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Publié dans MarocHebdo le 03 - 06 - 2014


MAGOUILLE ET CHANTAGE
L'affaire "Maroc Hebdo /RTM " tient plus du vaudeville policier à scénario crapuleux que du combat idéologique ou déontologique. C'est par ces mots qu'un fidèle lecteur de MHI, résident en France a tenu à résumer cette affaire qui continue de secouer le landerneau. Mais à tout malheur quelque chose de bon, il aura fallu cet "accident juridique " pour que la lumière soit faite sur une des citadelles les plus obscures du pouvoir au Maroc. Longtemps et pendant la plupart des débats sur l'information qui ont émaillé les dix dernières années, la question "télévisuelle " a été volontairement évacuée, car on sentait que la RTM, cette maison de fer et de zinc, était, sinon imprenable, du moins imperméable à ce vent de changement et de modernisation politique qui souffle sur le Maroc.
Menottée par la tête, verrouillée du cerveau, la RTM ne risquait ni de s'ouvrir sur la société marocaine, ni d'accompagner les gestations souvent douloureuses et parfois heureuses qui la travaillent. La coquille s'est refermée sur elle telle une huître, avec son lot de certitudes mythifiées et de microbes travailleurs. La magie de la parabole fait qu'elle soit présente sur la plupart des bouquets sattelites et câbles et s'impose donc pour tous les téléspectateurs du monde comme la vitrine du Maroc. Or, à regarder ses programmes, à écouter ses informations, la RTM donne l'impression que le Maroc, pays dont elle se dit "télévision nationale", est une dictature militaire à la Pinochet, une télévision privée au service d'un despote avec des mots d'ordre de propagande et d'intoxication, une machine broyeuse de rêve et castratrice d'illusions. À travers ses programmes et ses journaux d'informations, le Maroc y apparaît comme un pays stalinien des années 60, un pays gouverné par un parti unique qui dicte aux citoyens la manière de penser et de vivre. Le Maroc pays pluriel, démocratique, inventif, moderne n'y figure pas et est escamoté en faveur de ce Maroc rigide, routier, voire mafieux. La télévision nationale, service publique, est livrée en Kit complet à une certaine mafia économico-publicitaire sans aucun contrôle.
Le chantage exercé à l'égard d'une publication comme "MHI " fait partie de la culture maison. D'ailleurs, dès qu'une équipe de cette télévision se déplace en France par exemple, son principal souci est de racketter les Marocains résidents à l'étranger sous forme de reportages promotionnels bidons. Les exemples qui illustrent cette attitude abondent, sans parler du mic mac commercial autour de l'enregistrement des spectacles où, là, artistes et producteurs sont proprement spoliés. Mais cette télé n'aurait jamais osé ce genre de comportement si elle n'arborait l'étendard du Makhzen comme parapluie protecteur. Le racket se fait au profit d'intérêts privés au nom de Makhzen, ce qui dissuade toute velléité de poursuites judiciaires, et toute tentation de rendre publique ces mésaventures télévisuelles.
Cette télé marocaine est à la fois un fromage juteux et dur. Juteux parce qu'elle garantit la prospérité, des conditions d'une opacité sicilienne, d'un certain nombre de profiteurs à l'intelligence aussi aiguisée qu'une planche. Et dur parce qu'au bout d'une année d'alternance, il est apparu clairement aux yeux du monde entier que le Premier ministre socialiste marocain Abderrahmane Youssoufi a plus de facilités pour obtenir la démission d'un ministre que celle du patron de la RTM, M. Tricha. Dans cette alternance marocaine, une erreur de casting s'est glissée, un îlot d'immobilisme s'est infiltré qui concrétise tout ce que le Maroc a de laid, de honteux et de politiquement immoral: La télé est le miroir déformant de sa vitalité, de sa créativité et de son inventivité. Il est actuellement question de deux fiertés inconciliables : on ne peut être fier d'être marocain et en même temps être fier d'avoir une pareille boite à images officielle où la médiocrité le dispute à la bêtise.
Il est temps de laver cet affront national, de libérer les énergies et de renvoyer le préfet à sa préfecture qu'il n'aurait jamais dû quitter.
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