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Les hydrocarbures, et après ?
Publié dans MarocHebdo le 11 - 01 - 2015

MAROC HEBDO INTERNATIONAL N° 1100 -Du 09 au 15 janvier 2015
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pouvoir d'achat. Après les hydrocarbures, le gouvernement osera-t-il décompenser les prix du gaz butane, de la farine et du sucre? Son plan de réforme est-il dans l'impasse?
La réforme de la Caisse de compensation, telle que pensée par le gouvernement Benkirane, suit son bonhomme de chemin, en dépit de ses conséquences fâcheuses sur le pouvoir d'achat des ménages, notamment les plus pauvres d'entre eux. Les gros œuvres de ce chantier ont été réalisés. Le gros du budget de la compensation, destiné auparavant aux hydrocarbures, plus de 32 milliards de dirhams, a été épargné grâce au système d'indexation des prix à la pompe introduit à l'été 2013. Un budget qui a été considérablement allégé. Le gouvernement Benkirane a prévu, dans le cadre du projet de loi de finances 2015, des dépenses de compensation de 23 milliards de DH, contre 32 milliards de DH en 2014, et plus de 55 milliards de dirhams en 2013.
Ainsi donc, le fuel industriel, l'essence et le gasoil sortent définitivement de la compensation. Pour le fuel industriel et l'essence, la décision a été entérinée en janvier 2014. Le démantèlement de la subvention du gasoil s'est effectué progressivement, arrivant à terme à fin 2014. Le gouvernement a signé avec les professionnels du secteur pétrolier un accord d'homologation des produits pétroliers et a mis fin à la compensation de ces produits à compter de 2015.
Liberté de prix
Cette procédure d'homologation est appliquée durant une période transitoire allant du 1er janvier au 30 novembre 2015, après la décompensation définitive de l'essence et du fuel en février 2014 et du gasoil à partir du 31 décembre 2014. Durant cette période, le gouvernement marocain accompagnera les professionnels du secteur pour fixer les prix de certains produits pétroliers, qui seront annoncés le 1er et le 16 de chaque mois à partir du 1er janvier jusqu'au 30 novembre 2015.
Le président du groupement des pétroliers du Maroc, Adil Zyadi, a indiqué que cette mesure permettra aux professionnels du secteur de vendre les produits pétroliers conformément à la loi sur la liberté des prix et de la concurrence. «Cet accord, ou plutôt ce délai, permettra aux professionnels de se mettre à niveau des stations-services et les équiper en moyens d'affichage des prix et de mise à jour automatique à distance. Les pétroliers vont investir 500 millions de dirhams pour cette mise à niveau». Pour sa part, le ministre marocain de l'Economie et des Finances, Mohammed Boussaïd, a précisé que «cette convention vise la décompensation totale des produits pétroliers liquides, la libéralisation du marché et l'instauration de la concurrence entre les distributeurs en faveur des consommateurs». L'année 2014 s'achève sur une réduction inédite des dépenses de la Caisse de compensation au cours des quatre dernières années en raison de la levée des subventions allouées à plusieurs produits. Le montant global net relatif aux charges de compensation devrait atteindre 33,6 milliards de dirhams (1 dollar=8,8 dirhams) en 2014, contre 42,5 milliards en 2013, a annoncé Abdelilah Benkirane, lors de la réunion du conseil d'administration de la Caisse de compensation, tenue quelques jours avant la fin de l'année.
Et le gaz butane?
Après les hydrocarbures, à qui le tour? Le gouvernement osera-t-il toucher au gaz butane? Ce n'est pas à l'ordre du jour. L'affirmation vient du ministre délégué aux Affaires générales et à la Gouvernance, Mohamed Louafa. «Le prix du gaz butane ne sera pas touché, et l'Etat continuera à le subventionner», a-t-il déclaré au Forum de l'agence marocaine de presse MAP.
Pour lui, c'est une question épineuse. Seulement 38% de la production de gaz butane sont consommés par les ménages, le reste est destiné aux secteurs productifs, dont l'agriculture. Actuellement, la bouteille de 3 kg est vendue à 10 DH (non compris le prix de la consignation) alors que le prix de la bonbonne de 12 kg est de 40 DH. Si l'Etat ne subventionne pas la bobonne de gaz, elle coûtera 31,25 dirhams pour la bonbonne de 3 kg et 122,25 Dh pour celle de 12 kg.
Dans son projet de loi de finances 2015, le gouvernement prévoit une enveloppe globale de 23 milliards de Dh pour la subvention des prix des produits de première nécessité, dont une grande partie va à la compensation des prix du gaz butane. Sur les 23 milliards, un peu plus de 15 sont dédié à la subvention du gaz butane, le gaz propane étant soumis aux fluctuations du marché international. le reste est distribué aux importateurs et producteurs de farine (blé tendre) et du sucre, les deux autres matières encore subventionnées.
Booster la croissance
Le prix de la farine a toujours été subventionné au Maroc, et constitue un produit sensible. Dans les années 1980, le gouvernement de l'époque avait revu à la hausse les prix du pain. Résultat: des manifestations populaires durement réprimées, des dizaines de morts et de disparus. La même politique de soutien des prix a été encore décidée pour le sucre, une des denrées les plus consommées par les Marocains, quand bien même la grosse part de la consommation est enregistrée par les industriels de la biscuiterie, confiserie et chocolaterie et les pâtisseries boulangeries. En tout cas, la décompensation du sucre, elle aussi, n'est pas à l'ordre du jour.
Dans un pays où le déficit budgétaire dépasse la norme mondiale, l'épargne des subventions destinées aux hydrocarbures ne servira qu'à alléger un peu ce déficit, suffisamment pour plaire aux bailleurs de fonds, dont le FMI, et pour continuer à attirer les investisseurs.
Mais pour booster la croissance, il faut penser à inciter et encourager la productivité et la compétitivité des secteurs d'activités employeurs et donc à celle du pays (Lire l'entretien avec l'économiste Omar Kettani, page 38). Autrement, on continuera à résumer l'économie en chiffres et statistiques qui n'intéressent pas les ménages marocaines qui vont voir s'éroder leur pouvoir d'achat à cause de la hausse des prix de tout (logement, aliments, transport...) .