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Interview de Golan Avraham, grand rabbin à Al Qods
Publié dans MarocHebdo le 24 - 12 - 2020

Natif d'Agadir, en 1964, Golan Avraham, a vécu au Maroc jusqu'en 2000, année où il est parti parfaire ses études supérieures dans les écoles talmudiques en France et aller s'installer en Israël. Grand rabbin, il a sous sa responsabilité 120 synagogues de Kiryat Gat, relevant de la ville d'Al Qods. Il se dit toujours attaché à ses origines marocaines et fier de porter en lui la culture de sa terre natale.
En tant que juif d'origine marocaine, comment avez-vous perçu l'annonce de la reprise des relations entre le Maroc et Israël?
Difficile, voire impossible de vous décrire la joie que j'ai ressentie, ce jeudi 10 décembre 2020. Une joie immense. Non seulement pour moi, mais pour tous les juifs marocains vivant en Israël et ailleurs. Nous remercions comme il se doit S.M. le Roi Sidi Mohammed VI, qui en tant que grand homme de paix, a pris cette décision d'ouvrir une représentation diplomatique du Royaume chérifien à Tel Aviv. Coïncidence heureuse: ce jeudi 10 décembre, le premier jour des fêtes de Hanouka, le jour où on allume les bougies…
Les juifs marocains en particulier aiment la fête, et depuis le 10 décembre jusqu'à cet instant où je vous parle (mercredi 16 décembre dans la soirée), les fêtes se poursuivent avec toujours la même joie et la même fierté d'être juifs originaires du Maroc et ce n'est pas prêt de se terminer. Avec la situation actuelle marquée par la crise du Covid-19, la reprise des relations entre nos deux pays est une aubaine pour nous.Un véritable bol d'oxygène. D'autres pays arabes avaient repris leurs relations avec Israël avant le Maroc, tout le monde considère ici que la décision de S.M. le Roi reste la plus importante dans le sens qu'elle conribuera à coup sûr, à relancer le processus de paix dans la région du Moyen Orient.
Pourquoi la décision du Maroc est si importante?
Je vais vous répondre d'abord en vous relatant ce que j'ai constaté sur le terrain le jour de l'annonce de la décision marocaine. Jeudi 10 décembre, j'étais à Abou Dhabi, la capitale des Emirats arabes unis où j'ai passé une semaine. Il faut dire qu'à notre arrivée, nous avons été bien reçus, les autorités de ce pays et la population étaient aux petits soins avec nous… Mais à partir de jeudi 10 décembre, c'était encore plus surtout quand des Emiratis ont su que parmi la délégation qui était de ce voyage, il y a des Israéliens d'origine marocaine… J'étais choyé comme pas possible en tant que grand rabbin marocain d'origine.
De retour à Al Qods, j'ai pu constater ce que je devinais depuis toujours: la place du Maroc est à part aussi bien pour les Israéliens d'origine marocaine que les autres. Pour nous, le Maroc reste une terre sacrée pour les juifs. C'est pour cela que la décision marocaine est importante, un événement historique. Dois-je vous rappeler qu'aucun autre pays au monde n'a fait ce qu'a fait le Maroc pour la protection de juifs pendant deux millénaires? Le sultan Sidi Mohammed V n'est-il pas un Juste?
Certains milieux considèrent que le Maroc a pris une mauvaise décision en rétablissant les liens avec Israël, voire même que c'est une trahison des Palestiniens…
Chacun est libre de dire ce qu'il veut. Pour moi et pour tous les juifs d'origine marocaine, S.M. le Roi est une personne sacrée, tout comme toute la dynastie alaouite, je ne peux donc que saluer la décision de mon Roi et agir en conséquence. Sidi Mohammed a parlé au chef de l'Autorité palestinienne juste après l'entretien qu'il a eu avec le président américain… Où est la trahison? D'autant plus que dans l'entretien téléphonique avec le président américain Donald Trump, S.M. le Roi a réitéré sa position de toujours, celle de préserver le cachet de la ville sainte d'Al Qods, ville des trois religions.
D'ailleurs, dans Al Qods où les synagogues, les mosquées et les églises se côtoient, chaque citoyen peut pratiquer comme il l'entend sa religion. Le Royaume du Maroc a toujours été un pays agissant pour la paix dans plusieurs régions du monde, à plus forte raison il l'a toujours été au Moyen Orient. Personnellement, j'aspire à l'instauration d'une véritable paix là où je vis. Cela permettra aux Israéliens et aux Palestiniens de vivre tranquillement et se tourner ensemble vers l'avenir.
En tant que grand Rabbin, quelles relations avez-vous avec les dirigeants palestiniens?
En tant que religieux, je prêche la bonne parole là où je me trouve. C'est ma mission essentielle. Je gère la Sadaqa en tant que grand rabbin, et vous pouvez me croire que j'aide tous ceux qui sont dans le besoin, qu'ils soient juifs, musulmans ou chrétiens. Qu'ils soient Israéliens ou vivant dans les territoires de l'Autorité palestinienne. Avec les dirigeants palestiniens, les relations sont ordinaires. J'ai été parmi les membres d'une délégation représentant la fédération des juifs d'origine marocaine qui a rendu visite à Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, dans son quartier général, à Ramallah, et on a longuement échangé sur la nécessité d'instaurer la paix.
Il y a une photo qui a circulé sur les réseaux sociaux où l'on vous voit posant les deux mains sur la tête de Mahmoud Abbas…
C'était dans le cadre de cette rencontre, il sait que les juifs marocains sont pour la paix. Et moi je sais qu'il est un homme de paix. Un sage. J'ai prié pour lui. Je lui ai dit que j'espère qu'avec lui, il y aura une véritable paix entre nous tous et j'ai senti qu'il partage le même désir… La décision marocaine peut le réconforter en tant que chef de l'Autorité palestinienne.
Que peut gagner le Maroc de la décision de rétablir les relations avec Israël? La reconnaissance par les USA de la marocanité du Sahara?
Les deux sujets sont distincts. Pour moi, le Sahara est marocain depuis toujours avec ou sans normalisation avec Israël. Sur le plan bilatéral, le Maroc peut gagner beaucoup de choses. D'abord, Israël est une puissance industrielle et technologique importante à l'échelle internationale. Le Maroc peut profiter des nouveautés technologiques israéliennes dans plusieurs domaines, notamment l'agriculture et d'ailleurs des agriculteurs marocains importent depuis des années des semences, des variétés de certains fruits et légumes d'Israël et dont la culture au Maroc a bien réussi. Cela se fait à petite échelle.
Si les échanges commerciaux deviennent officiels, le Maroc bénéficiera donc à grande échelle, le Sahara marocain peut devenir une terre agricole d'une valeur ajoutée inestimable. Israël en a fait l'expérience dans d'autres régions désertiques et le résultat a été fabuleux. Autre domaine, le tourisme. Imaginez qu'entre Israël et les Emirats arabes unis, les vols aériens seront d'une centaine par mois. Avec le Maroc, vu la demande, un nombre pareil de vols, voire plus, sera bénéfique pour le Royaume… Actuellement, les préparatifs de mise sur place d'une chambre de commerce Maroc-Israël vont bon train. C'est vous dire qu'avec la paix, il n'y a que des gains.


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