Abdelaziz Bouteflika enfin convoqué par la justice    Un collectif dénonce l'intensification de la répression par "un régime algérien dans l'impasse"    OCI : Les attaques israéliennes contre les Palestiniens aggravent les risques d'instabilité dans la région    Le Groupe arabe à l'ONU loue le rôle du Comité Al Qods    L'avenir du Real Madrid    Indépendance de la justice marocaine : La lettre virulente de Tamek au professeur J. Waterbury    Participation du Maroc à la Conférence mondiale de l'UNESCO sur l'EDD    Londres se défend d'avoir tardé à agir face au variant indien    Jack Lang: Puisse l'exemple Royal entraîner d'autres pays à faire preuve de vraie solidarité    Barça : Xavi pour remplacer Ronald Koeman ?    Mohamed Salah Tamek dénonce l'ingérence de John Waterbury dans des affaires portées devant la justice marocaine    Irlande du Nord : Edwin Poots à la tête du Parti Démocratique Unioniste    Hausse de l'IPC dans les principales villes de la région    Détails de la transformation de FinanceCom en O Capital Group    Le HUSA victorieux, la RSB en chute libre    L'Atlético se rapproche du sacre, le Real garde l'espoir    Le Raja arrache le nul face à Orlando Pirates    Des cérémonies célébrant un évènement majeur    Les souks hebdomadaires en milieu rural ont besoin d'être développés    Abdellatif Hammouchi inaugure le club équestre de la Sûreté Nationale à Kénitra    Jacek Oalczak nommé PDG    Une occasion de se remémorer leurs sacrifices et leur dévouement pour la défense de la sécurité du pays et des citoyens    Le café des Oudayas fait peau neuve !    La culture hispanique vue par la bande dessinée et de l'illustration    L'Art moderne & Contemporain marocain à Paris    Abdellatif Hammouchi inaugure de nouvelles infrastructures sécuritaires    Evolution du coronavirus au Maroc : 79 nouveaux cas, 515.023 au total, lundi 17 mai 2021 à 16 heures    Décès de l'acteur marocain Hammadi Ammor, 90 ans : Un immense artiste s'en va    Assurances: les primes émises en hausse de 3,3% à fin mars (ACAPS)    Célébration du 200ème anniversaire de la Légation américaine de Tanger    Aide humanitaire aux Palestiniens: Le Maroc fidèle à ses engagements    La loi N°56.20 offrira un nouveau cadre juridique à la création de musées, avec un label officiel (FNM)    Visas Schengen: les conditions imposées par l'Espagne    Evénements de Cheikh Jarrah: Le silence complice de la communauté internationale    Abdelfattah El Belamachi: "Le Maroc donne à l'Espagne, à l'Allemagne et à l'UE plus qu'il n'en reçoit"    ONMT : 3 partenariats conclus à Dubaï    RAM: Abdelhamid Addou élu au Conseil des Gouverneurs de l'IATA    Coronavirus : Sanofi lancera fin mai la production de son vaccin    65ème anniversaire de la DGSN : Fière chandelle aux agents de la Sûreté nationale dans ce contexte de la Covid    Zidane, entraineur du Real de Madrid, en colère : « Je ne dirai jamais cela à mes joueurs ! »    Abdou Diop: « Le marché de l'audit évolue pour répondre aux besoins et attentes des clients »    Echange de données bancaires : La loi bloquée au Parlement ?    Un Technopark à Fès pour consolider l'attractivité économique de la région    Défaite de Chelsea en finale de la FA Cup : Pour Tuchel, Ziyech responsable !    Fin du rêve européen pour Selim Amallah et Mehdi Carcela    Gaza: au moins 42 Palestiniens tués dans les raids israéliens, plus lourd bilan quotidien depuis lundi (ministère)    L'acteur marocain Hammadi Ammor n'est plus    Walid Halimi rend hommage au célèbre Tony Allen    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





La diplomatie phosphatière en marche
Publié dans MarocHebdo le 08 - 04 - 2021

En moins de cinq ans, le Maroc a réussi à marquer de nombreux points auprès d'Abuja, en mettant notamment à contribution le groupe OCP.
Le président nigérian Muhammadu Buhari était bien content ce 25 mars 2021, et pour cause: ce jour-là était officiellement annoncé le lancement prochain par le groupe OCP du chantier de construction d'une nouvelle plateforme de production d'engrais dans son pays. Valeur estimée du projet: 1,3 milliard de dollars. Ce qui porte le total des investissements engagés par le géant phosphatier national au Nigéria à 3,6 milliards de dollars, étant donné qu'une première tranche de 2,3 milliards de dollars avaient été injectée à partir de novembre 2016 dans ce que l'on appelle l'Initiative présidentielle nigériane pour les engrais (PFI). Dans le détail, l'objectif est de pouvoir produire, à l'horizon 2025, 750.000 tonnes d'ammoniac et 1 million de tonnes d'engrais phosphatés par an. Pour ce faire, le groupe OCP apportera, outre l'investissement financier, dont 350 millions de dollars obtenus le 15 mars 2021 de la part de la Banque africaine d'import-export Afreximbank, le phosphate marocain, tandis que le Nigéria mettra à contribution son industrie gazière, une des plus développées au monde -dans le top 20.
Pour M. Buhari, son pays pourra de la sorte, comme il s'en était félicité dans son tweet annonçant le nouvel investissement du groupe OCP, "devenir une puissance régionale et mondiale pour les engrais". À cet égard, avait-il rappelé, la nouvelle plateforme viendra s'ajouter aux unités développées par le groupe Dangote et l'Indien Indorama Eleme Fertilizer & Chemicals et qui produisent d'ores déjà de l'urée ou encore de l'ammoniac. Lequel groupe Dangote est d'ailleurs également lié, à travers une joint-venture, au groupe OCP, puisque c'est avec lui que celui-ci travaille et qu'il bénéficie par exemple des installations dont il dispose dans la métropole de Lagos, capitale économique du Nigéria, et ce précisément au port de Lekki. Mais le groupe OCP est également gagnant, puisqu'ainsi il pourra approvisionner de plus près, et ce qui plus est avec des produits taillés sur mesure, les agriculteurs nigérians et ainsi être directement présent dans ce qui constitue le cinquième marché agricole de la planète. Une stratégie de déterritorialisation qui l'avait amené, également en 2016, à s'installer en Ethiopie, dans le cadre d'un projet qualifié de "méga" estimé au total à 3,7 milliards de dollars et qui, dès 2022, devrait lui permettre de produire quelque 2,5 millions de tonnes d'engrais par an.
Une forte symbolique
Mais il y a aussi, bien entendu, l'aspect diplomatique de la chose. À ce propos, il y a d'abord lieu de rappeler que les accords afférents aussi bien à la plateforme nigériane qu'à celle en Ethiopie avaient été signés en marge de visites du roi Mohammed VI, à un moment où le Maroc se cherchait des alliés pour son projet d'adhésion à l'Union africaine (UA) -qu'il mènera bien à bout, avec succès, fin janvier 2017. Ce qui n'est donc pas rien et recèle, au contraire, un aspect symbolique fort. Au Nigéria en particulier, la présence du groupe OCP a permis de se rapprocher davantage des autorités locales, connues notamment pour être classiquement hostiles à l'intégrité territoriale du Maroc et reconnaissant à ce titre, depuis novembre 1984, la soi-disant "République arabe sahraouie démocratique" (RASD), au nom de laquelle le mouvement séparatiste du Front Polisario revendique la partie du Sahara marocain anciennement colonisée par l'Espagne. Et, pour le moins, le succès a été au rendez-vous: on vient notamment de voir M. Buhari apporter de façon on ne peut plus officielle son appui, au cours de l'appel téléphonique qu'il a eu le 31 janvier 2021 avec le roi Mohammed VI, au gazoduc devant relier à travers pas moins de onze pays de l'Afrique de l'Ouest, à savoir le Bénin, le Togo, le Ghana, la Côte d'Ivoire, le Libéria, la Sierra Leone, la Guinée, la Guinée- Bissau, le Sénégal, la Gambie et la Mauritanie, le Nigéria et le Maroc et de là poursuivre son chemin vers l'Espagne et l'Union européenne (UE). Risque sécuritaire Ce qui revenait en même temps à enterrer le projet du Transsaharien pour lequel s'étaient entendus, début juillet 2009, Abuja avec Alger, avant qu'il ne tombe finalement à l'eau du fait du manque de sérieux de la capitale algérienne -sans parler du risque posé au plan sécuritaire, le Sud de l'Algérie étant notamment infesté, selon les différents services de renseignements, par les organisations terroristes à l'instar du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), et, de fait, le risque n'étant pas exclu que le scénario des attaques ayant touché le site gazier d'In Amenas en janvier 2013 se reproduise encore à l'avenir. Et on parle même désormais d'une remise sur la table, avec appui nigérian, de la demande d'adhésion, formulée en février 2017, du Maroc à la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Au cours d'une réunion tenue le 18 février 2021 à Accra, capitale du Ghana, la diplomatie nigériane s'y était en tout cas dite ouverte, sachant bien que c'est notamment le lobbying de l'Association consultative des employeurs du Nigéria (NECA), principale organisation patronale nigériane, qui fait que le dossier est autant resté dans les tiroirs. En ce qui concerne la question du Sahara marocain, un retrait de la reconnaissance par le Nigéria de la soi-disant "RASD" ne semble pas vraiment pour l'heure dans le pipe, mais en même temps le pays ouest-africain n'apporte plus du tout son soutien à l'entité séparatiste comme il y a quelques années. Eloquemment, M. Buhari avait, dans ce sens, refusé d'aborder, fin novembre 2020 à Abuja, le sujet avec le ministre des Affaires étrangères algérien, Sabri Boukadoum, dont c'était pourtant le motif principal de son déplacement dans la capitale nigériane. Un communiqué s'était par la suite contenté de parler de "satisfaction quant à la convergence de leurs vues sur les principales questions régionales et internationales d'intérêt commun", mais sans plus. À mettre donc aussi bien au crédit de la diplomatie marocaine qu'à celui du groupe OCP.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.