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Les ex-combattants marocains paient pour Franco
Publié dans MarocHebdo le 25 - 12 - 2018


POLEMIQUE EN ESPAGNE
Des sénateurs espagnols demandent au gouvernement de ne plus verser les pensions des militaires marocains ayant servi sous le général Franco et participé à la guerre civile de 1936.
Plus de 81 ans après les faits, au parlement espagnol, le débat est ressuscité sur les barbaries de la guerre civile menée par le général espagnol Franco en 1936 contre les républicains espagnols, et à laquelle ont pris part des dizaines de milliers de Marocains. Dans la ligne de mire de plusieurs sénateurs espagnols, de droite comme de gauche, les pensions dérisoires versées aux Marocains qui ont formé la garde personnelle du dictateur pendant la guerre civile contre les républicains espagnols.
Nous sommes à l'hémicycle ibérique, fin novembre 2018. En réponse à des questions formulées par le sénateur représentant de la communauté valencienne, Carles Mulet, au sujet de ces pensions qui continuent à être «versées indûment aux Marocains de Franco ayant formé une unité de garde pour piller, violer, décapiter, voler, amputer, brûler, assaillir et massacrer la population de l'Espagne démocratique», le gouvernement de Pedro Sanchez était obligé d'apporter ces clarifications.
Depuis 2007, l'Etat espagnol a alloué près de 7,2 millions d'euros aux anciens membres de la garde maure de Franco, une unité composée majoritairement de soldats d'origine rifaine mais aussi de Tarfaya recrutés lors de la guerre civile qui a duré de 1936 à 1939.
Les pensions n'ont pas été versées de façon régulière par le Tetuan Pagaduría, entité créée à cet effet par le ministère des Affaires étrangères espagnol: en 2007 et 2008, elles s'élevaient à environ 2,9 millions d'euros annuellement. Entre 2009 et 2013, les gouvernements espagnols de José Luis Rodríguez Zapatero puis de Mariano Rajoy ont stoppé le versement des pensions. Durant cette période, sous les gouvernements de Abbas El Fassi et Abdelilah Benkirane, la Caisse de retraite marocaine (CMR) s'est supplantée au gouvernement espagnol en puisant dans ses propres fonds pour verser les montants des pensions. Puis, de 2014 à juin 2018, le gouvernement espagnol est revenu à la charge en mobilisant environ 1,3 million d'euros.
La réponse de l'Exécutif espagnol indique que ces pensions vont non seulement au personnel appartenant à la garde de Franco, mais également aux unités régulières de l'armée espagnole ayant rallié plus tard les forces armées marocaines. Les sommes des pensions revues drastiquement à la baisse montrent que les gouvernements espagnols successifs, qu'ils soient de droite ou de gauche, tendent de se venger des soldats marocains ayant servi sous le général Franco durant la guerre civile qu'a connue l'Espagne entre 1936 et 1939.
Un pan de l'histoire espagnole
En rouvrant ce dossier des pensions, le parlement espagnol fait renaître de ses cendres un pan de l'histoire espagnole peu glorieux vu comme un affront. En 1936, lorsque le général Franco décide de faire son putsch, il fait un tour en Afrique, dans les colonies espagnols, notamment dans le Rif marocain et une partie du Sahara sous protectorat espagnol, pour mobiliser des «canons humains». Des dizaines de milliers d'hommes (en bonne partie des adolescents), encadrés par des officiers espagnols, atterrissent sur le sol espagnol à partir de juillet 1936, grâce notamment aux moyens aériens fournis par Hitler et Mussolini.
Pour les convaincre de combattre à ses côtés, le général Francisco Franco avait préparé un navire à vapeur militaire pour transporter les musulmans de Ceuta à Djeddah, pour un pèlerinage à la Mecque. Un geste qui a servi à recruter des soldats marocains affectés à la Garde de Mora (maure), leur faisant accroire qu'ils allaient combattre pour défendre leur religion contre les non croyants de l'Andalousie.
Pour l'histoire, cette guerre civile, qui s'est déroulée de juillet 1936 à avril 1939, opposa le camp des «nationalistes» (composé de l'union des républicains conservateurs, des monarchistes et des phalangistes de José Antonio Primo de Rivera, plus proche du fascisme) à celui des «républicains» et s'acheva par la défaite des républicains et l'établissement de la dictature de Francisco Franco, qui conserva le pouvoir absolu jusqu'à sa mort en 1975. Quand le général Franco prit les commandes du camp des «nationalistes», on se mit à les désigner également sous le nom de «franquistes». La Garde maure, qui disposait d'un quartier général dans l'enceinte du Palais El Prado à Madrid, la résidence officielle de Franco, escortait les déplacements officiels de celui-ci. En 1937, cette troupe devient officiellement la garde privée de Franco.
En Espagne, cette troupe d'élite incarne la dictature franquiste et les barbaries commises contre les républicains espagnols. En 1956, elle fut dissoute. Il a fallu attendre 1965 pour qu'une loi fasse entrer dans le budget espagnol un poste dédié aux pensionnaires marocains de la guerre civile. À cette date, la somme versée était conséquente. Un officier retraité touchait 1.000 pesetas par mois (équivalent de 55 DH actuellement), sans compter deux primes annuelles, égales à deux mois de salaires. Mais depuis, les indemnités n'ont jamais été revalorisées.
L'Association nationale des anciens combattants avait appelé à une révision des indemnités de retraite versées aux ex-combattants de Franco, considérant dérisoires les sommes versées aux Marocains en comparaison avec leurs homologues espagnols.
Manque de considération
En 2010, le Maroc a officiellement appelé le gouvernement espagnol à indemniser les ex-soldats marocains ayant servi l'Etat espagnol sous le régime de Franco. Le ministre des Affaires étrangères d'alors, Taieb Fassi Fihri, a lancé un appel pour dédommager ces recrues marocaines, contre les torts causés durant cette guerre fratricide. Selon les estimations des autorités marocaines, ils seraient entre 100.000 et 130.000 soldats, dont 9.000 enfants, parmi les recrues. En revanche, l'Espagne reconnaît officiellement environ 80.000 soldats marocains.
Cette population a été délaissée par les différents gouvernements espagnols qui se sont succédé depuis l'instauration de la démocratie en Espagne, dans le milieu des années 70. Ce que perçoivent ces soldats représente plus des indemnités pour les médailles de mérite qu'ils ont obtenues, que de réelles pensions. D'ailleurs, ces médailles de mérite ont été bannies. Plusieurs bénéficiaires ont renoncé à leur droit.
Le nombre de pensionnaires baisse année après année. Ils étaient quelque 32.000 bénéficiaires en 2010. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 17.500. Ce sont principalement les veuves des militaires qui bénéficient de ces pensions. Une situation sociale précaire qui s'ajoute à un manque de considération pour le tort causé à des milliers de Marocains victimes de la guerre civile espagnole.


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