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Nacer Zefzafi, l'imposteur d'Al Hoceima
Publié dans MarocHebdo le 05 - 11 - 2019

Les auteurs de cet acte ignoble ont répondu à un mot d'ordre de Nacer Zefzafi du fond de sa cellule à la prison de Ras El Ma. Pour commémorer la mort accidentelle du poissonnier Mohcine Fikri.
Paris a souvent été le théâtre de manifestations de tout genre et de tout bord, mais celle du samedi 26 octobre 2019 n'est pas comme les autres. Tant s'en faut. Il s'agit, cette fois-ci, d'un acte aussi odieux qu'inqualifiable, qui ne peut en aucun cas être considéré comme une expression de liberté. Au cours d'une marche attribuée à de soi-disant indépendantistes rifains, le drapeau marocain a été piétiné et brûlé, au grand étonnement des passants incrédules. Les plus avertis d'entre eux n'en croient pas leurs yeux; tellement ils mesurent la gravité extrême de ce délit blasphématoire à l'égard de la souveraineté d'une nation. Les auteurs de ce comportement lâche et abominable se veulent les apôtres d'un mouvement qui agit pour l'indépendance du Rif. Peu nombreux, mais d'extractions migratoires différentes, ils viennent d'Allemagne, des Pays Bas et d'Espagne. Ils brandissaient des banderoles amazighes, catalanes et rifaines.
Une chimère absurde
Les pays impliqués malgré eux ont déploré avec véhémence ces agissements scandaleux. En particulier, le Conseil fédéral franco-allemand, qui a dénoncé «ces actes irresponsables», après avoir rencontré différentes associations de la société civile d'immigrants marocains. Pour ces derniers, ceux qui ont participé à cette manifestation honteuse et condamnable, «prônent le chaos et le vandalisme, au lieu d'agir pour le progrès et la stabilité dans notre cher pays», disent nos immigrés à l'unisson. Pour ceux là, comme pour tous les Marocains de par le monde, «brûler le drapeau marocain est un outrage insupportable à la souveraineté du Maroc et une offense à sa dignité nationale». Nacer Zefzafi, celui par qui ce scandale est arrivé, étant absent pour cause d'incarcération; c'est Halima Zine, une intellectuelle prolixe éprise de militance pour la condition féminine, qui a pris la relève et conduit cette manifestation.
L'image qui court les réseaux sociaux de Halima Zine mettant le feu au drapeau est insoutenable et impardonnable. Au fait, de qui ce mouvement se réfère-t-il et à quoi se revendique-t-il? À titre de rappel, le même Zefzafi s'est retrouvé en taule pour un délit de la même veine, à savoir «atteinte à la souveraineté de l'Etat». Le public n'a pas que bonne souvenance de ce «leader» autoproclamé d'Al Hoceima.
Au commencement en octobre 2016, il n'était question que de revendications matérielles et sociales; du reste très recevables. On y trouve en particulier la demande d'une santé publique qui soigne et ne tue point; ainsi que l'aménagement des voies d'accès à cette cité du Nord Ouest marocain, au milieu d'un relief tourmenté; entre autres. L'ensemble de la classe politique, en particulier les technocrates, se sont finalement mis à la tâche, sous l'impulsion bien sentie de S.M. le Roi, qui n'a pas du tout apprécié le retard accusé par certains chantiers qu'il avait lui-même lancés.
Seulement voilà, ce mouvement à caractère social a progressivement déraillé pour devenir le repaire de noyaux se disant ouvertement séparatistes. En clair, le Rif deviendrait totalement détaché du reste du pays. Des rassemblements illégaux sont organisés sous le créneau inadmissible d'un territoire éclaté. Une réorientation qui a tourné à la casse et à l'intervention des forces de l'ordre. Les amis de Zefzafi semblent avoir trouvé, sans le savoir, une manière de produire l'histoire en marche arrière. Le Rif a effectivement une histoire en tant que scène grandeur nature de la guérilla contre la colonisation espagnole, une première du genre, sous la conduite de Mohamed Ben Abdelkrim Al Khattabi.
L'éphémère république du Rif, installée et conduite par Al Khattabi, n'est plus des temps présents. À moins que l'on s'en serve à titre provocateur; comme c'est le cas de la cellule Zefzafi et consorts. Si l'on appliquait le projet politique de ce jeune premier à l'ensemble du territoire, il y aurait au Maroc autant «d'Etats indépendants» que de régions sur le même territoire.
Une chimère proprement absurde qui n'a rien à voir avec la déconcentration d'un fédéralisme de bon aloi. Il faut juste savoir que le père de Nacer, Ahmed Zefzafi, instituteur de son état, était un militant de la première heure de l'Union nationale des forces populaires (UNFP) puis de l'Union socialiste des forces populaires (USFP) alors que lui-même a adhéré au mouvement du 20 février 2011. Ceci pour dire que Nacer Zefzafi, qui a de qui tenir, en faux, n'était pas complètement étranger à la chose politique.
Une région ravagée
Du coup, on en est encore à se demander dans quelle référence s'inscrit le mouvement et l'activisme intra-muros de Zefzafi? À l'évidence, il n'y en a point. Le troisième anniversaire de la mort de Mohcine Fikri, le 26 octobre 2016, dont on veut ainsi honorer la mémoire, est-il réellement honorable? Voire. L'incident meurtrier de Mohcine Fikri a défié la chronique pendant des mois. Comme chacun sait, ce poissonnier pratiquait son commerce en contrebande. Normal, dira-ton, pour une région dont on a oublié de répondre à ses besoins primaires. Sauf que ce jour là, M. Fikri transportait un chargement de poissons en période de repos biologique. Il en est mort dans des conditions horribles. Il faut bien le regretter, mais de là à en faire l'emblème d'un mouvement politique, de surcroît séparatiste, c'est plutôt aller vite en besogne.
Cela démontre aussi toute la pauvreté intellectuelle de ce mouvement, dans une région ravagée par la déperdition scolaire et le chômage. Cette réalité ne dédouane guère le staff d'encadrement qui a commandité le piétinement et la mise à feu du drapeau national.


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