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Transport urbain à Casablanca
Publié dans MarocHebdo le 12 - 04 - 1997


A TOMBEAUX ROULANTS
Le salut du transport urbain ne peut venir que d´une restructuration totale de ce secteur. Une réforme qui doit revoir les conditions de concession, la question du privilège et le problème des multiples intermédiaires qui opèrent dans ce secteur.
La matinée du lundi 31 mars aurait été une journée comme les autres pour les Casablancais si une pluie fine, qui a tardé à venir, n´est pas venue supplanter un soleil de plomb très précoce pour la saison.
L´excès de vitesse étant une caractéristique peu flatteuse dans la circulation de Casablanca, le crachin est souvent annonciateur d´accidents et de télescopages. Mais si, dans la plupart des cas, on ne constate que des dégâts matériels et quelques égratignures, l´accident de ce lundi fut dramatique.
Il ne faut pas s´en prendre aux seuls conducteurs, puisque aussi bien les pouvoirs publics que les opérateurs privés assument une grande part de responsabilité dans ce marasme. Pour preuve, depuis deux décennies que le problème se pose, on se retrouve toujours au point de départ.
On croyait que la fin du monopole de la RATC allait résoudre toutes les difficultés que connaît ce secteur. Il n´en fut rien ou presque. Le déséquilibre entre l´offre et la demande s´accentue à cause d´une démographie galopante de la population de la ville.
Mauvais exemple
Cette léthargie trouve ses sources dans la loi qui régit le transport urbain dont certaines clauses sont réglementées par le dahir de 1963 et d´autres par celui de 1976.
L´article 59 de ce dernier dahir permet aux communautés urbaines d´avoir le monopole de délivrer des concessions aux sociétés de bus privées. Chose qui fut contestée par la wilaya et les préfectures de Casablanca dont certaines avaient fait un appel d´offre dans ce sens, mais en vain. Les failles des cahiers de charges, la vétusté du réseau, la cherté des droits de concession, le principe même de ce privilège qu´est la licence, ont fait de la négligence le maître mot des opérateurs de ce secteur.
Et comme si elle voulait donner sciemment le mauvais exemple, la régie autonome de transport de Casablanca (RATC) n´a pas cessé de manger son pain noir. Au lieu de suivre l´évolution du temps, la RATC traîne depuis des années avec un déficit chronique qui a atteint 30 milliards de centimes.
Parallèlement, le parc automobile s´est désinfecté en passant de près de 800 bus à 300 qui couvrent un réseau long de 1500 kilomètres. Encore faut-il signaler que ce chiffre n´est jamais atteint, si l´on considère le nombre impressionnant de véhicules qui tombent en panne.
Accablant
Plus grave est cette manie de faire rouler des bus sans couverture d´assurance et qui sont en plus dans un état piteux. L´acquisition de nouveaux bus est bloquée depuis 1991, la direction s´étant contentée d´acheter des véhicules d´occasion dont la majorité a disparu faute d´entretien.
On ne s´étonnera pas de ce qui est advenu du transport scolaire qui a engendré des grèves et des procès. Rien que pour les 40 000 étudiants universitaires que compte la wilaya de Casablanca, il faudrait que la RATC mobilise tout son parc automobile.
Mais comme la direction de la régie se plaint d´un manque à gagner qui atteint 4,5 milliards de centimes, il ne faut pas s´attendre à une amélioration dans ce secteur.
D´autant que la RATC n´arrive pas à conclure un appel d´offre de 50 bus qu´elle a lancé, une commande qui ne peut en aucun cas satisfaire les usagers.
Les sociétés de bus privées mettent dans la circulation près de 750 véhicules mais elles ne sont pas mieux loties que la RATC. Certes, elles sont financièrement moins dépendantes que la régie, mais leur système de fonctionnement laisse à désirer. Le service technique de la wilaya a fait une campagne de contrôle des bus privés, son rapport est on ne plus accablant. Il en ressort que 76,80% des véhicules sont dans un mauvais état; 27,60% présentent des failles de freinage; 18% n´ont pas subi de visite technique et 6,80% ne sont pas assurés. Sans oublier une multitude d´autres manquements moins graves, mais dont les risques sur la sécurité des passagers demeurent pesants.
Mais quand on saura les conditions financières auxquelles ces sociétés sont assujetties, on comprendra pourquoi la négligence est de mise. Sans vouloir justifier ces carences, il est difficile d´admettre que les collectivités locales perçoivent 5% de leur chiffre d´affaires.
Pour ne pas verser dans les considérations comptables, sachez que quel que soit le déficit affiché dans le bilan, cette redevance demeure toujours exigible.
Location de bus
Cette fausse taxe encourage presque ces sociétés à embaucher des chauffards de tous bords et à laisser les véhicules pourrir par manque d´entretien. Pis encore, certaines sociétés vont même jusqu´à louer leurs bus, pendant toute la journée, à des chauffeurs moyennant 2 500 à 3 000 dirhams. Pour pallier cette carence de bus, la wilaya a encouragé l´exploitation des grands taxis, mais là aussi cela s´est fait d´une manière anarchique. On a distribué à la pelle les permis de confiance jusqu´à atteindre le chiffre de 70 000 permis pour 5 010 petits taxis et 3 441 grands taxis. La délivrance de ces permis a été suspendue mais cela s´est fait après avoir fabriqué des kamikazes qui furent à l´origine de plusieurs accidents mortels. Cet amer constat a été fait aussi par les services concernés de la wilaya qui travaillent sur ce dossier épineux depuis des années sous l´impulsion du ministère de l´Intérieur.
Mais le salut du transport urbain ne peut venir que d´une restructuration totale de ce secteur. Une réforme qui doit revoir les conditions de concession, la question du privilège et le problème des multiples intermédiaires qui opèrent dans ce secteur.
Autrement, l´anarchie continuera à régner.