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Mohamed Tabal ou le parcours d'un Gnaoui Transe
Publié dans MarocHebdo le 04 - 07 - 1998


Mohamed Tabal ou le parcours d'un Gnaoui
ERRANCES À TRAVERS LE VERBE
"Les Gnaoua et Mohamed Tabal ", un livre qui traite de la culture gnaouie, dans toute sa diversité et qui présente en parallèle un peintre dont les uvres essayent de mettre en formes et couleurs l'histoire et les rituels des adeptes de la zaouïa de Sidna Blal.
En deux parties, ce livre, copieusement illustré, nous met dans l'ambiance, combien chaude, du mode de vie de la confrérie des Gnaoua. Mais avant, il nous restitue les conditions de leur arrivée au Maroc. C'est pour cela que le premier chapitre de la première partie emprunte la route de l'or et des esclaves. Elle remonte loin dans le temps et l'histoire pour cerner les origines des Gnaoua et les circonstances de leur arrivée au Maroc. Puisqu'il a fallu cette quête des Maghrébins derrière l'or pour qu'ils débarquent aux pays noirs subsahariens. Aussitôt, les caravanes commencèrent à lier l'Afrique noire, le Maghreb puis l'Europe. Cette liaison ne s'est pas seulement contentée d'assurer la circulation des biens, mais elle a aussi permis, petit à petit, l'immigration des Ganga et des Gnaoua sous les cieux de l'Afrique du Nord, particulièrement le Maroc d'El Mansour Eddahbi. Et il faut dire que le besoin des Saâdiens en matière de main d'uvres a encouragé l'arrivée massive de ces esclaves qui étaient nécessaires pour les plantations de sucre. Appelés Ganga, du nom du large tambour qu'ils avaient ramené avec eux du Soudan, ces travailleurs se sont définitivement établis dans cette région où vivent encore leurs descendants. D'ailleurs, dans ses écrits sur son passage à Essaouira en 1815, le voyageur américain, James Riley évoque 2 000 noirs qui habitaient le quartier de Bouakher. Le deuxième chapitre, lui, met l'accent sur la musique et la transe dans la culture gnaouie. Symbolisée par ce luth à trois cordes, le guenbri qui semble être "le principal inducteur de transe chez les Gnaoua bilaliens de la ville. C'est l'usage de cet instrument qui distingue ceux-ci des Ganga, qui se servent exclusivement du tambour et des crotales ". Mal accordé, le guenbri, dit-on, ne peut induire en transe. Car, ce sont ses vibrations soupçonnées de provoquer la transe en touchant le centre vital du système nerveux.
Transe
Le livre passe en revue toutes les formes de l'ambiance musicale des Gnaoua. Tous les rituels qui la préparent et tous les mystères et le mystique des morceaux chantés et leurs origines. On parle de "Lila", de "Talaâ" et des couleurs préférées des "Mlouk". Bref, on évoque la force des mots : "On connaît l'importance de la parole chez les peuples sémites : le verbe est puissance. De la parole divine naquit le monde et de la parole divine peut devenir le salut". Un salut, que la deuxième partie traduit sous le pinceau de Mohamed Tabal. Un Gnaoui par essence et un peintre par vocation qui s'est vu dès l'enfance peindre les Gnaoua, tout naïvement. C'est à travers l'imaginaire fertile des univers chauds des Ganga que Mohamed Tabal raconte son errance, mais n'oublie pas le répertoire rural de son père. Il se souvient de son départ à Casablanca pour aller se perfectionner auprès des Gnaoua citadins. &laqno; Nous prîmes le car d'Ait M'zal à Ounagha. À notre arrivée à Casablanca, un taxi nous conduisit au bidonville où habitait Boujemaâ, qui tirait ses ressources des veillées nocturnes et des quêtes dans les rues ». C'est comme ça qu'a commencé la quête de Mohamed Tabal avec le fils de Boujemaâ dans la ville de Casablanca. À deux, ils sillonnaient ses quartiers et ses rues en produisant leur musique. Mais à aucun moment, la tradition n'a fait oublier à Mohamed Tabal sa première vocation.
Il n'a pas perdu son pinceau, ni délaissé ses desseins jusqu'au jour où il a décidé de les présenter à Essaouira au galeriste danois, Frédéric Damagard qui, dès le premier regard, ne s'est pas empêché de crier &laqno; Mais ça, c'est génial ! ». Le cri du galeriste semble officiellement donner naissance à Mohamed Tabal, le peintre. Bien sûr un peintre dans la pure tradition gnaouie.
Les Gnaoua et Mohamed Tabal, éditions LAK International. Casablanca. 1998.