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LE MOUJAHID CANDIDAT
Publié dans MarocHebdo le 03 - 06 - 2014

Mahfoud Nahnah, un islamiste modéré, candidat aux élections présidentielles
LE MOUJAHID CANDIDAT
Mahfoud Nahnah
Le piège constitutionnel s'est refermé autour de Mahfoud Nahnah l'obligeant, à priori, à un jeûne électoral présidentiel jusqu'à ce que son entourage puisse lui procurer le fameux sésame ­certificat du Moujahid- pour la course à la fonction suprême. Décidément, le Djihad est une bien curieuse monnaie algérienne qui plombe le passé du pays et dévore son présent.
C'est officiel. Depuis le 21 février, Mahfoud Nahnah, chef du mouvement social pour la paix (MSP) est candidat à l'élection présidentielle algérienne du 15 avril 99. Mais avant d'en arriver là, la figure de proue de "l'islamisme modéré" algérienne avait souffert le martyre et senti couler, sur son dos les sueurs froides du recalé. En effet, selon la constitution algérienne de 1996 et au terme de son article 73 "pour être éligible à la présidence de la république, le candidat doit justifier de sa participation à la révolution du 1er octobre 1954 pour les candidats nés avant 1942".
Or, la planète entière croyait que M. Nahnah était un des vétérans de cette révolution.
Faux et archi-faux disent les archives du ministère des Moujahidines qui ne trouvent pas trace du passage ou de la participation de M. Nahnah à ces hauts faits d'armes historiques. Le piège constitutionnel s'est refermé autour de Nahnah l'obligeant, à priori, à un jeûne électoral présidentiel jusqu'à ce que son entourage puisse lui procurer le fameux sésame ­certificat du Moujahid- pour la course à la fonction suprême. Décidément, le Djihad est une bien curieuse monnaie algérienne qui plombe le passé du pays et dévore son présent.
Faux
Mais au-delà de ces péripéties qui peuvent paraître, vu d'ici, dérisoires et anecdotiques, M. Nahnah est dorénavant Moujahid candidat. Ce n'est ni une mince affaire, ni une sinécure pour les 34 autres candidats qui concourent pour le haut du podium. Pendant les élections présidentielles qui ont vu la consécration de Liamine Zéroual en 1995, Mahfoud Nahnah, cet ancien professeur d'arabe âgé de 57 ans, imam par vocation, a créé la surprise en réalisant un score vertigineux pour "l'islamiste modéré" qu'il était, 25% du suffrage ont fait du Hamas, son parti, la première force d'opposition.
Le Hamas, devenu en 1997, par la grâce d'une évolution politico-sémiologique le MSP pour se conformer à la nouvelle loi interdisant toute dénomination se référant à l'Islam. M. Nahnah avait fait son beurre sur le cadavre du FIS dissous.
Dopé par la présidentielle, Nahnah consolide son score aux législatives de 1997 lorsqu'il parvient à faire élire 70 députés sous étiquette MSP et fait une entrée fracassante au gouvernement avec pas moins de sept ministres, pour dit-il "partager les charges de la crise".
Illusion
Depuis l'interruption du processus électoral qui a fait dérouler devant l'Algérie l'escalator de l'enfer, M. Nahnah est souvent apparu comme une carte aux mains de l'institution militaire qui l'a utilisé pour justifier a posteriori une nette et publique confiscation du pouvoir au nez et à la barbe de toutes les légitimités.
Malgré sa taille imposante et sa carrure massive, M. Nahnah a joué consciemment le rôle de nain de jardin démocratique algérien : tout est dans l'illusion du décor et la réalité du bluff.
M. Nahnah se plait dans ce rôle de fou du Roi chargé de ravaler la façade d'un pouvoir en constante déperdition. Il est l'auteur de nombreuses pépites comme par exemple quand il affirme que "si le prophète de l'Islam était de notre temps, il s'habillerait en costume "Alpaga", ou quand il se met à concocter une sorte de choucroute idéologique propre au MSP en inventant le concept de "Chouracratie", Cocktail de la "choura islamique et de la démocratie. Dimanche dernier, en annonçant sa candidature, M. Nahnah n'a pas failli à sa réputation de brasseur de vents: "Je suis contre l'Etat laïc et contre l'Etat théocratique".
En tout cas, le camp dit "démocratique" algérien sait ce qui fait courir M. Nahnah. Un appétit insaturable de pouvoir, avec disent-ils, le même objectif que ceux poursuivis par le FIS : l'établissement d'une république islamique en Algérie. Insondable mystère de la vie politique algérienne, les ténors du rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) Saâd Saâdi et Khalid Messaoudi peuvent confortablement cohabiter avec le sieur Nahnah sur le même balcon pour fustiger avec une violence inouïe les promoteurs du contrat de Rome, et sentir pousser des furoncles en l'écoutant débiter son discours. Il est au FIS, dit-il, pour convaincre leurs interlocuteurs français, ce que Charles Pasqua est à l'extrême droite.
Une filiation et une parenté congénitale. Dans le débat algérien, M. Nahnah n'a que faire de ces critiques.
Il les balaye d'un grand sourire barbu quand il ne les provoque pas volontairement, histoire de faire oublier que lui, l'Islamiste "modéré" qui avait choisi le camps de l'éradication, a volontairement monté son entreprise sur les décombres d'un parti dissous, le FIS.
Les années de feu et de sang que vient de vivre l'Algérie ont vu sa fortune politique monter en flèche, même si les fameux GIA ont dû assassiner plus de 300 militants de son parti. Son entrée en campagne pour le fauteuil suprême n'augure pas qu'il va rééditer son exploit électoral de 95 et de 97.
Islamisme
Et ce, pour deux raisons principales: la première est que l'échec du gouvernement actuel dans lequel il détient sept maroquins ministériels et donc une part de responsabilité significative rejaillira forcément sur lui en augmentant le nombre des déçus du MSP, la seconde raison est l'entrée cette fois en lice d'autres candidats qui chassent sur les mêmes terres islamisantes que lui.
D'abord, l'exemple d'un Ahmed Taleb Ibrahimi qui ne cadre pas, au risque de provoquer des infarctus chez les galonnés algériens, sa volonté de réhabiliter le FIS, ensuite la présence dans les starting bloc d'un Hussein Aït Ahmed, leader du Front des forces socialistes, sur qui énormément de voix sympathisantes du FIS peuvent se reporter, ne serait-ce que pour le remercier d'avoir toujours adoptés une ligne de dialogue et non d'exclusion.
Pour toutes ces raisons, l'élection présidentielle algérienne du 15 avril prochain risque de se transformer pour Nahnah en un Waterloo électoral. Mais hâbleur et culotté comme il est, il n'en mourra pas.
Le Moujahid-candidat Nahnah se vêtira à l'aube du 16 avril de son costume "Alpaga", ira propager sa "chouracratie" sous un ciel ni laïque ni théocratique. Et rebondira.
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