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Cherkaoui Habboub: "Les terroristes d'Oujda projetaient de s'attaquer à des casernes et des postes de police"
Publié dans MarocHebdo le 22 - 04 - 2021

Si le démantèlement de la cellule terroriste d'Oujda, ralliée à Daech, a été opéré sur la base de renseignements des services américains, la Direction générale de la surveillance du territoire et le Bureau central des investigations judiciaires qui lui est rattaché ont permis à plusieurs pays européens, africains et aux Etats-Unis d'éviter des bains de sang en les aidant à avorter des attentats terroristes imminents.
Le cas très récent de l'attentat déjoué au sud de la France, à Béziers plus précisément, a capté les attentions quant à l'apport de la DGST. Pouvez-vous nous parler de cette coopération qui a permis d'éviter à la France un bain de sang?
La DGST a transmis, le 1er avril 2021, aux services de renseignement français, extérieurs et intérieurs (la DGSE et la DGSI), des renseignements sur des données personnelles sur la suspecte principale et ses données d'identité électronique ainsi que sur le projet terroriste qu'elle s'apprêtait à exécuter en coordination avec des éléments de l'organisation terroriste Daech.
C'est une citoyenne française d'origine marocaine qui préparait une opération terroriste imminente dans une église, le jour de Pâques. Les autorités françaises ont été informées en temps utile que la suspecte était en phase finale de l'exécution de son projet terroriste suicidaire à l'intérieur du lieu de culte en plus de cibler les fidèles avec une grande épée pour les tuer et les mutiler. La DGST a également mis à la disposition des autorités françaises des informations sur le niveau d'extrémisme de la mise en cause, notamment son intention imminente de commettre des actes de meurtre et de décapitation en s'inspirant des vidéos et les contenus publiés par Daech sur Internet.
Sur la base de ces renseignements, les autorités françaises ont procédé, les 3 et 4 avril 2021, à des opérations d'interpellation et de saisie ayant permis de neutraliser les risques de ce projet terroriste. Cette coopération a permis d'éviter à la France un bain de sang.
On aimerait bien comprendre comment nos services de renseignement ont pu aider, par exemple, plusieurs pays européens mais aussi les Etats-Unis à avorter des attentats terroristes imminents…
En général, quand un attentat est perpétré dans un pays donné par une personne d'origine marocaine, nos services de renseignement engagent une enquête parallèle, de manière systématique, en vue de collecter tous les renseignements concernant cette personne et ses contacts. Quand ils parviennent à en tirer un renseignement qui peut servir à faire avorter un attentat ou une tentative d'attentat à l'étranger, ils le font parvenir en temps réel aux services du pays concerné. C'est ce qui a permis de faire échouer des attentats en France, en Belgique, en Allemagne…
Dans le cas de la France, les renseignements fournis ont permis de neutraliser le Maroco-belge Abdelhamid Abaaoud, qui a perpétré les actes terroristes du Bataclan le 13 novembre 2015. Après ces actes, et à l'issue des renseignements fournis par la DGST à son homologue française, Abaaoud et sa cousine Hasna Aitboulahcen ont été localisés à Saint-Denis. Il a été neutralisé puis abattu. Venons-en aux attentats des 17 et 18 août 2017, survenus à La Rambla, à Barcelone, en Espa gne, et qui ont fait 16 morts et 100 blessés. Au même moment où les services de sécurité de ce pays enquêtaient, et dans le cadre de la coopération, le BCIJ a engagé avec ces services une enquête parallèle au Maroc en vue de collecter tous les renseignements et cela a pu prouver qu'aucun Marocain n'a un lien direct ou indirect avec cet acte terroriste.
L'engagement du Maroc dans la coopération internationale en matière de lutte contre le terrorisme et le crime transfrontalier fait du Royaume un partenaire crucial dans ce domaine. Il lui vaut la reconnaissance mondiale, comme en témoignent les récentes félicitations (février 2021) de la part des agences sécuritaires américaines (FBI et CIA) suite à une précieuse contribution de la DGST et à ses renseignements en juin 2020 qui ont permis à l'armée américaine, en collaboration avec le FBI et la CIA, de neutraliser en octobre de la même année le soldat américain radicalisé Cole Jamed Bridge avant qu'il ne commette son projet sanguinaire contre le mémorial du 11-Septembre de Manhattan, à New York.
Dans le même cadre de l'échange de renseignement avec les Etats-Unis, le Royaume a tiré profit de renseignements précis fournis par les services d'intelligence américains sur la base desquels le BCIJ a procédé, le 25 mars 2021, au démantèlement de la cellule terroriste d'Oujda. Si on veut lutter contre le terrorisme, efficacement, à l'échelle internationale, il faut un échange et un partage de renseignements.
Le Maroc a indéniablement une grande expérience en matière de renseignement et de lutte contre le terrorisme, l'extrémisme violent et le crime organisé; expérience fortement sollicitée par des pays étrangers. Comment s'opère cette coopération?
La DGST accorde une importance primordiale à la coopération internationale. Il existe une collaboration étroite entre nos services de renseignements, qui ont cumulé une grande expérience, un savoir-faire et un savoir-agir, et leurs homologues à l'étranger. Il y a un échange de renseignements avec tous les pays amis, africains, arabes, occidentaux... Le Maroc est d'ailleurs cité en exemple par rapport au résultat de cette coopération.
Cette coopération internationale remonte à plusieurs années. La DGST a fourni en 2001 des renseignements précis aux services américains sur la localisation du camp d'entrainement d'Al Qaida baptisé «Khaldan, à Kaboul, en Afghanistan, c'est ce qui a permis à la Coalition de le détruire. Aussi, même avant la création du BCIJ, nous avons démantelé, depuis 2002, 210 cellules terroristes, dont 88 ralliées à Daech. Les renseignements fournis suite au démantèlement du Groupe islamique des combattants marocains (GICM) a permis aux services de sécurité de l'Espagne, de la France et de la Belgique de mettre hors d'état de nuire les membres de cellules ralliées au GICM après leur retour d'Afghanistan dans leur pays d'origine, de 2001 à 2004.
Puis, en 2006, les renseignements fournis par la DGST aux servies français et italiens à la suite du démantèlement d'une cellule dirigée par Mohamed Ben Haddi Msahel, ont permis d'avorter des attentats terroristes en France et en Italie et qui visaient l'ancien siège de la DST française, le métro de Milan et l'église San Petronio, à Bologne. C'est dire l'efficacité de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) dans la neutralisation des cellules terroristes, ce qui a permis ainsi la création du Bureau central des investigations judiciaires (BCIJ) et a poussé le législateur à donner la qualité d'officier judiciaire à ses éléments. Par ailleurs, le BCIJ et les services sécuritaires espagnols ont mené une dizaine d'opérations conjointes et simultanées de démantèlement de cellules terroristes.
L'affaire du démantèlement de la cellule terroriste d'Oujda, le 25 mars 2021, a remis au goût du jour la menace terroriste persistante qui pèse sur le Royaume. Quelles autres révélations pouvez-vous nous dire à propos de cette cellule et de ses projections criminelles?
Dans le cadre des efforts inlassables visant à neutraliser la menace terroriste et à préserver le Royaume contre les plans destructeurs sur lesquels misent les organisations terroristes, le BCIJ, qui relève de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), a réussi, sur la base de renseignements précis, à démanteler, depuis sa création en mars 2015 jusqu'à nos jours, 83 cellules terroristes, dont 77 acquises à l'Etat islamique ou à Daech et 6 cellules de l'organisation «Al Faye Wa Al Istihlal», qui légitimisent des activités illicites pour financer des actes terroristes.
Et c'est dans ce cadre que le démantèlement de la cellule d'Oujda, acquise à Daech, a eu lieu le 25 mars 2021. Cette cellule est composée de quatre personnes âgées de 24 et 28 ans. L'opération a vu le jour grâce à une étroite coopération entre la DGST et les services de renseignements américains, ce qui démontre le niveau de coopération et de coordination et le partenariat avancé qui lie depuis longtemps les deux services marocain et américain dans la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme violent et qui a été renforcé après les attentats de 2001 aux Etats-Unis.
Quel est le lien de cette cellule avec Daech?
Les membres de cette cellule ont prêté allégeance au pseudo Khalife de la nébuleuse de la branche de Daech dans la zone sahélienne. Ils se concertaient avec lui au début pour rejoindre le Sahel et les camps de Daech dans la zone subsaharienne. Ensuite, ce «Khalife» les a mobilisés et embrigadés pour mener d'abord des actes terroristes à l'intérieur du Royaume. Depuis 2014, le leader de Daech, Abou Bakr Al Baghdadi, tué en 2019, avait toujours donné les consignes à ses disciples de commettre des forfaits dans leurs pays d'origine. C'est ce qu'on appelle «les loups solitaires» ou une cellule dormante.
Le démantèlement de cette cellule dangereuse nous a fait éviter un bain de sang à Oujda et au Maroc. Ses membres ciblaient les sièges des services de police, une église, des mausolées… Ils comptaient attaquer à l'aide d'armes blanches des éléments de la police et de la Gendarmerie royale, qu'ils considèrent des «athées» en vue de les délester de leurs armes de fonction dans le but de les utiliser dans leurs projets malveillants, mais également les personnes s'adonnant à la sorcellerie et des touristes étrangers.
Ils avaient projeté à long terme de libérer les détenus terroristes dans la prison de Salé 2. Aussi, pour financer leurs projets terroristes, ils avaient également projeté de braquer les fourgons de transport des fonds des banques. En riposte à la reconnaissance de la marocanité du Sahara par les Etats-Unis, ils avaient, en outre, anticipé d'attaquer une base militaire américaine qui n'existe pas mais qui, dans leur imagination, va voir le jour à Oujda.
Cette cellule visait aussi à créer une tension entre le Maroc et l'Algérie. Dans quelle mesure cela est-il vrai?
Le chef de file de cette cellule terroriste avait cherché sur Google les positions de surveillance d'un point de contrôle relevant des Forces armées royales (FAR). L'objectif étant de s'attaquer aux soldats marocains au niveau du poste frontalier et subtiliser leurs armes pour les utiliser ensuite contre les soldats algériens dans le but de provoquer un climat de tension entre le Maroc et l'Algérie, dans la perspective de commettre des actes terroristes concomitants, profitant du chaos qui allait s'en suivre.
Il était chargé de confectionner des explosifs après avoir compilé sur internet plusieurs documents sur la méthode et les composants nécessaires, sans oublier de coordonner son action avec un opérationnel de Daech, qui devait, lui, assurer le soutien et l'appui financier et logistique nécessaires. Les opérations de neutralisation puis des perquisitions simultanées des membres de la cellule, particulièrement dans le domicile du chef de file, dans quatre quartiers de la ville d'Oujda, en l'occurrence le lotissement Salama (route de Taza), le lotissement place route Sidi Yahya, Hay Al Ouafa route Ain Mathar et Hay Ould Chrif, ont permis la saisie d'une somme importante d'argent en euros, de quatre passeports soigneusement cachés, ce qui montre qu'ils se préparaient à toute éventualité, ainsi que des armes blanches, devenues un outil fatal dans l'exécution d'actes terroristes dits à moindre coût.
Quel est le profil des membres de cette cellule?
Le chef de file est un marchand ambulant. Il est marié. Les autres exerçaient des petits métiers informels. Ils sont tous célibataires. Leur niveau d'instruction est élémentaire. Ils n'ont pas dépassé le primaire.
Est-ce la première cellule démantelée en 2021?
Oui, en effet, c'est la première cellule terroriste démantelée en 2021. J'aimerais vous faire part d'un constat. Nous avons réussi à démanteler 21 cellules en 2015, 19 en 2016, 9 en 2017, 11 en 2018, 14 en 2019 puis 8 en 2020. C'est dire que la menace terroriste est persistante et lancinante. Si le nombre de cellules démantelées diminue, c'est grâce à la stratégie nationale initiée par S.M. le Roi Mohammed VI depuis 2003 dont les axes se basent sur l'anticipation et la prévention. Cette stratégie ne comporte pas uniquement l'action sécuritaire. C'est une approche globale qui comprend d'autres volets, dont celui législatif, celui de la mise à niveau du champ religieux, de la lutte contre la précarité…
Comment expliquer que le Maroc soit une cible privilégiée de la nébuleuse terroriste?
Le Maroc est devenu une cible de l'internationale combattante depuis qu'il s'est inscrit dans la coalition internationale de lutte contre le terrorisme et le crime transfrontalier. Dans la région du Sahel, on trouve l'organisation de l'Etat islamique dans le Grand Sahara, dirigé par Adnane Abou Lwalid Sahraoui, qui est membre du Polisario et qui a commis plusieurs forfaits depuis 2015 au Niger, au Burkina Faso et au Mali. Il y a aussi dans le Sahel le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jamat nusrat al-islam wal-muslimin, JNIM)… Il y a plusieurs organisations qui veulent installer le Khalifat islamique dans la région. C'est dire que l'idéologie terroriste ne meurt pas. D'ailleurs, la situation qui prévaut au Sahel incite à une collaboration étroite entre tous les pays de la région. Malheureusement, sur le plan sécuritaire, l'Algérie ne coopère pas. Et cela constitue un danger pour toute la région car le terrorisme est l'ennemi de tous.
Certains pensent qu'à cause de la pandémie du Covid-19, la menace terroriste a diminué, s'appuyant sur la baisse du nombre des cellules démantelées. Qu'en dites-vous?
Bien au contraire, la menace terroriste n'a jamais fléchi. Les pensées et les idéologies de Daech et d'Al Qaida ne meurent pas, même après la mort de leurs leaders. Daech est l'organisation la plus présente et la plus active actuellement. AQMI s'active dans le sud de l'Algérie et dans le Sahel. Toutes les organisations terroristes ont le même objectif. Sauf que Daech a pu à travers ses méthodes de recrutement, d'embrigadement et de séduction, gagner plus de terrain et conquérir le plus grand nombre de personnes radicalisées. Daech est apparu depuis 2014 comme une nébuleuse terroriste dangereuse. Après la proclamation de l'Etat islamique par Al Baghdadi, la stratégie de Daech a changé.
Sa machine de propagande est devenue efficace pour embrigader des jeunes, âgés à 80% d'entre eux de 18 à 40 ans. Daech leur fait accroire qu'ils sont des damnés dans leurs pays d'origine et les séduit en leur promettant une villa, le mariage, un revenu mensuel attrayant et en leur miroitant le paradis en cas de décès tout en interprétant à sa guise les versets coraniques. Daech vise des profils bien déterminés, notamment des jeunes dont le niveau d'instruction est bas. Il s'est aussi attelé à redorer son image sur internet en employant des techniciens spécialisés dans l'image et la photo. Internet et le cyberterrorisme est un grand défi sécuritaire. Mais la DGST et ses moyens et capacités font face au développement du cyberterrorisme.
La cellule de Tétouan démantelée fin 2020 est-elle aussi dangereuse que celle d'Oujda?
Parmi les 8 cellules terroristes démantelées l'année dernière, il y avait celle de Tétouan, qui était très dangereuse. Son démantèlement le 4 décembre 2020 a été opéré sur la base de renseignements fournis par la DGST. Cette cellule, qui a prêté allégeance à Daech, était composée de trois membres (un boucher, un plombier et un marchand ambulant) dont l'âge varie entre 21 et 38 ans. Leur niveau scolaire est élémentaire et collégien.
La cellule a planifié de perpétrer des attentats terroristes visant plusieurs installations et sites sensibles comme le Parlement et les sièges des services de police dans le but de déstabiliser la sécurité du pays au service de l'agenda de Daech. Ils projetaient de s'attaquer à une délégation diplomatique française et à des enseignes commerciales françaises et à des lieux publics (night clubs…) à l'aide d'explosifs et de liquider des éléments de police et des auxiliaires d'autorité (moqqadems).
Les perquisitions ont permis de saisir un étendard de l'organisation terroriste de l'Etat islamique (Daech), des armes blanches, des sacs contenant des poudres (soufre, phosphore…) et des bouteilles contenant des liquides qui rentrent dans la confection d'explosifs, des clous et des billes métalliques pour faire plus de dégâts lors des explosions, des batteries et fils électriques, en sus d'un ouvrage intitulé «Al Oumda fi Iadad Al ouda», une référence pour les aider à se préparer psychologiquement aux attentats, et un manuscrit d'allégeance à Daech…
Comment l'équipe d'intervention du BCIJ fait pour éviter des dommages collatéraux avec la présence d'objets aussi dangereux?
L'intervention du BCIJ dans toutes les opérations est précédée de dispositifs sécuritaires nécessaires pour réussir la neutralisation des assaillants sans incident aucun pour éviter tout acte de nature à provoquer un danger soit sur le voisinage, les groupes d'intervention ou les personnes objets de l'enquête, tout en procédant au préalable à l'évacuation des lieux d'intervention.


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