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Vente d'alcool : A quand la fin de l'hypocrisie ?
Publié dans MarocHebdo le 14 - 05 - 2014

Ce vendredi 10 juin 2011, il est près de 23 heures, des groupes de jeunes s'attroupent devant l'entrée d'un nightclub réputé sur la corniche de Casablanca. L'ouverture des portes ne tarderait à venir. Les videurs, habillés en noir, tout en muscles, mettent de l'ordre en scandant aux fêtards de faire la queue. Derrière la porte feutrée de cette boîte de nuit, l'ambiance est bruyante. On ne s'entend plus parler. La clientèle est, en majorité, âgée de 20 à 25 ans, tous sur leur trente-et-un. Tandis que la musique bat son plein, le bar ne désemplit pas. Les trois barmen, derrière le comptoir, ne savent plus où donner de la tête tant les commandes s'enchaînent.
Les tables autour de la piste de danse sont occupées par des personnes âgées, capables de débourser 1.800 dirhams, prix moyen d'une bouteille de whisky ou de vodka. Les verres servis au bar sont à partir de 150 dirhams pour tous types de boissons alcoolisées. La boisson la plus prisée, parmi les jeunes, reste le mélange d'une boisson énergétique avec de la vodka. Un cocktail aux effets euphorisants qui garde éveillé la nuit et incite à multiplier la consommation compte tenu de son goût sucré. Malgré leur jeune âge, ces noctambules ne semblent pas se poser des limites. Ce qui explique probablement le spectacle désolant qu'offre la corniche, lieu de concentration des night-club et des pubs les plus branchés de Casablanca, à trois heures du matin, l'heure de la fermeture de ces établissements
Des bagarres entre ivrognes, des vomis sur les trottoirs, des accidents de la circulation. Alcool au volant Les vendredi et les samedi sont des jours noirs aux urgences de la capitale économique. «Nous sommes débordés. Nous recevons des centaines de cas allant des comas éthyliques à des polytoxicomanies, mélange de toutes substances illicites, à des blessures légères à graves dues à des accidents ou des disputes avec utilisation d'armes blanches ou de barres de fer», raconte un médecin urgentiste au CHU Ibnou Rochd à Casablanca. Selon des statistiques officielles, 10% des accidents de la route sont liés à la consommation d'alcool. Un chiffre qui est bien loin de la réalité quand on sait qu'ailleurs, en France, un tiers des accidents arrivent alors que le conducteur est en état d'ivresse. Rares sont les études qui se sont penchées sur la question de la consommation de l'alcool par les Marocains. Des chiffres circulent.
Selon une source proche du groupe Castel, spécialiste international de la boisson, les Marocains boivent, par an, 400 millions de bouteilles de bière, 38 millions de bouteilles de vin, un million et demi de bouteilles de whisky, un million de bouteilles de vodka et un million cent quarante mille bouteilles de champagne. Au total, les Marocains absorbent 125 millions litres d'alcool par an soit quatre litres par habitant. Une hypocrisie sociale a toujours entouré la consommation des boissons alcoolisées au Maroc.
En tant que pays musulman, boire tout breuvage enivrant devrait y être interdit comme le veut la religion de l'Islam. Certes, ce péché n'est pas autorisé mais toléré. Le décret royal du 14 novembre 1967 stipule que: «Quiconque est trouvé en état d'ivresse manifeste dans les rues, chemins, cafés, cabarets ou autres lieux publics ou accessibles au public est puni de l'emprisonnement d'un à six mois et d'une amende de 150 à 500 dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement. Ces peines peuvent être portées au double si l'individu trouvé en état d'ivresse a causé du tapage troublant la tranquillité publique.»
Des taxes en hausse Et, l'article 28 du Bulletin officiel du 26 juillet 1967 interdit à tout exploitant d'un établissement soumis à licence de vendre ou d'offrir gratuitement des boissons alcooliques ou alcoolisées à des Marocains musulmans. Les recettes provenant des impôts sur l'alcool ont rapporté, en 2010, 1,1 milliard de dirhams, soit une croissance de 40% par rapport à la Loi de finances 2009. L'année 2010 a été aussi marquée par l'augmentation de la taxe intérieure de consommation (TIC), qui est passé de 500 à 800 dirhams l'hectolitre de bière, boisson la plus vendue et la plus consommée au Maroc; de 260 à 390 dirhams l'hectolitre de vin; et de 300 à 450 dirhams l'hectolitre d'alcool fort comme le whisky ou la Vodka.
Selon un fin connaisseur du secteur du tourisme, la rentabilité d'un établissement hôtelier ou d'un restaurant gastronomique dépend non seulement du taux de remplissage mais de la vente de l'alcool. «J'ai ouvert pendant six mois un restaurant servant une cuisine raffinée à Rabat sans alcool, j'avais du mal à joindre les deux bouts. Depuis que j'ai obtenu la licence de débit d'alcool, les affaires marchent bien. L'alcool attire une clientèle distinguée qui s'attardent plus à table et consomment plus,» témoigne un gérant de restaurant.
La licence d'alcool est un sésame difficile à obtenir. Des démarches à n'en pas en finir et une pile de documents à fournir. Elle peut être retirée par les autorités à tout moment après une condamnation ou pour des raisons de sécurité publique. Une mesure qui ne fait que renforcer davantage l'anarchie qui règne dans ce monde de la nuit miné par la corruption et de trafic de tous les jours. Entre temps, les jeunes continueront à s'enivrer jusqu'au petit matin, ignorant les effets dévastateurs de l'alcool sur leur santé et les conséquences fatales de sa dépendance.