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MOURIR POUR le KOSOVO
Publié dans MarocHebdo le 03 - 06 - 2014


L'Otan incapable de plier Slobodan Milosevic
MOURIR POUR le KOSOVO
La troisième guerre mondiale aura-t-elle lieu? Cette question qui paraissait aussi incongrue que facétieuse, il y a tout juste quelque temps, devient d'une brûlante actualité. Surtout après l'échec de la médiation entreprise par le Premier ministre russe, Evgueni Primakov, auprès du maître de Belgrade, Slobodan Milosevic. Un des facteurs importants qui a garanti un maximum de retentissement à cet échec fut sans doute le préjugé politique facile, accordant à Moscou une influence et une ascendance déraisonnable sur les Serbes de Belgrade.
Les Russes qui avaient tant besoin d'un exploit diplomatique sur la scène internationale, histoire de redorer le blason à une puissance politique en pleine décadence, devaient aux yeux de beaucoup d'observateurs réussir ce pari de désarmer la poudrière des Balkans qui était non seulement dans leurs cordes ­ diplomatiques - mais aussi dans leur vocation historique à s'imposer comme contrepoids politique à une organisation atlantiques arrogante et dominatrice -l'Otan.
Mais voilà, le miracle à l'Est n'a pas eu lieu, laissant le conflit yougoslave dans une impasse totale. Une semaine de bombardements aériens, où les fils des agences de presse ont crépité rouge vingt quatre heures sur vingt quatre, n'ont pas fait bougé d'un iota les Serbes de Belgrade qui, au fur et à mesure que l'armada de l'Otan, intensifie ses frappes de moins en moins chirurgicales, passent à une vitesse supérieure dans le nettoyage ethnique et l'exécution collective des Kosovars.
Polémique
Une semaine de guerre d'une grande technologie aérienne n'a pas empêché Milosevic de liquider méthodiquement et physiquement la question Kosovo. Une semaine qui a suscité dans les grands cercles de décision d'Europe et d'Amérique cette lancinante question : l'attaque aérienne, si efficace et si furtive soit-elle, suffit-elle à aboutir à une vraie victoire qui ne se limiterait pas uniquement à la destruction massive des infrastructures de l'armée yougoslave mais empêcher les Serbes à commettre un crime contre l'humanité contre les Albanais du Kosovo? Et pendant que les navires et les avions de l'Otan lançaient des Tomahawks contre le territoire yougoslave, une polémique est née autour de la question de savoir à quoi servent les victoires si elles n'ont pas de traduction politique immédiate. La caractéristique de cette polémique montre l'énorme fossé qui existe entre les militaires et les politiques à l'intérieur des pays de l'Otan. Chez les militaires, peu enclins à des contorsions politiques, otages des sondages et à des mouvements d'humeurs de l'opinion publique mondiale, c'est une lapalissade presque insultante que de dire que pour obliger Milosevic à une reddition inconditionnelle et mettre fin à sa capacité de nuisance, l'Otan a besoin d'imaginer une stratégie d'intervention terrestre.
Trio d'enfer
Chez les politiques, la tonalité est tout autre. Entrés à reculons dans l'engrenage de Kosovo, les diplomates occidentaux menés par le trio Hubert Védrine/Robin Cook/ Madeleine Albreight avaient misé sur leur capacité de persuasion diplomatique.
À leurs yeux, le huis-clos de "Rambouillet" puis de "Kleber" entre Serbes et Kosovars devait fatalement aboutir à un accord politique qui désamorcerait la crise des Balkans. Acculés, Européens et Américains, poussés par des préoccupations sensiblement différentes, n'ont eu d'autres choix que d'avoir recours à leur "génie" commun: l'Otan, organisation militaire d'attaque et de défense de cet occident "libéral et démocrate", fruit de la guerre froide qui régissait un monde bipolaire issu de la Deuxième guerre mondiale. " Le groupe de contact " sur l'ex-Yougoslavie qui supervisait les négociations entre Serbes et Kosovars avait soigneusement évité de recourir aux mécanismes et la couverture onusienne pour ces frappes contre la Yougoslavie, à l'instar de l'exemple irakien. Pour cause!
Jamais la Russie ou la Chine, membres influents du Conseil de sécurité, n'auraient ratifié l'option militaire contre Belgrade. Ils auraient opposé leur veto.
Sans être la quatrième armée du monde comme la propagande occidentale avait présenté l'armée irakienne avant le déclenchement de "tempête du désert", l'armée Yougoslavie est une armée organisée, dotée d'énormes moyens capables de faire subir aux forces atlantistes d'importantes pertes en hommes et en matériels. La seconde peur a trait à l'escalade et à l'effet domino qu'un tel engagement terrestre pouvait faire subir à toute la région des Balkans.
Le risque de voir jouer des solidarités géo-politiques et historiques est évident. Et à Paris, à Londres et à Bruxelles, on voit déjà la vision cauchemardesque d'une région balkanique complètement embrasée. Et le monde arabo-musulman? Il a approché le conflit Yougoslave, comme c'était prévisible, en ordre de marche dispersé, donnant parfois lieu à des positions sinon loufoques, du moins originales pour ne pas dire contradictoires. Le premier à entrer dans la danse des critiques de ces frappes est l'imprévisible colonel Kaddafi qui, dès les premières heures des bombardements atlantistes, s'est posé comme l'avocat de Milosevic allant jusqu'à engager une intense activité diplomatique pour mobiliser le reste du monde contre ces frappes.
Doute
N'a-t-il pas connu lui-même le frisson du "bombardé"? d'autant que ces Yankees viennent de l'obliger, par le biais d'une médiation saoudienne et sud-africaine, de livrer les deux suspects Lybiens impliqués dans l'attentat de Lockerbie à la justice écossaise le 6 avril. Le deuxième pays arabe à réagir est l'Irak, "bombardé en permance depuis 1991". L'Irak considère que "la fermeté de la Yougoslavie face aux frappes américaines montre que sa résistance contre les Etats-Unis a porté ses fruits et servi d'exemple, estimant que "les allégations de Bill Clinton selon lesquelles il défend les Musulmans de Yougoslavie ne suscitent que les moqueries. "Voisin de l'Irak, le jeune Roi de Jordanie Abdallah II vient de commettre un de ses actes majeurs de politique internationale en rappelant son chargé d'Affaires en poste à Belgrade. L'opération "force déterminée" lancée contre Belgrade et dont il est difficile de prévoir les évolutions, apparaît avec une courte semaine de recul, comme un acte constitutif d'un nouvel ordre mondial basé sur le recours à la force par, en théorie, rétablir le droit et prévenir des catastrophes humanitaires. Elle présente une immense particularité qui fait à la fois sa force et sa faiblesse. Elle est dirigée contre un pays européen. Pour la première fois depuis des décennies, le monde arabo-musulman n'a plus le monopole des raids américains ou Atlantiques. L'Irak, la Libye, le Soudan, l'Afghanistan ont tous été bombardés, mais cela pouvait s'inscrire dans une vaste grille de lecture d'affrontements nord-sud.
Aujourd'hui, avec la Yougoslavie, les actions de l'Otan révolutionnent une certaine perception de la guerre et de l'utilisation légitimée ou pas de la force sur la scène internationale.
L'après-Belgrade devrait nous apporter une autre religion du droit international.
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