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Après la rupture, la réconciliation?
Publié dans MarocHebdo le 14 - 05 - 2014

Les Marocains de Sebta reviennent à des sentiments plus patriotiques
Après la rupture, la réconciliation?
Comparée à la récession qui frappe l'Espagne, la dynamique que connaît le Maroc fait naître un début de "marocanité" chez les musulmans de Sebta.
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En quittant la "frontière" d'El Tarajal, bien des automobilistes marocains bifurquent instinctivement à gauche, là où se trouve le marché de Lakhzayen, sorte de hangars tristounets n'offrant aucun attrait pour le touriste nonobstant la proximité de la côte, aménagée à grands frais par l'administration de l'enclave. C'est que les gens ne se rendent pas à ce souk assez sinistre pour immortaliser l'instant, mais pour acquérir des babioles, des couvertures qui donnent l'impression d'être les reines des lieux, des chaussures et autres articles à prix intéressant. Parmi les détails qui frappent tout observateur curieux, le dirham est la monnaie "officielle" des lieux et s'échange à un taux avantageux. Avez-vous oublié d'en apporter? Pas de problème, le change est le cadet des soucis dans ce temple du commerce qui semble pétiller de santé dans un contexte de crise.
Patrouilles
Deuxième détail, les Marocains de Sebta sont très largement majoritaires dans cet endroit où les colons brillent par leur absence. Les quelques têtes blondes qui fréquentent les lieux sont souvent constituées de patrouilles de police omniprésentes et qui guettent on ne sait quel danger. Ainsi donc, inutile de prendre des cours d'espagnol pour vous débrouiller à Lakhzayen.
Autre élément à prendre en considération, on a d'emblée l'impression de pas avoir quitté le marché de Fnideq, situé juste de l'autre côté de la "frontière". Les Marocaines de Sebta qui ne portent pas le hijab ne sont pas légion et les "autres" constituent presque un ghetto rappelant Chinatown. Chez les commerçants mâles, la prière passe avant le "bizness" et l'échange avec la cliente se limite au strict minimum. Plus particulièrement si celle-ci n'est pas voilée. Comment s'identifient ces Marocains vivant dans l'enclave espagnole? Question très délicate. Pour les autorités coloniales de Sebta, ce sont des Espagnols de confession musulmane. Point final. Et, à première vue, bien des éléments édifiants semblent leur donner raison.
Lors de la visite effectuée par les rois d'Espagne à Sebta, le 6 novembre 2007, anniversaire de la Marche Verte, les musulmans étaient aux avant-postes et les premiers à agiter le drapeau sang et or et à vibrer lorsque la Marcha Real a été entonnée. Et quand on leur pose la question, la tendance globale qui se dégage est qu'ils se sentent d'abord et avant tout Sebtis, puis Espagnols… puis Marocains, puisqu'ils possèdent également le passeport vert.
Jetons un éclairage sur l'état d'esprit ambiant dans cette enclave, notamment sur le plan identitaire. Pour Abdeslam, barbu quinquagénaire qui vend des couvertures au marché de Lakhzayen, il y a eu à un certain moment un divorce consommé entre le Maroc et les musulmans de Sebta. «Comme vous le savez, après l'indépendance du Maroc, le Nord était livré à son propre sort et les investissements y étaient rares. Le cannabis et la contrebande étaient une source de survie pour bien des gens de la région. Des conditions difficiles qui n'ont pas empêché une poignée d'individus en uniforme et autres responsables de s'en mettre plein les poches sur le dos de pauvres gens. Etait-il logique de déposséder quelqu'un en route vers Tétouan d'une marchandise achetée à Fnideq? C'était le comble de l'injustice. Et je ne vous parle pas de l'état d'esprit général qui a régné ici lors de la fameuse campagne d'assainissement de 1996. Bien des gens ont été réduits à la mendicité et des femmes à la prostitution. Tout ça en l'absence de toute forme d'alternative», assène-t-il en guise d'explication.
Identité
Pour autant, le moins qu'on puisse dire, c'est que l'administration coloniale de Sebta, tout comme celle de Melilla, n'ont jamais perçu les membres de la communauté musulmane comme des citoyens à part entière puisque ces derniers arrivent en queue de peloton en matière d'accès au marché de l'emploi et aux diplômes supérieurs.
Comment expliquer dans ces conditions un attachement qui semble indéfectible envers l'identité espagnole? Selon un épicier du marché central, également barbu, les choses ne sont pas si simples: «Pour les musulmans de Sebta et Mélilia, le passeport européen procure des avantages dont on ne peut rêver au Maroc: Allocations de chômage, plan de soutien matériel de l'Etat aux enfants, gratuité des soins de santé, libre circulation partout en Europe… C'est ce qui explique cet attachement à l'Espagne. Mais le doute commence à s'installer dans l'esprit des gens avec la crise financière et la baisse du chiffre d'affaire de bien des commerçants.»
Effectivement, on assiste à un début d'inversement de tendance. L'administration de Sebta, frappée de plein fouet par la crise, envisage de délivrer des visas instantanés aux vacanciers marocains, ce qui équivaut pratiquement à une suppression du visa pour cette enclave. L'Espagne, sur laquelle la récession s'est abattue comme un coup de massue, a pratiquement livré ses enclaves à leur propre sort, ce qui fait naître un ressentiment profond. Au même moment, les chantiers en cours de l'autre côté de la "frontière" ne passent pas inaperçus et il existe désormais au sein même du préside une prise de conscience quant à la dynamique que connaît le Maroc.
Laquelle fait naître un début de "marocanité" chez les musulmans de Sebta. Jamila, caissière dans une grande surface près du port, résume la situation: «Nous sommes aussi marocains et ce qui se fait depuis une dizaine d'années est prometteur. Ne prenez pas pour de l'argent comptant ce que vous disent certains musulmans remontés contre le Maroc. C'est juste un ressentiment contre l'injustice et la marginalisation. Nous avons tous de la famille de l'autre côté et nous nous sentons affectés quand une campagne de dénigrement vise le Maroc. Avec plus de justice, moins de corruption et de meilleures conditions de vie, les mentalités vont changer rapidement». Au point d'épouser et de défendre sur le terrain
la cause de la marocanité de Sebta et Mélilia?