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Gilets jaunes contre conducteurs: Le bras-de-fer s'intensifie
Publié dans MarocHebdo le 27 - 10 - 2021

Née sur les réseaux sociaux, la campagne contre les gardiens de voiture s'organise dans une association pour mener le combat plus loin. Alors que le flou légal continue à persister autour du sujet, le bras de fers entre "gilets jaunes" et conducteurs qui refusent de payer est bien parti pour durer.
"Revenez un peu plus un arrière … tournez le volant légèrement à gauche... c'est bon vous y êtes!" Avec sa casquette rouge pour se protéger des longues journées ensoleillées, son sifflet autour du cou, et surtout son gilet jaune qui lui fait office de "tenue" de travail, Moussa propose son aide à un conducteur qui essaie de garer sa voiture au abords du très actif boulevard Bordeaux dans le centreville de Casablanca. Mais détrompez-vous, il ne s'agit pas là d'un coup de main gratuit. Car Moussa est gardien de voiture.
Seulement, cette fois, le dénouement de la scène à laquelle nous assistons ne plaira pas à l'homme au gilet jaune. La chauffeur ne lui versera pas les cinq dirhams qu'il est habitué à percevoir de la part des conducteurs qui stationnent ici. "C'était pas comme ça avant. Depuis quelques mois, des conducteurs comme lui, j'en croise de plus en plus", nous lance Moussa d'un ton aussi déçu que furieux.
Ras-le-bol et prise de conscience
Derrière ce changement d'attitude, une campagne lancée sur les réseaux sous le nom "Tous contre les gilets jaunes". Son premier objectif: ne plus se limiter à dénoncer les tarifs «exorbitants » imposés par certains gardiens, pouvant atteindre les 20 dirhams dans certaines zones, mais encourager les conducteurs à ne rien payer pour de stationnement sur la voie publique. "On n'a pas à payer ces gens-là, car les boulevards, rues et autres sont des biens publics. Je paie déjà d'autres taxes pour circuler. On veut mettre un terme à ce chantage et à ce désordre qui n'ont que longtemps duré", nous lance un des initiateurs de la campagne, qui se targue actuellement de plus de 250.000 membres au sein de son groupe sur le réseau social Facebook.
"Il n'ont qu'à trouver un vrai boulot. Il se font beaucoup d'argent sans aucune valeur ajoutée. En vrai, si vous calculez le nombre de voitures par jour, ils se font plus d'argent que nous simples salariés", assène un autre membre. Sur le groupe, des milliers de personnes racontent chaque jour leurs aventures, et souvent leurs mésaventures, avec ces gardiens de voitures qui pullulent même dans les plus petites ruelles. Et pour se protéger, ils sont de plus en plus nombreux à équiper leurs véhicules de caméra pour enregistrer leurs échanges avec les gardiens. Des échanges qui finissent parfois au commissariat, voire en poursuite judiciaires. En juillet 2021 à Fès, trois faux gardiens de voitures ont été condamnés à de la prison ferme.
La lutte s'organise
Face à cette situation, des conducteurs ont décidé de passer à la vitesse supérieure en créant, début octobre 2021, l'Association nationale pour la défense des biens publics. L'organisation aura trois objectifs, nous expliquent ses fondateurs. "En plus de sensibiliser les citoyens et de leur indiquer les mesures qu'il faut suivre en cas de conflit avec un gardien, ce cadre associatif nous permettra de contacter officiellement le ministère de l'Intérieur, les élus et d'autres organisations de la société civile", nous explique Abdelali Soulali, président de l'association et professeur de l'enseignement supérieur. Mais le troisième objectif de l'association, à savoir se porter partie civile dans les procès opposant les conducteurs aux gardiens et aux sociétés de stationnement, devra encore attendre car cela nécessite des moyens financiers très importants, poursuit M. Soulali.
De l'autre côté, plusieurs patrons de sociétés de gardiennage de voitures sont montés au créneau pour défendre ce qu'ils considèrent comme une activité parfaitement légale. Documents à l'appui, ils considèrent qu'ils respectent les conditions imposées par les communes et regrettent la campagne actuelle qui leur a fait subir des pertes considérables.
L'affaire est même parvenue au Parlement, où le ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur avait expliqué que l'exploitation du service du stationnement des véhicules entre dans le cadre de "l'occupation temporaire du domaine public régie par un ensemble de textes législatifs et réglementaires". Et d'ajouter que la loi organique nº113-14 relative aux communes octroie aux autorités locales et aux conseils locaux et à leurs présidents, "chacun en ce qui le concerne, des compétences d'organisation et de contrôle du volet de l'occupation temporaire du domaine public de manière générale".
Il a également rappelé que l'organisation et la gestion des services des véhicules sur les voies et places publiques relèvent des attributions des présidents des conseils communaux. Une position que Mohamed Almo, avocat au barreau de Rabat, ne partage pas du tout. Pour lui, les communes n'ont pas le droit de céder la voie publique à des particuliers, et encore moins de faire payer de l'argent aux citoyens pour y stationner leurs véhicules. "Seul le législateur, à savoir le Parlement, a le droit de créer des nouvelles charges sur les individus. Les maires n'ont pas cette compétence. Ils font une interprétation tordue de l'article 94 de la loi relative aux communes".
Me. Almo évoque également dans ce sens l'article 243 du Code pénal, selon lequel "est coupable de concussion et puni d'un emprisonnement de deux à cinq ans et d'une amende de 5.000 à 100.000 dirhams tout magistrat ou fonctionnaire public qui sollicite, reçoit, exige ou ordonne de percevoir ce qu'il sait n'être pas dû, ou excéder ce qui est dû, soit à l'administration, soit aux parties pour le compte desquelles il perçoit, soit à lui-même".
Outre la légalité, ou non, de l'octroi des permis pour pratiquer le gardiennage, aussi bien à des entreprises qu'à des associations, voire à des individus, les conducteurs "anti-gilets jaunes" émettent également des doutes sur la transparence des marchés qui permettent la délivrance de ces autorisations. «Nous espérons que la loi 57-19 sur les biens immobiliers des communes, qui entrera en vigueur à partir de 2022, mettra fin à ce problème", indique Saïd Bougyoud, secrétaire générale de l'Association nationale pour la défense des biens publics.


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