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Et si tous les politico-militaires étaient des paravents?
Publié dans MarocHebdo le 03 - 06 - 2014


UN PRESIDENT PEUT EN CACHER UN AUTRE
Chadli Benjdid
Et si le véritable "président" de l'Algérie, depuis la mort de Boumedienne, n'était autre que Larbi Belkheir? Aussi provocante que puisse être cette interrogation, elle possède cette très rare bizarrerie de ne pas choquer les initiés de la chose algérienne, tant l'homme, militaire de carrière, traîne une réputation, souvent fondée, de faiseur de rois, de distributeur de prébendes au cur d'un système algérien basé sur l'achat des solidarités et des fidélités.
Même si la crise et le débat politiques algériens squattent la "Une" de la presse internationale, depuis plus de dix ans, on ne risque pas de le voir étaler une biographie de Larbi Belkheir sur le papier glacé de "Point de vue image du Monde", ni de voir poser avec la nonchalance des dépositaires du pouvoir à la "une" de "Paris-Match". On sait au moins une chose sur cet énigmatique personnage, il a le réflexe chauve-souris, l'ombre lui va comme un gant. Et c'est dans l'ombre qu'il a fait toute sa carrière. Natif de Tiaret, la soixantaine aussi bien tassée que son crâne dégarni et son menton volontaire, Larbi Belkheir est issu d'une famille de notables de la noblesse terrienne et religieuse, sa famille était originaire d'une Zaouia locale. Fils d'un Caïd et avant d'être un officier de l'ALN, issu des rangs de l'armée française, Larbi Belkheir est un fin lettré, paramètre qui va être décisif dans le déroulement de sa carrière et l'ascendance qu'il aura à exercer sur son entourage.
Péripéties
À l'indépendance de l'Algérie, il fait sa carrière militaire auprès du Colonel Chadli Benjedid, dont il devient chef d'état-major alors que celui-ci dirigeait la fameuse deuxième région militaire (RM), qui englobe l'Oranie, territoire frontalier du Maroc. Membre du Conseil de la révolution issu du putsch du 19 juin 1965, il aura, durant cette période non seulement à servir Chadli Benjedid, mais à faire la connaissance d'un jeune officier de la sécurité militaire, un dénommé Mohamed Medienne qui, plus tard, terrorisera les cercles de décision algérienne, par son seul prénom: "Taoufik". Dans les années 70, Larbi Belkheir participe en tant qu'expert aux négociations ayant abouti au traité d'Ifrane de 1992, s'imposant comme un personnage influent des relations algéro-marocaines. À la mort de Boumedienne, il avait le grade de commandant et dirigeait un des fleurons de l'armée algérienne, "ENITA", école nationale des ingénieurs des techniques de l'armée qui se trouve à Bordj El Bahri à l'Est d'Alger. C'est dans les locaux de l' "ENITA ", que Larbi Belkheir accueille et parraine les conciliabules, qui ont abouti à la cooptation par ses pairs du colonel Chadli Benjedid, comme président de la république, selon le principe de la primauté du "primus inter parés", version militaire algérienne, à savoir le plus ancien dans le grade le plus élevé. Chadli président, il renvoie l'ascenseur à Larbi Belkheir qui est élevé au grade de Colonel et dirige l'inédit et tout nouveau "Conseil de sécurité auprès du chef de l'Etat". De ce poste taillé sur mesure, Larbi Belkheir poursuit sa tranquille ascension vers les sommets en devenant secrétaire général de la présidence, fonction omniprésente et redoutée. À ce poste, M. Belkheir acquiert la réputation d'éminence grise du débonnaire Chadli Benjedid et d'Imam caché de la république à tel point qu'aucune nomination au sein de l'Etat et de ses démembrements ne lui échappe, lui conférant la dimension d'un parrain, auquel ses filleuls et courtisans lui doivent tous quelque chose. La relation étroite avec Chadli Benjedid, personnage enclin par nature à déléguer un partie de ses pouvoirs, est renforcée par sa proximité avec la belle famille de Benjedid. Cette proximité est accentuée lorsque Belkheir entreprend avec un entregent très oriental de favoriser l'alliance entre deux grandes familles les Belhaoul et les Bouroukba de Mostaghanem et les Chadli de Annaba. Lorsque Chadli nomme Mouloud Hamrouch au poste de secrétaire général de la présidence, Larbi Belkheir est carrément élevé "à la dignité " du directeur de Cabinet du président, lieu de passage obligé et centre nerveux du pouvoir présidentiel, voire l'interface entre les deux pôles du système algérien: l'armée et la présidence. Après 85, date de la création du grade de général, il est à la tête d'une charrette promue à ce grade. Larbi Belkheir était alors le général, en costume gris anthracite, maître de cérémonie d'une république où le pouvoir ne se conçoit que dans l'ombre.
Manipulations
Larbi Belkheir s'est chargé d'abord d'une besogne qui lui tenait à cur et déblayait le chemin devant ses protégés: "Déboumédianiser " l'Etat. Un de ses hauts faits d'armes dans ce domaine est de s'être attaqué aux barons du Boumedianisme et leurs satellites financiers dont le plus célèbre est le tout-puissant multi-milliardaire Massaoud Zaggar, l'homme qui a fondé une fortune colossale en recyclant les stocks de l'armée américaine. M. Zaggar était un intime de Georges Bush alors patron de la CIA. La victoire de M. Belkheir sur le tout puissant Zaggar installe définitivement son mythe de régent de la république algérienne. D'autres barons du Boumédianisme tel l'ancien ministre des Affaires étrangères Abdelaziz Bouteflika tomberont sous ses griffes. Belkheir était le cerveau de l'opération qui avait écarté Bouteflika de la scène algérienne et l'avait obligé à s'exiler dans les pays du Golfe pour jouer le conseiller auprès des princes du pétrole. Le bannissement de Bouteflika fut, on s'en souvient, à la suite d'un rapport de la cour des comptes opportunément rendu public, l'accusant de détournement de fonds. S'il ne fait aucun doute que la décision lourde de conséquences politiques, de légaliser le FIS fut l'uvre de Larbi Belkheir; il est des initiés du sérail algérien pour avancer que le Machiavel d'Alger ait, dès le départ, tenté d'instrumentaliser la menace politique islamiste dans le but inavoué de saboter toute réforme pouvant cacher une réelle volonté de démocratisation et donc mettre en péril le système militaro-rentier sur lequel règnent sans partages Belkheir et ses amis. Cette volonté et cette logique d'instrumentalisation du FIS trouvent dans l'argumentaire des détracteurs de Belkheir ce raisonnement. Fin 91, Larbi Belkheir descend de son piédestal présidentiel pour devenir ministre de l'Intérieur, il manipule et gonfle les chiffres de la victoire du FIS pour accentuer, l'effet épouvantail de ce parti. L'effet de domino aboutit à l'interruption du processus électoral qui ouvre le premier chapitre de la deuxième guerre d'Alger, sur laquelle Belkheir va régner en maître d'uvre de la répression. Il fait partie du collège qui a destitué Chadli et fait venir Boudiaf du Maroc. À la mort de ce dernier, Belkheir quitte le gouvernement et se met en retraite active pour s'occuper de ses nombreuses affaires et de sa fortune repartie essentiellement entre la Suisse, le Luxembourg et l'Allemagne. Malgré sa retraite, il continue à tirer les ficelles du pouvoir en Algérie: Nahnah du M.S.P et Saïd Saâd du RCD lui doivent leur existence et leur fortune politique. Ainsi va la politique en Algérie, l'Imam a choisi, la messe est dite un 15 avril.
Masques
Belkheir aurait effectué au Maroc de nombreux voyages discrets dont un décisif avant l'investiture de Bouteflika, porteur de messages d'apaisement. Et c'est encore à Belkheir qu'on attribue une sorte d'influence sur le candidat Bouteflika qui, au cours de sa campagne, s'est violemment attaqué à la Tunisie, mais n'a pas dit un mot sur le Maroc. Belkheir a un rapport particulier au Maroc, outre que sa famille y dispose de biens, il a été, au cours de sa carrière, l'unique artisan, des sommets maroco-algériens, et des rencontres maghrébines. L'imam de la république algérienne n'a pas tous ses cheveux, mais a encore tous ses dents pour mordre. La paix comme l'instabilité au Maghreb passeront fatalement par ce retraité qui inspire tant de crainte et suscite autant d'interrogations.
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