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Yasser Arafat face aux risques de la proclamation de l'Etat palestinien
Publié dans MarocHebdo le 03 - 06 - 2014


ACCOUCHEMENT DIFFICILE
La proclamation de l'Etat palestinien n'est ni une décision palestinienne, ni une décision israélienne. C'est une décision internationale puisque contenue dans les accords d'Oslo, parrainés par la communauté internationale dont notamment l'administration américaine. Partant de ce postulat, seule une décision internationale contenant des garanties concrètes, un calendrier précis peut justifier le report. Sur ce point précis, ni les Américains ni les Européens ne sont prêts à s'engager sur ce terrain au risque d'apparaître comme intervenant publiquement dans les enjeux électoraux israéliens
On a beau être intime connaisseur des arcanes de la politique au Proche-Orient. On perd son latin et on ramasse une migraine quand il s'agit de comprendre les enjeux de la proclamation de l'Etat palestinien prévue par les accords d'Oslo le 4 mai prochain, date de la fin de la période intermédiaire.
Et ce ne sont pas les déclarations de président palestinien Yasser Arafat qui aident à éclaircir les enjeux, ni à tracer les contours d'une stratégie stable, visible et palpable.
M. Arafat donne le vertige à tous ceux qui essaient de le suivre sur ce terrain. À quelques semaines du fameux 4 mai, bien malin celui qui pourra affirmer avec certitude qu'elle sera l'attitude de l'autorité palestinienne dans ce domaine, même si la tendance générale, ou plutôt la température d'ensemble, faite de déclarations de différentes capitales occidentales, indiquent que la balance penche vers le report plutôt que vers la proclamation unilatérale.
Le discours de Yasser Arafat n'est pas étranger à ce brouillard généralisé. Tantôt une volonté ferme est affichée de proclamer l'Etat indépendamment des aléas politiques locaux et internationaux, tantôt le report devient le maître mot tacite de la direction palestinienne.
À la décharge de Yasser Arafat, leader palestinien fatigué, l'acte de "proclamer" n'est pas chose aisée, mais plutôt une initiative pavée de tous les risques y compris celui de retourner à la case de départ, Tunis-city. L'Etat palestinien est un rêve légitime de tous les Palestiniens, notamment ceux qui avaient négocié et accepté les accords d'Oslo avec tout ce qu'ils contiennent d'humiliations et de privations pour eux. Oslo n'était un challenge intéressant que parce qu'il y avait l'Etat palestinien au bout de son tunnel. D'ailleurs, c'était le seul argument utilisé par Arafat à l'égard de ses propres troupes pour les convaincre de mise sur cette "paix israélienne".
Quelques colonies juives à Jérusalem-est, plus tard, quelques attentats suicide du Hamas et de Jihad Islamique ont tordu le cou à un fragile processus de paix engagé et appliqué dans la douleur par Palestiniens et Israéliens. Résultat de ce gel. Au bout de presque cinq années de paix armée, les Israéliens ne se sont retirés que de treize pour cent (13%) des territoires qu'Oslo prévoyait de restituer à l'autorité palestinienne.
Arguments
La proclamation de l'Etat palestinien s'annonçait comme une douce revanche d'Arafat contre Netanyahou surnommé "le bulldozer" à cause de sa politique de colonisation juive effrénée des territoires palestiniens et de son attitude d'éléphant dans un magasin de porcelaine à l'égard des dispositions d'Oslo, d'autant plus que ces accords ont malicieusement laissé la discussion sur le statut final de Jérusalem en suspens.
Et le substrat palestinien s'annonçait comme suit: "Sur ce lopin de terre que nous vous avons arraché, nous allons construire notre foyer, notre Etat national avec tous les signes de souveraineté, et nous allons réinscrire le fait politique palestinien dans sa propre géographie". Ambition amplifiée, voire légitimée par la visite du président Clinton aux territoires palestiniens, visite historique à l'issue de laquelle Bill Clinton, alors empêtré dans le scandale de Monica Lewinsky, déclara que les Palestiniens pouvaient "déterminer leur destinée sur leur terre", sans pour autant prononcer les mots magiques "d'autodétermination" ou "d'Etat".
Mais entre temps, officiellement pour échapper à une notion de censure de la part des députés de la Knesset, parlement israélien, tactiquement pour poser un autre obstacle à la proclamation inévitable de l'Etat palestinien, Benjamin Netanyahou accepte le principe des élections générales anticipées et en fixe la date au 17 mai 99, au lendemain de la date tant crainte par la droite israélienne et qu'Arafat ne cesse de qualifier de "sacré" dès qu'un micro se tend vers lui.
Les élections israéliennes anticipées viennent donc perturber un processus de paix qui, à défaut d'être respecté par les Israéliens, allait offrir à l'opinion palestinienne, déçue des fruits d'Oslo, l'occasion de remettre en selle son leader historique et de redonner une crédibilité à la ligne qu'il a choisie et défendue contre vents et marées.
Et voilà que la proclamation de l'Etat palestinien qui devait en principe sceller le sort d'un peuple dispersé dans les quatre coins de la planète depuis 1948, se transforma soudain en un enjeu électoral israélien.
Principes
Les fins connaisseurs de l'échiquier politique israélien estiment que contrairement à son attitude et la position guerrière à l'égard de ce sujet sensible à Tel-Aviv, Netanyahou a tout intérêt à ce que Arafat proclame l'Etat palestinien à la date prévue, misant ainsi sur l'allergie supposée de l'électorat israélien à tout ce qui concerne les signes de souveraineté palestinienne, surtout que Arafat ne peut entreprendre une telle démarche sans y inclure Jérusalem-Est comme capitale de ce futur Etat.
Et l'on comprend mieux les gesticulations de Netanyahou et son attitude provocatrice quand, en compagnie de deux rêveurs, deux "amateurs" de la paix que sont son ministre de la Défense Moshé Arens et celui des Affaires étrangères Ariel Sharon, Netanayahou a décidé "d'imposer la loi israélienne sur la partie de la Cijordanie restée sous contrôle Israélien si l'autorité palestinienne proclamait un Etat palestinien le 4 mai prochain.
Réponse du berger à la bergère, Arafat menace de réallumer l'Intifada si on l'en empêche, ajoutant dans le lyrisme guerrier et typiquement oriental, "L'Etat sera établi avec Jérusalem comme capital, que cela leur plaise ou non. S'ils ne sont pas d'accord, ils peuvent boire l'eau de la mer morte". Et c'est soumis à cette pression que Arafat a entrepris début de la semaine un périple diplomatique pour expliquer le bien fondé de son aspiration. Athènes, Vienne, Paris, Washington, Ottawa. Pendant toutes ces escales, Arafat a soufflé le chaud et le froid. Refusant catégoriquement et publiquement de céder sur la proclamation, Arafat n'a pas entièrement fermé la porte du "report". En fait, tous les analystes s'accordent à dire que Arafat est convaincu que "proclamer" le 4 mai rendrait un service inespéré à son adversaire de toujours M. Netanyahou et participerait à sa réélection miraculeuse au détriment de ses alliés travaillistes qui ont fait de l'émergence d'un Etat palestinien indépendant une des clefs futures de la paix, au Proche-Orient.
Raisonnements
D'un autre côté, reporter l'Etat palestinien à une date ultérieure est difficilement explicable à une opinion palestinienne qui a fixé sur le 4 mai toutes ses espérances et ses obsessions nationalistes. Pour slalomer entre les deux options en garantissant un minimum de crédibilité et de suivie politique, Arafat a besoin de ce que la nomenclature palestinienne appelle "des garanties internationales".
Le raisonnement de Arafat est le suivant: La proclamation de l'Etat palestinien n'est ni une décision palestinienne, ni une décision, israélienne. C'est une décision internationale puisque contenue dans les accords d'Oslo, parrainés par la communauté internationale dont notamment l'administration américaine.
Partant de ce postulat, seule une décision internationale contenant des garanties concrètes, un calendrier précis peut justifier le report. Sur ce point précis, ni les Américains ni les Européens ne sont prêts à s'engager sur ce terrain au risque d'apparaître comme intervenant publiquement dans les enjeux électoraux israéliens.
D'ailleurs, les 15 pays de l'Union Européenne réunis mercredi et jeudi derniers n'ont pas pris position commune sur cette question après avoir discuté un document français se faisant l'écho des préoccupations palestiniennes.
Avant cette réunion, Hubert Védrine, chef de la diplomatie française, a bien essayé de donner le temps en déclarant que "les Palestiniens avaient le droit de déclarer un Etat palestinien, mais qu'une telle proclamation devrait se faire dans les meilleures conditions". Histoire de suggérer que si cela ne se fait pas forcément à la date fatidique du 4 mai, cela pourrait avoir lieu à une date ultérieure, dans des meilleures conditions. Avec les garanties requises côté palestinien.
Reconnaissance
Arafat, d'ailleurs ne semble plus se contenter de garanties symboliques comme la dernière position de l'UE à l'égard de Jérusalem en refusant de la reconnaître comme "Capitale unique et éternelle d'Israël", ce qui a eu le don de provoquer l'ire de l'administration israélienne qui a gratifié l'UE d'une lettre de protestation coléreuse et assassine.
Arafat veut que si on désacralise la date du 4 mai, il faut qu'on sacralise une autre dans l'immédiat.
D'ailleurs, la date de 4 mai est une date politique mortelle pour Arafat et Netanyahou. Les deux hommes y jouent leur destin. Et le suspens sera hitchcockien jusqu'au bout puisque le conseil central de l'OLP vient d'annoncer qu'il se réunira au cours de la dernière semaine d'Avril pour examiner cette question.
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