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La menace des scorpions de retour
Publié dans MarocHebdo le 20 - 08 - 2017

Le nombre de piqûres augmente considérablement durant la période de l'été
L'été est synonyme de terreur pour les populations de certaines régions du Maroc. Les cas de piqûres de scorpions montent crescendo, causant parfois le décès des victimes, notamment les enfants et les personnes âgées.
La saison d'été n'est pas seulement synonyme de canicule, vacances et plages. Mais cette période connaît également une croissance extrêmement significative des cas de piqûres de scorpions au Maroc. Des cas parfois mortels, comme c'était le cas récemment dans la région de Fès, au centre du pays. Une petite fillette, âgée d'à peine six ans, a trouvé la mort, le 17 juillet 2017, dans un douar de la province de Moulay Yaacoub. Victime de piqûre de scorpion, elle a succombé au poison mortel, peu de temps à son arrivée à l'hôpital. De quoi provoquer l'ire des habitants du village, qui se sont retrouvés impuissants face à ce fléau et incapables de sauver une vie.
Et c'est loin d'être un cas isolé, puisque quelques jours avant, plusieurs personnes ont été empoisonnées par des scorpions à Settat, Meknès et dans les régions du sudest. Si la grande majorité a été sauvée grâce aux traitements par des équipes spécialisées, deux autres cas de décès ont été enregistrés. Deux enfants également.
Cette catégorie, en plus des personnes âgées, est en effet particulièrement exposée et vulnérable aux piqûres de scorpions. Notamment dans les régions du Tadla, le Souss, Errachidia, ou encore Marrakech-Safi. Cette dernière occupe d'ailleurs la première place du classement, avec 8.000 cas de piqûres de scorpions dans les provinces des Rhamna, Kelaât Sraghna, Essaouira et Chichaoua, sur un peu plus de 30.000 cas de piqûres de scorpions par an enregistrés au niveau national. Dans ces zones où plusieurs facteurs encouragent ce fléau, presque tous les foyers ont été, pour une fois au moins, victimes d'une piqûre de scorpions.
Manque de connaissance
Le climat est loin d'être le seul facteur derrière le grand nombre de cas de piqûre dans ces régions. Il faut compter également la qualité et le mode de vie des populations sur place. Les habitations dans ces régions ne sont pas assez protégées contre l'intrusion de ces créatures. Sans oublier bien évidemment l'analphabétisme et le manque de connaissance pour se prévenir des piqûres. Les habitants des douars dans les provinces les plus touchées par ce fléau essaient donc de gérer la situation avec les moyens du bord, en remplissant les trous des murs et des portes, et en enlevant la végétation près de leurs maison. En effet, la hausse de température oblige les scorpions à quitter le sol, trop chaud, pour se réfugier sous les plantes, ou dans les affaires personnelles comme les vêtements et les chaussures. Les populations redoublent donc de vigilance durant cette période de haute activité des scorpions, qui peut s'étendre jusqu'au mois d'août.
Si la prévention peut aider à anticiper les piqûres de scorpions, il n'en demeure pas moins que le traitement, en cas de piqûre, est le volet le plus important. Le ministère de la Santé multiplie les actions dans ce sens, notamment avec des campagnes nationales de lutte contre ce fléau, et en renforçant les moyens alloués aux régions les plus touchées, pour améliorer les conditions de réception et de traitement des victimes de piqûres de scorpions.
Les hôpitaux dans les zones les plus affectées ont été équipés par les dispositifs et médicaments nécessaires, outre la distribution de quantités importantes d'une composition médicamenteuse contre les piqûres de scorpions et de sérums antivenimeux. En cas d'envenimation, le ministère de la Santé souligne la nécessité d'évacuer la personne affectée au service d'urgence le plus proche, notant que tout retard dans le traitement pourrait engendrer des résultats négatifs et limiter l'efficacité de l'intervention médicale.
Appels de détresse
Dans les faits, le Maroc réalise des progrès indéniables. Selon le département de tutelle, le taux de mortalité due aux piqûres de scorpion est passé de de 2,37% en 1999 à 0,21% en 2016. L'année dernière a donc connu le décès de 53 personnes à cause de ces piqûres, d'après des chiffres révélés par le Centre antipoison marocain. Toutefois, les populations des régions les plus concernées manifestent régulièrement leur mécontentement quant à la qualité des établissements de santé, et même celle des infrastructures pour y arriver, ce qui peut parfois s'avérer fatal. Certains dénoncent ainsi le manque de personnel qualifié ou de médicaments nécessaires, ou encore des ambulances, étant donné les grandes distances séparant les zones touchées des hôpitaux. Sans oublier que les sérums antiscorpioniques ne sont plus utilisés au Maroc, comme dans tout reste du monde, en raison de leur inefficacité, d'après le département de la Santé.
Les populations et la société civile dans ces régions ne cessent d'ailleurs d'adresser les appels de détresse, estimant qu'il est honteux que des décès soient encore enregistrés à cause de piqûre de scorpions, qu'il est possible de contrer facilement. Face à cette situation, certains préfèrent se tourner vers des moyens thérapeutiques traditionnels, mais dont l'efficacité reste tout de même à vérifier.
Opérations de sensibilisation
Certains ont recours alors à des plantes et des herbes médicinales ou même des produits chimiques, tandis que la méthode la plus courante consiste à l'extraction du poison après avoir entaillé la partie du corps touchée par la piqûre, et ce en aspirant le venin par voie orale. Afin de prévenir le venin de se propager.
Sans oublier bien évidemment certaines pratiques qui s'apparentent plutôt à du charlatanisme. Comme c'est le cas de certains guérisseurs qui prétendent soigner les empoisonnements dus aux piqûres de scorpions et aux morsures de serpents, en récitant des versets du Coran en présence des victimes. Néanmoins, le ministère de la Santé essaie, à travers ses opérations de sensibilisation, de restreindre l'usage de ces méthodes, en rappelant que ces techniques traditionnelles provoquent souvent des complications dangereuses.


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