisie a été opérée sur l'autoroute A9 à la suite d'un simple contrôle de routine.
Selon les premières expertises, il s'agirait d'importantes pièces paléontologiques, minéralogiques et archéologiques attribuables aux cultures sub-sahariennes provenant manifestement du pillage de sites du Moyen-Atlas.
Parmi les objets saisis figurent un grand nombre de fossiles, dont des trilobites, des oursins, des crânes de sauriens, des racloirs bifaces, des statuettes de guerriers et de cavaliers ainsi que des cartons contenant des fragments métalliques pouvant provenir de météorites, des dents de sauriens de grande taille et fragments d'os. Il y a une année, jour pour jour, deux affaires semblables avaient éclaté. Une à Perpignan où les douaniers avaient saisi, le 14 décembre 2005, cent vingt-quatre pointes de flèches, colliers et gravures, illustrant l'art rupestre néolithique du Sahel, et une autre à Arles, plus importante, puisque dix-sept mille six cents objets archéologiques originaire du sud du Royaume et du Mali ont été saisis, le 15 novembre 2005, dans une voiture immatriculée au Maroc et se rendant en Allemagne. Parmi lesquels des fossiles de grande valeur tels des trilobites, gros insectes marins datant de l'ère primaire, soit plus de 250 millions d'années, une mâchoire de dinosaure marin datant de l'ère secondaire, ainsi que des crânes de tortues et de crocodile datant du tertiaire, soit 60 millions d'années.
Trois affaires de trafic illégal des objets d'art, c'est excessif. Que font les autorités marocaines? On se le demande. Pas plus tard que le 5 décembre 2006, le ministre de la Culture, Mohamed Achâari, en répondant à une question orale dans la Chambre des Conseillers, a déclaré que le Maroc ne figure pas parmi les pays les plus exposés au trafic des objets du patrimoine. Est-ce parce que son ministère a signé un accord, le 29 mai 2006, avec la Direction des douanes pour lutter conjointement contre la fuite des biens culturels? Vraisemblablement, cela n'a rien changé. Et pour cause.
Contrôler ce trafic veut déjà dire que le Maroc doit procéder à un inventaire exhaustif pour savoir ce qu'il possède comme richesse artistique ou archéologique ou encore anthropologique. Or, jusqu'à aujourd'hui, on déplore l'absence de collections publiques cohérentes dûment inventoriées. Dans ce cas, les douaniers marocains -à la différence de leur confrère français, mieux informés, qui se réfèrent à la Convention Internationale de l'Unesco sur le patrimoine culturel, dont le Maroc est signataire depuis 1968- continueront de traiter les objets d'art non classés comme n'importe quel produit destiné à l'exportation. Ainsi, en payant de banals droits de douane, le propriétaire d'un bijou datant de 5.000 ans peut quitter le territoire marocain avec. Dans d'autres pays, notamment l'Egypte ou la France, cela relève de l'impossible.
Même la loi 22-80, relative à la conservation des monuments historiques et des sites, des inscriptions, des objets d'art et d'antiquité n'est pas précise. Elle stipule l'interdiction formelle de détruire ou de dénaturer ou d'exporter sans autorisation tout objet d'art et d'antiquité mobilier qui représente pour le Maroc un intérêt historique, archéologique, anthropologique ou intéressant les sciences du passé et les sciences humaines en général. Plus que des biens culturels à proprement parler, cette loi protège les immeubles, impossible à déplacer, et les meubles sans donner des critères supplémentaires comme celui de l'ancienneté.
Face à ce vide législatif et le manque de formation et d'information des autorités concernées, on retrouve des réseaux spécialisés dans le vol d'oeuvres d'art et d'antiquité, bien organisés et plus avertis, impossibles à identifier. Ils répondent à une demande internationale de plus en plus croissante. Les marchands d'art et d'antiquité, appâté par leur gain, et les collectionneurs peu scrupuleux ne manquent pas. Les objets les plus recherchés par les pilleurs, selon Ahmed Skounti, anthropologue et responsable antenne de l'Institut national des sciences de l'archéologie et du patrimoine à Marrakech, sont les restes paléontologiques, de dinosaures par exemple, les dalles d'art rupestre de dimensions modestes, le matériel lithique et les stèles funéraires.
Mais les témoins de la culture matérielle vivante comme les portes, les tissages, les ustensiles et les manuscrits, occupent aussi une place de choix dans ce trafic. Le Maroc a réussi à récupérer deux portes anciennes datant du XIVe et du XVIIIe siècles, suite à une alerte du Conseil international des Musées, alors qu'elles étaient en vente à la prestigieuse Sotheby's de Londres en octobre 1996.
Par contre, la statue du dieu du vin, Bacchus, la plus grande statue de cette divinité en Méditerranée, sciée au-dessus des pieds fermement ancrés à un piédestal et volée à Volubilis en 1983, n'a jamais été retrouvée, pas plus que le squelette de dinosaure découvert à Guelmima, mystérieusement disparu. Lorsqu'on sait que les provinces du sud comptent les restes des dinosaures les plus anciens au monde, les autorités marocaines doivent doubler de vigilance. Dans un sursaut tardif, Mohamed Achâari a annoncé la création d'une police du patrimoine.
Est-ce que cela serait suffisant pour arrêter ce trafic bien juteux? Peut-être qu'il faut des mesures plus sévères et plus dissuasives à l'instar de ce qui prévaut en Egypte, où un trafiquant d'objets d'art peut encourir de lourdes peines de prisons allant jusqu'à la condamnation aux travaux forcés.
Le 5 décembre 2006, le ministre de la Culture a promis devant les élus de récupérer les 17.600 objets saisis l'année dernière à Perpignan. Il devra égalements penser à rapatrier les 1.000 nouvelles pièces archéologiques. Sans parler de l'important site archéologique, la grotte Cabillia, à proximité de Sebta, que les autorités espagnoles exploitent sans être perturbées. Le moins que l'on puisse dire, c'est que Mohamed Achâari a du pain sur la planche.
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