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Une fête aux couleurs de la tolérance
Publié dans MarocHebdo le 08 - 11 - 2014

MAROC HEBDO INTERNATIONAL N° 1092 - du 07 au 13 novembre 2014
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Hymne à la paix et à la cohabitation pacifique entre juifs et musulmans, le festival des Andalousies atlantiques d'Essaouira a enchanté le public de la ville des Alizés, du 30 octobre au 2 novembre.
Du 30 octobre au 2 novembre 2014, le temps s'est arrêté à Essaouira. Les habitants de la ville ainsi que les nombreux visiteurs, touristes étrangers et nationaux ont été embarqués dans une aventure enchanteresse que leur a fait vivre le festival des Andalousies atlantiques d'Essaouira. Encore une fois, dans cette terre bénie de Dieu, les maîtres mots ont été symbiose, paix et tolérance. Durant 3 jours, des artistes et des penseurs de confession juive et musulmane se sont adonnés ensemble à un exercice que seul leur offre l'espace de la ville des Alizés. Que ce soit sur scène, autour d'une table de débat ou dans la ville, juifs et musulmans ont communiqué et cohabité en toute harmonie loin de toute idéologie réductrice et de conflit dévastateur. «Ce festival est le seul au monde où Musulmans et Juifs peuvent se rencontrer, chanter, faire la fête et réfléchir ensemble», ne cesse de répéter André Azoulay, conseiller de Sa Majesté le Roi et président fondateur de l'association Essaouira Mogador. Et d'ajouter «Nous refusons que nos convictions soient politisées, instrumentalisées et utilisées à des fins pernicieuses». Une résistance qui se fait tout en musique sur les scènes du festival, où les artistes croisent leurs langues respectives (hébreu, arabe et parfois espagnol) dans la pure tradition du "Matrouz".
Aussi, le festival œuvre-t-il, depuis 10 ans, pour la sauvegarde du patrimoine musical judéo-musulman. Une mémoire commune dont se sont enrichies les deux cultures respectives. Cette année encore, à l'image des éditions précédentes, des artistes nourris aux traditions musicales judéo-musulmanes se sont produits sur les deux scènes du festival: Dar Souiri, où l'ambiance est plutôt intimiste; et la grande scène (salle omnisport). Ils ont offert aux spectateurs de purs moments de plaisir et de grâce, qu'il s'agisse des grands maîtres, comme Amine El Akrami, qui dirige le grand orchestre de Tétouan, du rabbin Haïm Louk, né à Casablanca en 1942, de Abderrahim Souiri ou de jeunes artistes gardiens du temple de ce patrimoine musical, tels que Benjamin Bouzaglo, Sanaa Marahati, Neta El Kayam, Jalal Chekara... Tous ces artistes ont gratifié le public d'un voyage exquis dans les contrées de la musique andalouse sous ses différentes couleurs.
Sauvegarder le patrimoine judéo-musulman
Et l'on ne peut que se réjouir et se rassurer de la pérennité de ce patrimoine qui mérite d'être sauvegardé et sorti de l'oubli. Contre toute attente, la jeune génération de juifs d'origine marocaine installés en Israël dépoussière le patrimoine musical de leurs ancêtres pour lui offrir une seconde vie. Un intérêt insoupçonné face à la mondialisation et à la montée des musiques contemporaines. Neta El Kayam, chanteuse israélienne originaire de Tinghir, qui s'est produite sur la scène du festival pour la deuxième fois, se confie: «Je retrouve, avec beaucoup de joie et d'émotion, le pays de mes parents et de mes ancêtres. Cette année, accompagnée de mon ami le chanteur et musicien palestinien Maher Khalil Deeba, on a chanté "Al Qods", de Fayrouz, et on a rendu hommage au grand poète Samih Al Kassem, décédé récemment. Comme l'année dernière, j'ai interprété des morceaux judéo-arabes et marocains de Maurice Medioni, Line Monty et Zohra Elfassia. J'espère revenir avec mes propres chansons, écrites et composés avec ma troupe: Amit Hai Cohen, Elad Levi, Netanel Ben Shitrit...On essaye de sauvegarder le patrimoine marocain qui fait partie de notre identité». En attendant, Neta entame les démarches pour l'obtention de sa carte nationale et de son passeport marocain. Un rêve qu'elle caresse, elle et son père.
Moments forts
A côté de l'animation musicale nocturne, le festival des Andalousies atlantiques d'Essaouira s'est évertué, fidèle à sa tradition de débat, à créer des moments de communication et de communion, grâce à d'imminents penseurs, autour du thème inépuisable et incontournable, serait-on tenté de dire, de l'altérité. Cette année, l'un des moments forts de ces matinées débats organisés en partenariat avec l'Institut culturel d'Essaouira, a été la présentation, à Dar Souiri, de l'édition marocaine de la première encyclopédie sur L'Histoire des relations entre juifs et musulmans, publiée en France par les éditions Albin Michel. Une initiative de l'éditeur marocain Abdelkader Retnani, qui nous offre le même ouvrage, de 1.000 pages, dans la collection "La Croisée des Chemins". «Les juifs du Maroc n'oublient jamais leur pays. Il est vrai qu'au Maroc, il ne reste que 300 ou 400 juifs, mais ils sont un million à être dispersés partout dans le monde et à partager la culture marocaine».
Autre moment exceptionnel de cette 11ème édition, la présentation par Abdessamad Amara, directeur du conservatoire de musique d'Essaouira, et ses jeunes musiciens, de la pièce musicale "Lqoddam jdid Saouiri", jouée en 1832 par un orchestre judéo-marocain de Mogador, devant le Sultan Moulay Abd Errahmane. Depuis, elle n'a jamais été interprétée jusqu'à ce qu'elle renaisse de ses cendres lors de cette édition.
Enfin, pour rendre justice à cette ville qui ne cesse d'inspirer les plasticiens marocains et étrangers, des expositions ont été organisées en marge du festival. Qu'il s'agisse de l'exposition photographique de la place Moulay Hassan ou de la "carte blanche" à l'artiste Najia Mehadji à l'Institut français d'Essaouira, avec la participation d'illustres artistes marocains toutes disciplines confondues, ces expositions ont fasciné par la diversité des œuvres exposées et par leur authenticité. Une fascination à l'image de la ville qui les accueille.