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MISE AU NET
Publié dans MarocHebdo le 03 - 06 - 2014

Le gouvernement affirme sa volonté d'éradiquer toute forme de corruption
MISE AU NET
Ahmed Lahlimi
La Banque mondiale, avec la participation de plusieurs organisations non-gouvernementales, a choisi le Maroc, et sa capitale économique, pour tenir, le 21 juin, les travaux d'un séminaire portant sur la corruption. Selon un responsable de cette institution, la tenue de cette rencontre au Maroc reflète la volonté du gouvernement d'ouvrir un débat fructueux et sérieux autour de la corruption, ses divers aspects et ses différents impacts.
Existe-t-il une manière efficace de lutter contre la corruption qui désintègre le tissu social, mine les valeurs morales et gangrène tout projet de développement ? Toute action entreprise dans ce sens ne peut que prétendre en limiter les conséquences et doit, de ce fait, s'inscrire dans la durée. C'est une guerre qui exige du souffle de la part de tous, mais également un engagement politique sans faille. Tous ces questionnements et déductions ont été, mardi 21 juin à Casablanca au centre des travaux d'un séminaire qui s'est tenu à Casablanca en collaboration avec la Banque mondiale et avec la participation de plusieurs ONG.
"La corruption est un handicap pour le développement car elle pénalise les entreprises, fait perdre confiance dans les institutions d'un pays et jette la suspicion dans les organes d'un Etat au moment où les mutations exigent un Etat fort". Ahmed Lahlimi, le ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des Affaires générales du gouvernement, donne le ton. Le ministre s'exprimait ainsi lors de l'ouverture du séminaire qui s'est tenu sous le thème "la lutte contre la corruption: expériences internationales et enjeux pour le Maroc".
Il a également indiqué que ce séminaire devrait mettre sur pied un "comité de suivi" pour dégager les grandes lignes de la stratégie à adopter et "une série de mesures dans le but de réduire le champ de la corruption et de moraliser la vie publique".
Volonté
Ahmed Lahlimi a relevé que le gouvernement a essayé d'inscrire la volonté de gouvernance et de moralisation de la vie publique dans un cadre où ces parties puissent se retrouver et avancer des idées sur un sujet "d'une gravité exceptionnelle".
Pour assurer l'efficience d'une telle action, il faut s'appuyer sur une approche pragmatique. Et c'est dans cet esprit que le gouvernement continue à promouvoir une série de textes et règlements législatifs favorisant l'émergence d'un cadre institutionnel d'une plus grande transparence à même de contribuer à l'éclosion d'une vie publique empreinte de moralité et du sens de la vertu.
Au Maroc, a-t-il poursuivi, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) s'est dotée d'un comité d'éthique, de même que s'est constitué un collectif d'associations pour la lutte contre la corruption qui a adressé un mémorandum au Premier ministre afin d'ouvrir le débat avec le gouvernement sur un sujet qui focalise l'attention de plusieurs secteurs.
Le ministre a estimé que la thérapeutique se décline sous différentes formes : en dispensant une bonne éducation, en multipliant les contrôles ou en ayant recours aux moyens répressifs par le renforcement des sanctions.
Ahmed Lahlimi a, dans cet ordre d'idées, indiqué qu'il ne faut pas jeter le discrédit sur un seul secteur qui est souvent l'administration. Celle-ci est dans son ensemble saine, a-t-il affirmé, et compte en son sein de nombreuses compétences et un potentiel de mobilisation capable d'assurer dans la durée la moralisation de la vie publique. Toutefois, il est impératif de moderniser certaines structures du secteur en éliminant les passe-droits et les occasions de corruption. C'est dans cette optique que se situe le programme de réformes administratives notamment la mise en place d'un pacte de bonne gestion afin d'améliorer les conditions d'efficacité, d'éthique et d'écoute.
M. Christian Delvoie, directeur du département Maghreb à la Banque mondiale, a axé son intervention sur l'impact de cette rencontre en tant que nouveau signe de l'ouverture démocratique du Maroc et un pas institutionnel important pour faire avancer le débat public sur la corruption qui n'est plus de ce fait un sujet tabou. Il a, dans ce sens, salué la volonté politique d'ouvrir ce débat et d'y associer la Banque mondiale en tant que partenaire. M. Delvoie a ajouté que le programme marocain de réformes allant dans ce sens est l'un des premiers soutenus par la Banque mondiale.
Luttes
Les travaux de ce séminaire se sont poursuivis sous forme de panels. Le premier a abordé le cadre conceptuel et la typologie du phénomène de la corruption et le deuxième a été consacré à l'examen des mesures de lutte contre la corruption dans les secteurs de l'Education nationale et des Douanes. Le troisième a, quant à lui, abordé les réformes et les procédures en matière de passation des marchés publics ainsi que les liens entre transparence et compétitivité. Pour Driss Benhima, le directeur général de l'Office national de l'électricité (ONE) le coût de la corruption dépasse de loin les "frais engendrés" par cet acte frauduleux. Il a expliqué qu'une commission versée dans un acte d'achat, peut se traduire par un surcoût compris entre deux et dix fois la valeur de cette commission, alors que la perte pour l'entreprise, peut s'élever à cinquante ou cent fois le montant versé comme "pot-de-vin". Certains participants ont rejeté le cantonnement de la corruption aux seules dimensions économiques, mettant en avant le concept de citoyenneté et le respect des valeurs religieuses. Le professeur Drissi Alami Machichi a résumé ces deux positions en évoquant quelques causes à l'origine de la corruption. Il s'agit principalement de la faiblesse du sentiment religieux, de l'absence de sens civique, de la cupidité et du népotisme, mais aussi de la faiblesse des salaires, de la centralisation des pouvoirs de décision et de l'inadéquation des instruments de contrôle.
John Heilburnn, de la Banque mondiale, a, de son côté souligné qu'à l'incontournable volonté politique doit s'ajouter l'élaboration d'une stratégie claire et de long terme qui éviterait de tomber dans des actions symboliques. Une stratégie où devront être impliqués l'administration, le secteur privé et la société civile qui devront agir en partenariat et solidairement pour endiguer ce mal.
Transparence
S'agissant de l'environnement de l'entreprise, l'accent a été mis sur l'importance du rôle régulateur de l'Etat, de la transparence dans les règles du jeu et de la souplesse de l'administration. De même que sur la nécessité d'une législation moderne, d'une justice diligente et d'un système éducatif adapté. De son côté, Abderrazak Mossadeq, le directeur général de l'Administration des douanes et des impôts indirects, a relevé qu'il existe un peu partout dans le monde des opérateurs qui tentent de contourner la réglementation ou d'obtenir des passe-droits par divers moyens et parfois avec la complicité de ceux qui sont chargés de veiller au respect des normes. Parmi les principaux facteurs favorisant l'épanouissement de ce phénomène, M. Mossadeq a cité la bureaucratie, la lenteur et l'opacité des rouages administratifs, le manque de transparence dans les modalités de gestion et l'imprécision de l'arsenal juridique.
Lutter contre la corruption revient en définitive à déterminer les causes de ce phénomène, à en connaître les formes, et à en déceler les rapports avec l'histoire et les institutions.
De même qu'il s'agit de distinguer entre la grande et la petite corruption, laquelle doit être attaquée en premier car pesant directement et lourdement sur la partie la plus démunie de la société.
Dans cet objectif, l'accent a été mis sur la nécessité d'offrir aux citoyens les moyens légaux nécessaires et des possibilités de recours simples et faciles à utiliser pour qu'ils puissent se défendre contre tout abus.
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