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Arrêtons le massacre !
Publié dans MarocHebdo le 09 - 05 - 2014

Des pertes humaines et des dégâts matériels estimés à dizaines de millions de dirhams. Le temps d'un match, Casablanca est à la merci des hooligans. La solution: Déplacer le complexe sportif.
Arrêtons le massacre !
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Un mort, 24 blessés , 27 arrestations, 120 bus cassés et le complexe sportif Mohammed V saccagé, tel est le lourd bilan du derby WAC-Raja du 21 octobre 2007, disputé dans le cadre des quarts de finale de la coupe du trône.
Le dispositif sécuritaire renforcé n'a pas empêché qu'une simple rencontre sportive tourne au drame.
Mais, qu'est-ce qu'un agent de sécurité avec son gourdin peut faire face à une horde hystérique dopée aux psychotropes? Imaginons qu'ils soient armés jusqu'aux dents, est-ce qu'ils tireraient sur des supporters désarmés mais impossibles à maîtriser?
Une vidéo amateur diffusée sur le forum de Greenboys (site des fans du Raja) révèle bien l'incapacité des auxiliaires à contenir l'agressivité des spectateurs. Elle montre un policier hagard, au milieu d'une vingtaine de jeunes aux allures menaçantes jouant à passe-passe avec un fumigène.
Sur les images transmises par la télévision, l'impuissance des policiers est aussi perceptible, surtout à la fin du match où les supporters du Raja, exaspérés par la victoire du Wydad, arrachent les sièges des gradins pour les jeter sur la pelouse.
Les pompiers ont au moins servi à quelque chose. Ils ont éteint les foyers de feux déclenchés sur la piste de l'athlétisme par des fumigènes, interdits dans les stades du monde entier et disponibles dans les marchés informels casablancais. À un certain moment du match, tout est gris. Impossible de distinguer les rouges des verts tant la fumée est dense. Les habitants des immeubles avoisinants du complexe ont cru que celui-ci a pris feu.
Dire que les autorités ont déployé plus de 2.000 agents, parmi eux, les meilleurs éléments de l'Institut royal de Police de Kénitra. Apparemment, la détermination des casseurs était plus forte.
Certes, les autorités ont arrêté une trentaine de personnes, dont une dizaine de mineurs, mais cela ressemble plus à une opération "poudre aux yeux" qu'à une opération ciblée.
L'enquête ouverte pour déterminer les responsables risque de prendre des mois voire des années. On se demande même si les photos floues prises par les caméras de surveillance, placées au sein du complexe Mohammed V, pourront être d'une grande utilité. En tous les cas, l'officier de police, interrogé par Planète Foot, émission sportive animée par Mourad El Moutawakil et Lino Bacco diffusée sur 2M, paraissait y croire dur comme fer. Sa déclaration mérite bien d'être mise en exergue. Le public sait, désormais, qu'il est filmé. Il ne lui reste plus qu'a sourire.
Le problème de la violence dans les stades n'est pas juste sécuritaire, mais nécessite une réflexion de fond par tous les acteurs concernés.
Les mesures prises par la Fédération royale marocaine de Football (FRMF) semblent plus comme des punitions que des solutions à ce phénomène de plus de en plus visible. La commission centrale de discipline de la FRMF a décidé, en effet, suite aux incidents survenus lors du derby, de priver le Raja et le WAC de Casablanca d'évoluer au complexe sportif Mohammed V et du soutien de leur public pour leurs deux prochains matches du championnat à domicile. Une décision inefficace puisqu'elle a montré ses limites. Les deux clubs casablancais ont déjà été condamnés à jouer à huis clos au complexe Moulay Abdellah à Rabat leurs derniers matchs du Groupement national de Football d'Elite (GNFE) lors de la saison 2005-2006 après des actes de vandalisme et de violences au complexe Mohammed V. Cela n'a pas tellement gêné leurs supporters puisqu'ils ont récidivé quelques mois plus tard.
Les clubs, quant à eux, frappés à la caisse, se contentent d'encaisser. Quand le complexe Mohammed V a fermé ses portes pour des travaux de rénovation en mai 2006, les responsables du Raja et du WAC ont crié au scandale en arguant la perte de 80% de leurs recettes et l'augmentation de 40% de leurs dépenses.
Maintenant que le stade, rénové à dix millions de dirhams, un budget lourd pour le contribuable, vient de subir d'importantes dégradations, il est à parier que le Conseil de la ville montera au créneau. Le directeur du complexe sportif Mohammed V, Farid El Mir, précise que plus de 230 chaises ont été arrachées, le tartan (piste d'athlétisme) endommagée et les installations sanitaires réservées au public détruites. Des dégâts estimés à des dizaines de milliers de dirhams. Mais, pas seulement. Les dommages dépassent les murs du terrain. Le groupement M'dina bus, société de gestion du transport urbain par bus, estime les pertes subies à 13 millions de dirhams. Encore plus que l'année 2006, où les préjudices causés par les comportements inciviques des supporters casablancais leur avaient coûté huit millions de dirhams.
Ces vandales ont pillé des commerces et des voitures tout en long du trajet menant du complexe Mohammed V au centre de la ville. Les véhicules de police n'ont pas non plus été épargnés.
Ceux qui se sont risqués à mettre le nez dehors après le match ont été victimes d'agressions verbales sinon physiques. Sans parler des tristes affrontements entre les supporters des deux équipes adverses. La colère de la défaite du Raja ne justifie pas à elle seule toute cette haine déversée sur la ville de Casablanca. Car, même en cas d'égalité entre les deux équipes, les fans auraient trouvé le moyen de se défouler. Et il n'est pas rare que les actes de vandalisme commencent avant le match.
Ce n'est pas pour rien qu'à chaque rencontre de football, le centre de Casablanca ressemble à une ville assiégée. Des policiers sont postés tous les cent mètres de ses grandes artères, la circulation est bloquée et les habitants sont apeurés. Le jeu en vaut-il la chandelle? Certainement pas celui des vingt-deux joueurs qui ont livré une prestation médiocre ce 21 octobre 2007. Des voix de plus en plus fortes s'élèvent pour la fermeture du complexe Mohammed V. Une solution radicale, mais nécessaire. Dommage. La ville sera privée d'une infrastructure sportive aussi importante. On attendra la construction du Grand Stade de Casablanca à Sidi Moumen. Celui de Bouskoura est oublié. Un autre projet tué à l'œuf.
Quoi qu'il en soit, il n'est plus admissible que la capitale économique soit étouffée par un match de foot. Le massacre a assez duré. Et qu'on arrête surtout de dire que l'ampleur de la violence des stades au Maroc est moindre par rapport à d'autres pays européens ou arabes. Faut-il attendre de compter les morts par dizaines pour attaquer le problème à la racine?
Que chacun prenne ses responsabilités. L'Angleterre a bien réussi à maîtriser ses hooligans. Vous me direz, c'est la Grande-Bretagne. Y a pas photo.
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