Mais que veulent les caporaux généraux algériens ?    Le spectre d'une scission plane sur le parti d'Abderrahim Bouabid    Mort de l'ex-président algérien par intérim Abdelkader Bensalah : les condoléances du roi Mohammed VI    Le président de la FMPS appelle à l'ouverture urgente de salles de sport    Affaire Abdelwahab Belfkih : la thèse du suicide confirmée par une expertise    Eruptions volcaniques aux Canaries : Vrai ou faux risque Tsunamique sur le littoral Atlantique ?    Botola Pro D1 / MAS-FUS (1-1) : Un nul qui ne satisfait aucune partie    La faillite d'Evergrande fait planer l'ombre d'une nouvelle crise financière systémique    Nucléaire : Le Maroc pour des réponses efficaces aux menaces mondiales de la prolifération    Archéologie. Une nouvelle espèce de dinosaure découverte au Maroc    Rentrée culturelle de la FNM : la photographie artistique à l'honneur    Les Forces Royales Air s'entraînent sur des hélicoptères APACHE    Mohamed El Bouhmadi et Lamia Tazi élus à tête de la FMIIP    Covid-18 au Maroc : 1 620 nouveaux cas et 26 morts    Semaine de la Francophonie Scientifique: le Maroc participe à la 1ère édition    Guerre mondiale économique. Les Etats adoptent de nouvelles postures [Par Mehdi Hijaouy]    Sécurité alimentaire: défi majeur pour les dirigeants des entreprises agroalimentaires    Abdelouafi Laftit appelle au contrôle du compte administratif des collectivités territoriales avant la passation des pouvoirs    Quelque 800 migrants morts en route pour les Canaries en huit mois    World Benchmarking Alliance. Le Groupe OCP classé 4ème mondial    Le Maroc et l'Espagne évitent une tentative d'entrée de 400 immigrés    Promotion du sport : la MDJS innove    Festival : Ciné-Université fait son grand retour !    Sinopharm : Quatre millions de doses reçues ce vendredi    Soutenir les pme pour créer plus d'emplois    Le département d'etat Américain reçoit à Washington une délégation Marocaine de haut niveau    Sara Daif, vice-championne de l'arab reading challenge 2020    La Banque soutient la 2ème édition de l'appel à projets dédié à la création et la production du spectacle vivant    Mondiaux de cyclisme sur route: L'édition 2025 au Rwanda    Usage légal du cannabis : l'Agence nationale sur les rails    Botola Pro D1 : Ce vendredi, MAS-FUS mais surtout RCA-JSS en ouverture de la troisième journée    Une première africaine et arabe : Le Maroc en quarts de finale de la Coupe du monde de futsal    Raja de Casablanca-Jeunesse sportive Salmi, attraction de la 3ème journée    L'OMS recommande officiellement un troisième traitement contre le Covid-19    Agadir. Aziz Akhannouch élu président du conseil communal    Auto Hall. Un résultat net consolidé en forte hausse au premier semestre    Tramway Rabat-Salé: partenariat pour la mise en œuvre de solutions de performance énergétique    Rabat. Asmae Rhlalou élue à la tête du Conseil de la ville    Algérie: Quatre ans de prison pour atteinte au moral de l'armée !    Internet fixe : Orange, le plus "speed" au Maroc !    Projet d'attentat d'un groupe néonazi en France : cinq personnes en garde à vue    Maroc-USA : Exercices militaires conjoints liés à la prévention des catastrophes    Le leader indépendantiste catalan Carles Puigdemont interpellé en Italie    Le MCO s'incline à domicile face à l'AS FAR    Hommage à feu Noureddine Sail, figure incontournable de la scène culturelle marocaine    L'Oriental Fashion Show sur le podium    Festival du cinéma d'Alexandrie: le film «La dernière vague» de Mustapha Farmati présent à la compétition des courts métrages    Entretien avec Omar Mahfoudi, artiste plasticien    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Le Plan quinquennal 1999-2003
Publié dans MarocHebdo le 03 - 06 - 2014


LE MAROC RENOUE AVEC L'AMBITION
Au moment où l'Etat fait appel à un privé qui reste sourd, frileux, pire, égoïste, au moment où les pouvoirs publics reconnaissent enfin à la société civile un rôle de premier plan, assiste-t-on à une volonté déterminée de piloter le Maroc l'il fixé sur un horizon plus large au lieu de rester le nez enfoui dans une paperasse aride, déshumanisée, qui pénalise les plus démunis?
Nous revenons à la Planification. Cela semble d'abord incongru quand on doit affronter le GATT, l'OMC, le FMI et la Banque mondiale. Mais le gouvernement, à majorité socialiste, a peut-être des plans pour le Maroc.
Abdelhamid Aouad
Le libéralisme et les Chicago boys ont-ils été remis à leur place? Le mot même de Planification renvoie souvent à une image terne et sans âme. Il rappelle les slogans de l'ère glorieuse des soviets. Lénine est-il revenu à la charge ? Il est peu probable qu'un homme qui a infligé au Maroc une loi de Finance libérale, que ses prédécesseurs n'auraient pas reniée, puisse cautionner une plongée hasardeuse dans le néo-communisme.
Le gouvernement d'Alternance exprime tout simplement son désir d'établir une politique à moyen terme qui réponde directement aux impératifs qui sont propres au Maroc.
Cheminement
Le Maroc a opté pour la méthode de planification depuis l'indépendance. Le premier plan a couvert les deux années 1958-1959 et le second la période quinquennale 1960-64.
Par la suite, il y a eu des plans triennaux 1965-67 et 1978-80 et des plans quinquennaux­ 1968/72, 1973/77, 1981/85. Le dernier plan est celui qui a couvert les années 1988-92.
Comment un plan est-il établi ? Comment procèdent les Commissions qui participent à son élaboration, comment enfin le résultat des cogitations et des rédactions est-il soumis au Parlement? En fait, il y a deux types de commissions nationales, en plus des commissions régionales et locales. Les commissions spéciales sont au nombre de 14. Ces commissions couvrent les domaines essentiels du développement humain, économique, technologique, environnemental, social et financier. De la modernisation de l'administration à la réforme de la justice, de la promotion de l'investissement à la mise à niveau.
On procède sur la base de la Note d'Orientation Générale arrêtée par le gouvernement. Chaque commission est appelée à approfondir la situation du secteur, à préciser les orientations sectorielles ou thématiques et à proposer des programmes d'action au niveau des domaines concernés. Par la suite, il est procédé à des travaux de synthèse avant l'arbitrage du Premier ministre.
Une fois le projet de Plan arrêté par le Gouvernement, il est présenté pour consultation au Conseil Supérieur de la Promotion Nationale et du Plan, avant d'être soumis pour approbation au Parlement.
Incertitudes
Le champ d'opération est vaste et quasiment exhaustif, il concerne tous les départements ministériels. Une collaboration et des concertations étroites et continues doivent donc être établies, pour que le plan ne soit ni un catalogue de vux pieux, ni un puzzle aux pièces disparates.
Cette collaboration avec les ministères se fait à différents niveaux. Elle existe d'ailleurs en dehors même du processus de préparation du Plan. Dans le cadre de ce Plan, les différents départements sont invités à contribuer activement aux travaux des commissions aussi bien régionales que nationales, qu'elles soient thématiques ou spécialisées.
Pour les commissions thématiques, les ministères intéressés se concertent avec les autres partenaires sur les grandes lignes de la stratégie de développement à suivre dans le domaine concerné. Les commissions spécialisées sont présidées par le ministre responsable du secteur correspondant. Là aussi les différentes orientations sont débattues avant que les travaux de ces commissions ne débouchent sur l'adaptation de programmes d'action constitués, de projets et de mesures proposés par les départements qui assurent la présidence de ces commissions.
Pour ce plan quinquennal, celui qui va de 1999 à 2003, il est préparé pendant une période qu'il est censé couvrir. Une question se pose. Quand arrivera-t-il devant le Parlement. Le retard sera-t-il rattrapé ?
Contraintes
Il est prévu que les travaux de synthèse soient terminés avant le 15 mars de l'année en cours. Ainsi, le projet de Plan pourra être soumis au Parlement vers mai-juin 1999. Cinq mois de retard sur cinq années, ce n'est pas une tare qui risquerait d'hypothéquer sérieusement la réalisation des objectifs du Plan. Ce qui reste à souhaiter par contre, c'est que l'opposition ne fasse pas de l'obstruction systématique. La seule opposition que devrait rencontrer le Plan pourrait être le passage devant la deuxième chambre. Encore faut-il, pour que cette opposition soit bénéfique et utile au pays, qu'elle se fasse sur des points pertinents, avec des propositions d'amendement pertinentes.
Une fois le Plan adopté, comment pourra-t-il s'accommoder d'une loi de Finances qui aurait de fâcheuses tendances à être revues à la baisse.
La Constitution est précise sur ce point : les dépenses d'investissement programmées par le Plan ne sont votées qu'une seule fois par le Parlement.
Ainsi, le budget d'investissement en particulier est constitué en principe par les tranches annuelles du Plan. Le piège calamiteux des passages multiples est donc évité. Le ministre de Finances sera astreint à l'application des mesures contenues dans le Plan au même titre que les autres ministres. Et il est peu probable que Fathallah Oualalou puisse être moins ambitieux que ses collègues.
Il reste à savoir ce que sera l'esprit, la philosophie de ce plan, sa teneur, son domaine d'exercice et à déterminer ses objectifs.
La réponse doit venir des commissions. Ses travaux sont en cours et se déroulent sur la base des orientations, définis selon des axes précis. Une nouvelle méthode de gestion du développement, dont la pièce maîtresse est la création d'un cadre institutionnel propice, notamment grâce à la réforme de la justice et de l'administration, une croissance forte et génératrice d'emplois, confortée par la mise à niveau de l'économie, le développement rural, la valorisation des ressources humaines et la réforme du système d'enseignement et de formation, le développement social et la réduction des inégalités et enfin l'aménagement du territoire et la réduction des disparités régionales.
Améliorations
Reste un point fondamental. Pour réaliser les objectifs du Plan, le gouvernement a tablé sur un taux de croissance de 5,5%. En somme, il faut réaliser l'objectif qui conditionne la réalisation de tous les objectifs du Plan. Pourquoi alors ce taux de croissance est-il visé ?
Les évolutions des dernières années ont été marquées par un rythme de croissance modeste, 3% selon la plupart des sources, ce qui explique l'aggravation du problème du chômage. Or, il s'avère que l'une des conditions pour réduire le taux de chômage est d'avoir une croissance économique forte et soutenue. Comme la résolution de ce problème est un objectif essentiel de ce Plan, force est de retenir une croissance au moins à ce niveau.
Cela relève du volontarisme, mais pas de l'utopie. Et personne n'a jamais dit que le volontarisme était une politique adoptée à l'aveuglette. En tout cas, les dispositions du plan semblent bien plus concrètes que les pourcentages avec lesquels on nous abreuve depuis quelque temps.
Retour