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"La révolution iranienne a eu un impact considérable sur le Maroc"
Publié dans MarocHebdo le 14 - 05 - 2014

•Mohamed Darif, politologue et spécialiste des mouvements islamistes
“La révolution iranienne a eu un impact considérable sur le Maroc”
Auteur de plusieurs livres sur les mouvements islamistes, Mohamed Darif explique les influences de la révolution iranienne sur l'islamisme au Maroc.
Propos recueillis par Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Mohamed Darif. “Il ne faut pas qu'il y ait d'amalgame.”
Maroc Hebdo International: La révolution iranienne en 1979 a-t-elle eu un effet sur l'émergence de mouvements islamistes au Maroc?
Mohamed Darif: Pas uniquement au Maroc, mais partout dans le monde arabe. La révolution iranienne de février 1979 a été déterminante dans la formation et l'émergence de groupes islamistes marocains.
Il ne faut pas oublier que les premières expressions politiques du mouvement Al Adl Wal Ihsane ont eu lieu quelques mois après la victoire de la révolution en Iran.
Le guide d'Al Adl, Abdeslam Yassine, a consacré plusieurs articles dans les premiers numéros de la revue Al Jamaâ, qu'il a éditée à partir de 1980, au livre de Khomeini, Le gouvernement islamique. Sur plusieurs mois, M. Yassine a expliqué, selon sa vision, la teneur du projet des Ayatollah iraniens avec à leur tête l'imam Khomeini.
A part Al Adl Wal Ihsane, y a-t-il eu d'autres manifestations de cette influence iranienne?
Mohamed Darif: Bien sûr. Des groupuscules liés à l'organisation Chabiba Al Islamiya, de Abdelkrim Motiï, ont adopté des positions conformes aux idées de la direction iranienne. Il faut relever ici que, dès 1978, les problèmes de dissidence à l'intérieur de Chabiba islamya étaient notoires, mais la révolution iranienne a exacerbé les divergences.
C'est dans ce contexte que Mostapha El Moatassim, Mohamed Marouani et Abdelkbir Reggala ont décidé, début 1980, de créer l'organisation Al Ikhtiar Al Islami (l'option islamique) qui prônait les idéaux défendus par la révolution iranienne. Ils sont restés fidèles à cette démarche jusqu'au début des années 90 quand ils ont renié, politiquement parlant, le chiisme.
Pourquoi politiquement ?
Mohamed Darif: Ce que je veux dire, c'est qu'il ne faut pas qu'il y ait d'amalgame entre l'influence doctrinale de la révolution iranienne, chiite bien sûr, et son influence politique.
Les Marocains sont sunnites et n'ont pas suivi les rites chiites. Mais, politiquement, il y a eu un impact considérable.
Au début des années 70, par exemple, cheikh Yassine, pour ne citer que son cas, prêchait la bonne parole et appelait au respect des préceptes de l'Islam. Son livre L'Islam ou le déluge, paru en 1974, en est l'expression parfaite. Mais, après 1979, les mouvements islamistes marocains ont eu la conviction qu'ils peuvent accéder au pouvoir. Plus, qu'ils disposent seuls de la légitimité de gouverner et de diriger le pays. Ils étaient fascinés par la stratégie de la révolution iranienne et veulent en appliquer les méthodes. Autrement dit, la révolution iranienne a eu un impact considérable sur le Maroc.
Peut-on lier les attentats terroristes qu'a connus le Maroc en 2003 et 2007 à cette influence de la révolution iranienne ?
Mohamed Darif: Absolument pas. Les attentats commis au Maroc l'ont été au nom de la Salafiya Al Jihadiya. La doctrine de cette dernière est à l'opposé de ce que prônent les chiites. De plus, des salafistes considèrent les chiites comme des apostats.
Les Iraniens multiplient certes les actions de propagande à travers le monde et peuvent même financer des organisations qui leur sont fidèles, mais uniquement pour faire pression sur l'Occident. Mais jamais, on ne peut leur imputer des faits terroristes. Le Hizbollah libanais est une illustration de cet aspect là.