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UNE LIGNE DE CONDUITE
Procès des trafiquants de cocaïne


Hassan BENADAD
En juin dernier, le déferlement de la marée blanche des sacs de cocaïne sur les côtes marocaines avait défrayé la chronique. Près de trois mois après, ces colis "piégés" continuent de faire couler beaucoup d'encre dans les locaux de la police, de la gendarmerie et dans les tribunaux.
Des colis qui se sont transformés en dossiers juridiques inculpant des dizaines de personnes qui n'ont pas résisté à la tentation de les toucher, d'en goûter le contenu ou de le vendre.
Certains mis en cause ont été condamnés à de lourdes peines, d'autres attendent leur jugement et quelques uns sont en état de fuite.
La plupart d'entre eux n'ont jamais senti l'odeur de la cocaïne, mais la tentation du gain facile les a placés dans les "cartels" de Sidi Rahhal ou de Dar Bouazza.
Deux paisibles localités qui étaient jusque là connues par leur vocation touristique que leur confèrent leurs belles plages. Mais la panique des membres d'équipage du navire "Duanas ", les a mises au devant de la scène.
Un bien triste privilège, puisqu'il s'agit de la plus grande saisie de cocaïne, jamais réalisée dans le pourtour méditerranéen. Il a fallu que le navire colombien connaisse une série de pannes, pour que son capitaine décide de se débarrasser de sa cargaison... poudreuse.
Tentation morbide
Six tonnes de cocaïne enrôlées dans des paquets ont été déversées dans la mer, une opération qui a nécessité deux jours. La houle et les vagues ont fait le reste en acheminant ces satanés colis vers les rives de Sidi Rahhal et de Dar Bouazza. D'autres sacs iront s'échouer sur des plages jusqu'aux alentours de Safi.
Mais les premiers échantillons de cette livraison flottante, seront récupérés par des habitants de Sidi Rahhal le samedi 21 juin 1997. C'est un pécheur qui va ramasser les premiers sacs en compagnie d'autres personnes tout en ignorant la nature de son contenu.
A quelques encablures de là, dans la plage "Rmal " près de douar Ouled Abbou à Dar Bouazza, B. Mohamed alias "Souk" était entrain de se promener avec des amis. Il avait à peine 24 ans et il chômait après avoir exercé quelques petits métiers.
Alors que le groupe, formé de son frère et de quatre copains, l'avait devancé, son attention fut attirée par trois paquets dispersés sur le rivage.
Il va les ramasser pour les emporter chez lui en compagnie de ses amis. Comme il habite dans un bidonville, il a pris soin de cacher sa capture sur le toit de la baraque de ses parents.
Don de la mer
A ce moment là, il ne connaissait pas la nature de sa découverte, il est illettré et il ignorait tout sur la drogue dure. Mais en la dissimulant, il pressentait déjà que cette marchandise avait de la valeur.
Deux jours après, la rumeur et l'annonce de l'affaire à la télévision vont le fixer sur "l'utilité" de cette poudre blanche. Surtout que tout le monde parlait de sa valeur marchande, en grammes s'il vous plaît.
Même s'il ne sait pas compter, il a dû déduire que le contenu de ses trois sacs valait de l'or. Ce don de la mer... va faire rêver B. Mohamed et lui donner des idées noires pour fuir la misère.
Il n'imaginait pas qu'il allait sombrer dans la grande délinquance. Il ne savait pas aussi qu'il entraînerait avec lui près d'une vingtaine de personnes devant la chambre criminelle.
Mais pour le moment, ces conséquences graves n'ont même pas effleuré son esprit. Tellement il était préoccupé à dissimuler la cocaïne et surtout à chercher comment l'écouler.
Il devait toutefois tempérer ses ardeurs car les services d'ordre ratissaient la région. C'est pour cela qu'il a caché ses trois sacs de cocaïne dans la carcasse d'une voiture abandonnée. Le secret a été bien tenu par son frère Said et ses amis du douar Ouled Abbou.
B. Mohamed a attendu patiemment que le dispositif de sécurité soit allégé, pour passer à l'action. Il a commencé d'abord à goûter à la came et à en offrir à ses proches amis.
De jour en jour la curiosité de sniffer, deviendra une habitude, puis une nécessité qui se répète trois fois par jour.
Promotion
Faute de vendre la cocaïne, sa santé commence à se dégrader et il est devenu si violent qu'il a essayé de tuer son frère Said avec un couteau. La drogue dure a déjà fait son effet.
Il essayera de s'en débarrasser en brûlant une certaine quantité, mais la soif du gain l'a dissuadé de venir à bout des trois sacs. Perdu dans ce bidonville de Dar Bouazza, B. Mohamed ne connaissait rien du milieu des stupéfiants.
Finalement ce sont son cousin A. Abdallah et son frère B. Said qui vont se charger de la promotion de ce produit dangereux. Lui, il ne pouvait plus se passer de sa drogue.
Une nuit, A. Abdallah lui amena un client. B. Abdelkebir était accompagné de son ami T. Khalid. Tous deux sont sans profession et habitant respectivement à Sbata et à Ain Chock.
B. Abdelkebir a acheté deux kilogrammes de cocaïne à crédit et a promis à B. Mohamed de lui remettre 60 000 Dh dès qu'il aurait vendu la came. C'est le cousin A. Abdallah qui s'est porté garant de son ami le revendeur, lui aussi un néophyte en la matière. B. Abdelkebir déposera le sac chez son ami T. Khalid qui, à son tour, va le confier à son neveu Rachid, à peine âgé de 15 ans.
Le frère B. Said a réussi mieux en dénichant un client qui paie cash. Il s'agit de W. Abdelakader, un chauffeur dans une société de transport saoudienne, qui habite dans le quartier polo. Ce dernier s'est approvisionné à trois reprises, soit au total 500 grammes pour sa consommation personnelle.
Arrestation
Finalement notre trafiquant en herbe n'a empoché en tout et pour tout que 5500 Dh provenant de W. Abdelkader. Il ne touchera jamais la valeur des deux kilogrammes et demi qu'il a vendus à B. Abdelakebir.
Le mercredi 30 juillet, soit un mois et demi après le déferlement de la marée blanche, B. Mohamed sera arrêté par la gendarmerie. Il avait alors en sa possession deux kilogrammes et demi de cocaïne. Au moment de son arrestation, il était dans un état piteux sous l'emprise de la drogue. Le don de la mer l'a rendu un toxicomane attitré.
Dés lors, la machine judiciaire va se déclencher pour mettre sous les verrous tous ceux qui ont coopéré avec B. Mohamed.
Ont été inculpés ses amis de la plage, son frère Said, son cousin Abdallah, les deux apprentis revendeurs B. Abdelkebir et W. Khalid et quelques membres de leurs familles dont trois femmes.
Ces trois dernières sont O. Fatima , T. Saadia respectivement la mère et la sur de T. Khalid. En plus de F. Khaddouj, la mère de B. Abdelkebir. Ces trois dames sont accusées de complicité après avoir brûlé le sac de cocaïne dans un terrain vague de la route de Mediouna.
l'expertise des cendres prélevées sur les lieux par la gendarmerie, n'a toutefois décelé aucune trace de cocaïne.
Au total seize personnes ont comparu devant la chambre criminelle près la cour d'appel de Casablanca le 4 septembre. La deuxième séance a eu lieu le jeudi 11 septembre 1997 .