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La guerre du gaz aura-t-elle lieu?
Publié dans MarocHebdo le 16 - 12 - 2021

La livraison du gaz algérien par la Sonatrach à Afriquia Gaz a soulevé beaucoup d'interrogations. Il s'agit d'un contrat qui expire le 25 décembre 2021. Sera-t-il reconduit? Difficile de l'imaginer. Toujours est-il que la question de l'approvisionnement en cette source d'énergie stratégique reste posée. Le gouvernement Akhannouch est appelé à trouver une alternative en urgence.
Dimanche 21 novembre 2021, port de Jorf Lasfar, le plus grand port minéralier de l'Afrique, situé à 17 km de la ville d'El Jadida. Un lieu hautement sécurisé qui assure la continuité de l'approvisionnement du Royaume en pétrole et en gaz, notamment. Ce jour-là, un grand navire rouge y accoste. Il s'agit du tanker Alrar, navire de la compagnie pétrolière publique algérienne Sonatrach battant pavillon libérien, venu décharger du gaz naturel liquéfié dans ce port. Le navire Alrar devait poursuivre sa mission jusqu'au 1er décembre, en amarrant au passage au terminal gazier du port de Mohammedia.
En temps normal, ce navire imposant n'aurait pas attiré autant de curiosités même s'il appartient à la Sonatrach. Sauf que, cette fois-ci, le contexte est différent. Rien ne va plus entre le Maroc et l'Algérie. Les locataires du palais d'El Moradia ont imposé à leurs entreprises publiques de rompre leurs relations avec le Maroc. Et puis, cette opération intervient quelques jours seulement après la décision du gouvernement algérien d'arrêter, en plein hiver, l'approvisionnement de l'Office marocain d'électricité et de l'eau potable (ONEE) en gaz naturel via le gazoduc Maghreb-Europe et de ne pas renouveler le contrat liant Sonatrach à l'ONEE depuis 1996.
L'information a été «fuitée» le 3 décembre 2021 par l'agence de presse russe Sputnik dans un article intitulé Malgré les tensions l'Algérie livre encore du gaz à la compagnie du Premier ministre marocain. En quelques heures seulement, elle a fait le tour du monde et les choux gras des médias.
Mesures coercitives
Le choix du titre n'est pas fortuit. On comprend mieux en lisant le début de l'article. «Le client n'est autre qu'Afriquia Gaz, la société de distribution de gaz et de carburants de Aziz Akhannouch, le Premier ministre marocain», écrit le journaliste. Avant de poursuivre: «Comment expliquer cela alors qu'Alger multiplie les mesures coercitives économiques contre Rabat?». Une interrogation loin d'être anodine. La suite en témoignera. «Cette livraison, qui s'est déroulée dans un contexte marqué par de très fortes tensions entre les deux pays, peut paraître surprenante.
Depuis l'annonce de la rupture des relations avec le Maroc, le 24 août, l'Algérie a pris plusieurs mesures coercitives à caractère économique à l'encontre de son voisin, notamment la fermeture de l'espace aérien aux appareils marocains et, surtout, le refus de poursuivre les livraisons de gaz via le gazoduc Gaz Maghreb Europe», soulignait Sputnick, tout en révélant que c'est le journaliste algérien Akram Khrief qui en a fait le constat sur sa page Twitter, sur la base d'informations fournies par des sites de tracking maritime comme vesselfinder. com, conclut Sputnik.
Le site vesselfinder. com nous apprend, en effet, que le navire Alrar a accosté au port de Mohammedia du 25 au 30 novembre 2021 avant de se diriger vers Algésiras le 2 décembre puis à Arzew (Algérie) le 6 décembre. L'agence Sputnik est liée aux services de renseignement russes, le SVR, héritier du redoutable KGB de l'ère soviétique, dont la proximité avec les services algériens est un secret de polichinelle.
C'est dire que l'information diffusée par Sputnik était préméditée étant donné que la Russie demeure le principal concurrent du gaz algérien, en Europe en particulier, et avait un objectif principal: montrer qu'Alger continue d'entretenir une relation économique et commerciale spéciale avec l'entreprise appartenant au Chef de gouvernement Aziz Akhannouch.
De cette manière, elle nourrit et entretient une polémique et une incompréhension en interne. Ce qui a fini par avoir lieu puisque l'information a été largement commentée sur les réseaux sociaux avant de faire l'objet d'un débat au sein même du Parlement. Surtout que cette affaire a coïncidé avec une autre dans laquelle le nom de la société Afriquia Gaz est cité. Le 29 juillet 2021, Afriquia Gaz a signé avec la société britannique Sound Energy, spécialisée dans la prospection et la production gazière, un accord portant sur l'achat de parts du capital de l'entreprise anglaise à hauteur de 2,8 millions de dollars, en contrepartie de la vente et de la distribution, durant dix ans, de la production du gaz à partir du bassin de Tendrara, à Figuif, à l'Est du pays. Comme par hasard, il s'agit de la même production que l'ONEE a achetée à l'avance en concluant un accord début décembre 2021 avec Sound Energy, pour une période identique. Abdellah Bouanou, député PJD, a dénoncé avec véhémence, le mardi 7 décembre 2021, ce qu'il a qualifié de «conflit d'intérêt» et souligné que Sound Energy a accepté ce changement dans son tour de table lorsque sa filiale marocaine a reçu, en 2020, des mises en demeure du fisc relatives à des redressements fiscaux pour les années 2016, 2017 et 2018.
"Conflit d'intérêt"
Une source autorisée à Afriquia Gaz a confirmé à Maroc Hebdo l'existence du contrat commercial la liant à Sonatrach et insisté sur le fait que cette relation ne date pas d'aujourd'hui et qu'elle remonte à une quarantaine d'années. Cependant, la même source précise que le contrat a été signé fin juillet 2021 et qu'il prend fin en août 2022. La date fournie par la source Afriquia Gaz est ce qui a attisé le plus la polémique sur les réseaux sociaux, où des milliers d'internautes se sont demandé comment l'Algérie, qui agitait déjà au début de l'été 2021 l'épouvantail du non-renouvellement du contrat Sonatrach-ONEE, accepte de renouveler un contrat avec une entreprise marocaine privée appartenant de surcroît au Chef du gouvernement, pour la livraison du gaz propane et butane.
Si l'on se réfère aux informations fournies par Sputnik, le contrat Sonatrach-Afriquia Gaz expire le 25 décembre 2021. A ce moment- là, difficile voire impossible, d'imaginer que le pouvoir algérien reconduira le contrat avec Afriquia Gaz, lui qui cherche coûte que coûte à mettre à genoux le Maroc.
Crise sociale algérienne
Au-delà de l'affaire Afriquia Gaz, l'intention délétère de l'establishment algérien est beaucoup plus importante à analyser. Celui-ci veut exporter au Maroc non pas du gaz mais plutôt une crise sociale et politique typiquement algérienne et, en même temps, il aspire à acculer le Royaume au mur, en l'affaiblissant économiquement à travers l'arrêt de l'approvisionnement du gaz naturel.
Le régime algérien savait que son gaz qui passait par le gazoduc Maghreb-Europe était toujours destiné à la production de l'électricité ménagère et industrielle et que le Royaume connaît une baisse de ses recettes fiscales, crise sanitaire aidant. Il savait aussi qu'en décidant de mettre à l'arrêt le GME, le Maroc serait obligé de s'en procurer en interne à un prix fort, ce qui compliquera davantage sa situation financière. Le gaz liquéfié, acheté de Sound Energy ou d'un autre fournisseur, est plus cher que le gaz sous sa forme gazeuse qui était acheminé via le gazoduc (voir l'interview de Francis Perrin dans ce numéro). Nul besoin de le rappeler, le coût de l'achat du gaz est un élément capital à prendre en considération par les temps qui courent.
D'autant plus que contrairement aux assurances des gouvernements qui se sont succédé ces dernières années, le Maroc n'était pas préparé à une telle éventualité. Les responsables n'ont jamais vu venir cette crise tout en constatant les messages d'animosité et d'hostilité récurrents du voisin de l'Est au fil de ces dernières années et des derniers mois en particulier.
A aucun moment, on n'a pensé à l'alternative. Autrement, pourquoi n'a-t-on pas relancé la construction des terminaux dédiés à la réception et au traitement du gaz naturel liquéfié, qui végète dans les tiroirs de plusieurs ministères depuis de longues années?
N'a-t-on pas vu le rapprochement des visions et les manigances entre l'Espagne de Pedro Sanchez et l'Algérie de Abdelmajid Tebboune? Pourquoi l'affaire Brahim Ghali n'a-t-elle pas servi de clignotant rouge pour nos responsables pour penser à une solution en urgence à une éventuelle pénurie de gaz, voire d'électricité, ce qui menacerait véritablement la stabilité sociale du pays?
Proximité géographique
Les responsables espagnols ont accouru tout récemment à la rencontre des généraux d'Alger afin de revenir avec la garantie qu'ils ne manqueront pas de gaz algérien, prisé pour sa qualité et sa légèreté, en plus de la proximité géographique. Rassurés, ils ont dû accepter une condition qui renseignait sur leur opportunisme: «Vous recevrez notre gaz mais ne l'exportez pas au Maroc».
Tout compte fait, le gaz a une portée non seulement économique mais aussi sociale et politique. En manquer peut pousser à l'extrême, à l'éventualité d'une aggravation du conflit maroco-algérien. Finalement, on comprend bien pourquoi le régime algérien faisait accroire pendant plusieurs semaines à l'éventualité du déclenchement d'une guerre avec le Maroc. C'est la guerre du gaz qui peut naître des conséquences fâcheuses d'une pénurie de ce combustible, vital pour toute économie et pour la logistique d'une guerre, pour notre économie en particulier, en dépit de la stratégie énergétique nationale qui favorise l'usage des énergies renouvelables (éolien et solaire, notamment) et qui ne commencera à porter véritablement ses fruits qu'à l'horizon 2030 ou 2035.
L'on comprend mieux aussi la coopération sécuritaire avec Israël et, par-delà, avec les Etats-Unis, car le Royaume cherche avant tout à dissuader ses voisins malintentionnés, au moment même où il s'évertue à nouer de nouveaux partenariats avec des fournisseurs étrangers tout en relançant la construction de terminaux gaziers dédiés au GNL. L'hostilité et la volonté d'Alger d'affaiblir économiquement le Maroc, par la pénurie du gaz notamment, fait craindre à de nombreux observateurs occidentaux une riposte marocaine.


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