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L'Espagne et le Maroc unis dans la diversité
Publié dans MarocHebdo le 14 - 02 - 2019

MARÍA TERESA FERNÁNDEZ DE LA VEGA, PRESIDENTE DU CONSEIL D'ETAT ESPAGNOL
Ancienne membre du gouvernement espagnol de José Luis Rodríguez Zapatero (2004/2010), elle est actuellement présidente du Conseil d'Etat espagnol et de la Fondation Femmes pour l'Afrique. À l'occasion de la visite du Roi Felipe VI au Maroc, elle a publié, dans le quotidien espagnol El Pais, une tribune dont voici la traduction.
En Espagne et au Maroc, nous sommes, plus que jamais, appelés à marcher ensemble pour faire face aux défis de la mondialisation. Il y a beaucoup de choses qui nous rapprochent. Nous sommes des pays voisins, baignés par les mers Méditerranéenne et Atlantique, qui convergent dans le détroit de Gibraltar, le point le plus rapproché des continents européen et africain, dont nous sommes les frontières méridionale et septentrionale. Mais ce qui nous rapproche, surtout, c'est une culture commune, unie -oui, unie, et non séparée- à la Mare Nostrum. C'est pourquoi, même si notre pays est un protagoniste du processus d'intégration européenne, notre coeur et nos intérêts se situent également au sud.
Empathie stratégique
Le coeur parle avec des affections et des émotions. Je le sais parce que chaque fois que je visite le Maroc -et je le fais fréquemment depuis un certain temps- je ne cesse de me souvenir de mon enfance dans un village de la région de Valence, dont le nom, Xàtiva (prononcer Khatiba, ndt), évoque autant la langue arabe que son vieux quartier, son agitation, ses odeurs, ses saveurs… La proximité de nos deux pays et de leurs peuples n'est pas rhétorique, car elle émane d'une vieille sève d'affection familiale qui nous unit par-delà les différences conjoncturelles. On peut dire, en reprenant la devise de l'Union européenne, que l'Espagne et le Maroc sont, eux aussi, unis dans la diversité. Il est évident que nous sommes différents. Mais notre littérature parle le même langage et notre roman ou notre poésie racontent des histoires et décrivent des sentiments dans lesquels nous pouvons nous reconnaître; la célébration, dans les jours courants, de la Foire internationale de l'édition et du livre de Casablanca, où l'Espagne est l'invité d'honneur, en donne un bon témoignage. L'architecture construit également des espaces majestueux, avec une esthétique et une inspiration égales; flaner à Marrakech dans les jardins Majorelle et observer le minaret de la Koutoubia réveille inévitablement des souvenirs de Grenade ou de Séville. En vérité, même le football nous rapproche. Ce n'est donc pas anecdotique que nous pensions à une candidature commune pour la Coupe du monde 2030.
D'autre part, les intérêts communs contribuent également au fait que les relations politiques bilatérales ont toujours été très attentionnées. Ce n'est pas en vain que nous avons pu élaborer une politique d'Etat protégeant la stabilité de notre relation contre les tempêtes éphémères, somme toute normales dans une relation qui tient beaucoup du passionnel. Rien n'y fait contre la volonté quand elle est basée sur une empathie stratégique.
A tire personnel, j'ai été témoin de l'harmonie, du respect et de la loyauté entre nos deux pays. En tant que vice-présidente du gouvernement, j'ai pu constater, lorsque j'ai eu à coordonner avec le ministre des Affaires étrangères de l'époque, Miguel Ángel Moratinos, la quête de solutions aux problèmes inévitables qui se posaient entre deux Etats voisins et amis, qui savent, néanmoins, trouver une solution amiable qui renforce leurs liens, basés sur le respect mutuel. Promouvoir les relations les meilleures et les plus solides entre nos deux pays a été un objectif prioritaire de la politique étrangère du président José Luis Zapatero, comme ça a toujours été le cas des gouvernements espagnols.
À leur tour, les relations commerciales bilatérales traversent un moment particulièrement apaisé. Il suffit de rappeler que l'Espagne est actuellement le premier fournisseur du Maroc et aussi son premier client. Le Maroc est pour nous le deuxième marché en dehors de l'UE, après les Etats-Unis. C'est également la première destination de l'investissement espagnol en Afrique.
Paix, progrès et démocratie
Il est donc dans notre intérêt à tous de préserver l'excellent accord politique et commercial existant entre nos deux pays, afin de pouvoir continuer à oeuvrer pour la paix, le progrès et la démocratie, trois piliers essentiels pour la stabilité et la viabilité du développement de toute la région.
Précisément, grâce à la vision éclairée et à l'engagement clair que le roi Mohammed VI a pris pour l'Afrique, le Maroc est un modèle et un exemple limpides pour promouvoir, à partir des expériences croisées de nos deux pays, le développement humain et la modernisation des mécanismes de gouvernance en Afrique. Ainsi, le Maroc a entrepris d'intensifier sa politique étrangère en Afrique, ce qui, en plus d'être compatible avec le renforcement de son rapprochement avec l'UE, est également conforme aux engagements de développement durable pris dans cadre de l'Agenda 2030. Parmi ses 17 objectifs, priorité a été donnée à l'éradication de la pauvreté et de la faim, ainsi qu'à la promotion de la santé et de l'éducation. Mais il est également consubstantiel à l'Agenda de lutter contre les inégalités à l'intérieur des pays et de promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes et des filles. En l'absence d'un engagement ferme en faveur de cette égalité, il serait impossible de parler de développement, de paix ou de sécurité.
Cet agenda de durabilité constitue l'un des espaces fondamentaux dans lequel nous pouvons intensifier l'action commune face aux grands défis, dont la réussite contribuera à asseoir des bases solides pour la stabilité de nos relations, tout en renforçant encore davantage la confiance mutuelle, cet atout combien précieux pour la coexistence et la gouvernabilité. Cette confiance est également bénéfique et profitable pour la coopération entre nos Etats, nos gouvernements, nos universités, nos entreprises et, surtout, nos forces de sécurité, car l'entente stratégique s'avère essentielle pour la défense et la protection de la paix dans la région. Son action coordonnée optimise les résultats de la lutte contre les fléaux contemporains: terrorisme, traite des êtres humains, trafic de drogue, ainsi que la gestion des migrations qui, malgré les grandes difficultés et les défis humanitaires, essaye de préserver la dignité des personnes.
Il reste encore sans aucun doute des défis à relever. Il est indispensable de mieux connaître et comprendre nos deux sociétés, en particulier de la part des jeunes et de tous ceux qui travaillent au service de l'Etat, pour qui connaître et comprendre le fonctionnement de nos sociétés et administrations respectives s'avère primordial. Ce Maroc jeune nous invite à réfléchir à la conception d'un espace du savoir, à l'instar de celui qui a déjà été construit avec succès dans l'Union européenne et qui est expérimenté avec le monde ibéro-américain. Les universités sont appelées à former des élites capables d'assumer la direction et le développement de leurs pays. On pourrait aussi réfléchir à un vaste Erasmus qui permettrait à nos fonctionnaires locaux, régionaux et nationaux d'apprendre en découvrant leurs voisins et en vivant avec eux. Et, sans aucun doute, le défi de l'égalité entre hommes et femmes nous invite également dans les deux Etats à travailler de pair pour sa concrétisation effective.
Une visite stratégique
Qui plus est, nos deux pays recèlent un potentiel politique et de développement mutuel qu'il convient d'explorer avec plus d'intensité. Je fais référence à nos intérêts communs en Afrique et en Europe. Le Maroc est effectivement la porte d'entrée du continent africain, et l'Espagne à l'européen. Nous bénéficions donc d'une situation privilégiée dont il nous appartient de tirer parti pour devenir, à travers la Méditerranée, le lien entre deux continents appelés à former un espace de relations politiques, économiques, sociales et géostratégiques à l'ère de la mondialisation.
Pour atteindre tous ces objectifs, l'Espagne et le Maroc coopèrent en tant que partenaires bilatéraux et régionaux. Par conséquent, le voyage du couple royal qui commence aujourd'hui est stratégique. L'affection qui lie les deux maisons royales forge des relations personnelles qui unissent leurs peuples et renforcent leurs liens. Que la visite soit un succès!.
Traduit de l'espagnol par Abdellah RAJY


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