Service militaire 2022: Début au 7e CFA de la Marine Royale de l'opération de sélection et d'incorporation des appelés    Espagne : Une vice-présidente de la Chambre basse du Parlement sur la liste des invités du Polisario    Botola Pro D1 / DHJ-IRT (2-2) : La perte des points à domicile continue pour les Jdidis !    Ibenge : « Le football, c'est la tête avant les jambes »    Maroc: le déficit budgétaire à fin avril 2022    Rabat: Akhannouch s'entretient avec la PDG d'Oracle Corporation    Tourisme: le Maroc sort la tête de l'eau    Délais de paiement, nouvelles nominations... Au menu du prochain Conseil de gouvernement    France: Élisabeth Borne officiellement nommée première ministre    Il y a 19 ans, des attentats terroristes frappaient Casablanca (VIDEO)    On en sait plus sur la réouverture imminente du point de passage Bab Sebta    Benkirane traite le président de la 1ère Chambre d'« âne » (VIDEO)    Ligue des champions: Al Ahly se « résigne » à jouer la finale à Casablanca    Maroc/Covid-19: le bilan de ce lundi 16 mai    Météo Maroc: temps chaud sur l'extrême Sud ce mardi 17 mai    La lettre d'orientation d'Abdellatif Hammouchi pour le 66e anniversaire de la DGSN    France: fin du masque dans les transports en commun    Casablanca : Débat autour de la musique andalouse    Botola: l'Union Touarga promu en première division !    « Les infirmières et infirmiers ont toujours été au cœur des réformes de notre système de santé »    Une délégation marocaine s'entretient avec le président de la Chambre des députés de la République Dominicaine    «Dialogue joyeux avec un mort»    «La rencontre», nouveau roman de Mamoun Lahbabi    Mehdi Qotbi : « une ode à l'histoire commune entre le Maroc et l'Espagne »    Photos. De nouvelles structures de police à Marrakech et à Al Hoceima    Calendrier chargé pour les Lions de l'Atlas au mois de juin    Noussair Mazraoui témoigne sa reconnaissance à Labyad et Ziyech    Ligue1: Mbappé, meilleur joueur de la saison pour la 3è fois consécutive    Justice pénale : Le Maroc élu 1er vice-président de la 31è session de la CCPCJ    Kamala Harris conduit une délégation de haut niveau aux Emirats arabes unis    Promotion de l'allaitement maternel : Campagne nationale du 14 mai au 14 juin 2022    Le Mali se retire de l'organisation régionale G5 Sahel    Pétrole : L'Arabie saoudite portera sa production à 13,4 millions de barils    Législatives libanaises : Le tandem chiite préserve ses sièges    Renault vend ses actifs en Russie à l'Etat russe    Tout savoir sur les prévisions de la campagne 2021-2022    Rapport CNDH : 3.018 plaintes traitées en 2021    Maroc: Les transferts d'argent ont bondi de 40% en 2021    Aérien : l'ONDA table sur un taux de récupération de 75%    Alfa Romeo Tonale. Objectif reconquête pour la marque italienne    Russie-OTAN : L'adhésion de la Finlande et de la Suède « va changer le monde »    «Green Card» à l'assaut des salles obscures dès le 18 mai    Fondation Ali Zaoua, 13 ans déjà !    Rabat rend hommage à feue Haja Hamdaouia    Températures prévues pour mardi 17 mai 2022    Souveraineté sanitaire : Comment le Maroc se prépare à la période Post-pandémie    Nayef Aguerd ne remporte pas le prix Marc-Vivien Foé    Rabat, l'Afrique au cœur et scène culturelle mondiale    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



L'Espagne pactise avec le diable
Publié dans MarocHebdo le 03 - 06 - 2021

Le contrat du gazoduc Maghreb-Europe, qui transite par le Maroc, prendra fin dans cinq mois. Sera-t-il renouvelé ou pas? Une question qui taraude l'Espagne. Le voisin ibérique a dîné avec le diable pour assurer un approvisionnement régulier et à un prix stable du gaz algérien.
Le double langage de la ministre espagnole des Affaires étrangères, Arancha Sanchez Laya, au sujet de l'affaire d'accueil et d'hospitalisation du chef des séparatistes, Brahim Ghali, muni d'un faux passeport algérien, renseigne sur la politique étrangère de Madrid, marquée par la cupidité et faisant fi des règles du bon voisinage et du partenariat. Car si le voisin ibérique a agi en complice d'un crime avéré, protégeant un criminel recherché par la justice espagnole, c'est pour tirer grand profit d'un accord avec la junte militaire algérienne, qui lui a promis un approvisionnement en gaz à un prix qui n'obéit pas aux fluctuations du prix du brent.
«L'Espagne a pris ses dispositions afin d'éviter toute rupture en gaz naturel fourni par l'Algérie en cas de non-renouvellement du contrat en novembre 2021 entre ce pays et le Maroc pour l'exploitation du gazoduc Maghreb-Europe», indique une source à El Confidencial Digital. Long de 1.300 km (tronçon algérien 520 km, tronçon marocain 540 km, tronçon maritime 45 km et tronçon espagnol 270 km), ce gazoduc, exploité depuis 25 ans à partir de Hassi R'mel, permet d'approvisionner en gaz l'Espagne et le Portugal via le Maroc.
«L'Espagne a réussi à régler avec l'Algérie un éventuel problème d'approvisionnement, en cas d'escalade de représailles à l'encontre de l'Algérie par le Maroc», assure la même source, qui indique que l'alternative trouvée consistera à augmenter le volume des importations du gaz via le gazoduc Medgaz, appartenant à Sonatrach (51%) et la compagnie espagnole de distribution et commercialisation de l'électricité et du gaz, Naturgy (49%), qui relie Béni Saf au port d'Almeria, en Andalousie, et qui exporte 60% du gaz destiné au marché espagnol. Ainsi, l'Algérie conservera sa place de principal fournisseur de gaz de l'Espagne, parce qu'elle «dispose de deux gazoducs reliant les deux pays, ce qui rend le transport beaucoup moins cher», explique El Confidencial.
Information stratégique
Le seul hic, Medgaz ne peut pas transporter la totalité du gaz dont l'Espagne et une partie de l'Europe ont besoin. Et puis un autre obstacle se dresse devant l'Espagne, qui craint une flambée des prix comme ce fut le cas en hiver dernier quand la Sonatrach ne s'est pas souciée de son partenaire espagnol et a augmenté le prix en justifiant sa décision par la forte demande chinoise et japonaise, qui subissaient une importante vague de froid. Les rumeurs du non-renouvellement du contrat Maghreb-Europe, colportées également par une certaine presse algérienne à la solde des militaires, ne sont pas fondées. L'Espagne et l'Algérie veulent tout bonnement faire pression sur le Maroc pour accepter de nouvelles conditions sur la durée et les redevances.
Pour le média algérien L'Expression, le contrat d'exploitation du gazoduc, qui expire en novembre 2021, après un quart de siècle d'exploitation, ne sera pas renouvelé par Alger. Grâce à l'extension de Medgaz, «l'Algérie, tout en anticipant tout conflit d'intérêts avec le Maroc, pourra utiliser Medgaz pour transporter la totalité des 10 milliards de mètres cubes de gaz qu'elle a contractés avec l'Espagne sans avoir à passer par le Maroc», souligne le média. Si elle est vraie, cette information stratégique n'aurait pas été fuitée par un média connu pour être financé par les locataires d'El Moradia. Reste à savoir si le Maroc sera affecté par une éventuelle non-reconduction.
La plus importante redevance est celle de l'année 2014, lors de la flambée des cours du pétrole. Elle a atteint 2,4 milliards de dirhams alors qu'elle a dégringolé pour atteindre moins de 500 millions de dirhams en 2020 à l'aune de la chute du cours de l'or noir, de la baisse de la demande de gaz à cause de la pandémie et de la chute des exportations algériennes en gaz vers le marché espagnol à cause de la concurrence américaine.
Projet d'envergure continentale
Il y aura donc des pertes (1 à 2 milliards de dirhams par an) mais pas au point de tenir en otage toute l'économie. Tout en misant sur les énergies renouvelables, le Maroc a déjà mis en place un plan national du gaz naturel liquéfié reposant sur trois piliers: la construction d'un terminal GNL (stockage et regazéification), la transformation du gaz en électricité (Gas to power) et l'approvisionnement gazier de l'industrie (Gas to industry). En sus de cela, si l'Algérie et l'Europe ne renouvellent pas le contrat Maghreb-Europe, le Maroc se déclarera propriétaire du gazoduc et pourra l'utiliser pour importer du gaz d'Europe.
Mais ce que les Algériens craignent le plus, c'est que le tronçon marocain devienne un jalon du futur gazoduc Nigéria-Maroc-Europe. En effet, le Maroc a misé sur ce projet d'envergure continentale. Le gazoduc maroco-nigérian garantit les avantages économiques et de développement de 12 pays d'Afrique et sert largement les objectifs de développement du continent africain occidental, ce qui est dans l'intérêt des Européens, notamment en ce qui concerne la question de l'immigration clandestine.
L'Algérie était en concurrence avec le Maroc pour remporter le projet de gazoduc nigérian vers l'Europe. Cette question a été tranchée par la Cédéao, le 10 décembre 2020, en optant pour le gazoduc Nigeria-Maroc et en appelant à une synergie entre sa commission chargée du projet d'extension du réseau de gazoduc de l'Afrique de l'Ouest (Wagpep), et les promoteurs du projet de gazoduc Nigeria- Maroc, à savoir la Nigerian national petroleum corporation (Nnpc) et l'Office national des hydrocarbures et des mines du Maroc (Onhym).
Ce choix est justifié, selon la Cédéao, par le fait que le tracé du gazoduc Nigeria- Maroc et celui du Projet Wagpep «concourent à des objectifs communs qui sont la valorisation des ressources gazières de la région et l'approvisionnement des pays en énergie propres y compris les Etats membres de la Cédéao».


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.