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Ramadan, la nuit, la prostitution fait rage sur les trottoirs de la capitale
QUAND ABSTINENCE RIME AVEC DEBAUCHE

Ramadan, la nuit, les grandes artères de la capitale se transforment en véritable fourmilière. Une foule nombreuse, hétéroclite s'y presse. À mesure que la soirée avance, il faut jouer des coudes pour fendre la mêlée. Jeunes et moins jeunes semblent évoluer dans une même masse fluide. Qui s'écoule inlassablement jusqu'aux premières heures du jour. À l'intérieur, la drague fait rage. Après une longue journée de jeûne et d'abstinence, les instincts reprennent leur emprise.
Un quart d'heure à peine après le coup de canon, les premiers flâneurs commencent à investir les rues de la capitale. Certains affectionnent ce moment de sérénité. Il est vrai que déambuler comme cela dans les rues désertes procure une profonde sensation de puissance.
Bref répit. Bientôt une foule hésitante, hébétée après une longue journée de jeûne rompu goulûment, descend dans la rue. Le temps passant, la masse se fait plus dense. Plus bruyante. Plus hardie. Les vapeurs du " Ftour " avalé à grande vitesse après de longues heures de jeûne, se dissipent. Chacun y voit plus clair. Le pas est plus alerte. Le regard plus insistant. La parole plus facile. Le voile est levé sur des appétits d'un tout autre genre.
Abasourdis
Une heure s'est à peine écoulée qu'il faut déjà jouer des coudes pour pouvoir avancer. Jeunes et moins jeunes se côtoient sans démarcation. Sur le même trottoir, des mères de famille tirant une ribambelle d'enfants abasourdis par le bruit et les lumières. Des pères pantouflards qui déambulent les mains derrière le dos, observant avec effroi cette mêlée frénétique. Des adolescents, accoutrés à la mode du moment, circulant en groupes turbulents, à la recherche de filles. Des prédateurs solitaires à l'affût d'une fille pas trop farouche qui se laissera approcher, inviter en attendant mieux. Des jeunes branchés, le baladeur à la ceinture, la casquette négligemment retournée, la démarche calquée sur les stars de body building. Des fils à papa frimant au volant de décapotables rutilantes, l'autoradio à plein volume, les yeux hors de la tête, luttant contre le froid. Pour le plaisir de rouler cheveux au vent, sous les regard admiratif d'adolescentes à peine pubères.
Pour cette faune nocturne, le Ramadan est une aubaine. La poigne des parents se fait moins sévère. On veut bien fermer les yeux sur certaines règles. L'heure du couvre feu est exceptionnellement retardée. Parfois au delà de minuit. C'est la seule période de l'année au cours de laquelle il est possible de rencontrer des filles tard le soir. Le rêve.
Tolérance nocturne
Les trottoirs, pourtant larges, de la principale artère de la capitale, n'arrivent plus à contenir tout ce monde. On déborde volontiers sur la voie. Suit un concert incessant de klaxons, de jurons. On ne s'en formalise pas outre mesure. L'ambiance reste bon enfant. Une tolérance nocturne qui contraste bizarrement avec l'intransigeance diurne.
Les terrasses des innombrables cafés sont bondées. Les premiers arrivés se sont servis. À la clé, une place avec vue imprenable sur la foule. Un spectacle permanent, envoûtant. Gratuit. Les nuques usent avec bonheur les cols des chemises. Au gré des déhanchements des filles d'Eve.
Les retardataires qui n'ont pu s'attabler, se rattrapent largement, en devenant acteurs à part entière de la scène. Maillon d'une interminable chaîne, ils ne rechignent pas à faire des dizaines de fois le même trajet.
Aucun risque de s'ennuyer. Le paysage change en permanence. De plus, une bonne balade permet de digérer le copieux repas de rupture du jeûne. Du moins, c'est l'excuse que l'on veut bien se donner.
Pendant ce temps, la drague fait rage. Les jeunes tirent sur tout ce qui bouge. Chacun y va de sa technique. C'est à croire que les instincts maîtrisés tout au long de la journée, se vengent dès les premières cuillerées de harira.
Une électricité inaccoutumée flotte dans l'air. On s'observe, se nargue, se guette. ''Prédateurs'' et ''proies'' savent à quoi s'en tenir. Le reste n'est qu'un rituel répété. Chaque soir. Inlassablement.
Les filles ne semblent être sorties que pour se faire draguer. Les garçons, eux, préparent leur équipée nocturne depuis la mi-journée.
Le bitume s'échauffe
Ici et là, des collégiennes en groupe accrochées les unes aux autres éclatant de rire au moindre commentaire. Des lycéennes préférant déambuler par paires, se faisant draguer régulièrement par des automobilistes. Des groupes de garçons faisant le guet à chaque coin de rue. Dans l'attente du coup de la soirée. Cependant, ce n'est que la partie visible de l'iceberg.
Le long des rues latérales mal éclairées, une faune d'un tout autre genre évolue à la faveur de la pénombre. Dans les îlots d'obscurité, des couples à la recherche de moments furtifs d'intimité, côtoient des groupes beaucoup moins discrets. Les chuchotements des premiers sont presque couverts par les conciliabules animés des seconds.
Les tractations vont bon train. On s'enflamme, on marchande, on gesticule à fond. Les filles ne s'en laissent pas conter. Pour elles, le ramadan est la période la plus prospère de l'année.
aradoxalement.
Certes, concurrence oblige, les tarifs ont bien baissé. Mais, les belles de nuit savent par expérience que les instincts sont particulièrement échaudés en cette période de jeûne. En dépit de la fraîcheur des nuits de janvier. Alors, elle se permettent de marchander, d'exiger.
Le client est toujours aussi bien accroché. Certes, il ne peut plus venir les chercher dans les bars et autres lieux du genre fermés pendant le mois sacré. Qu'a cela ne tienne, elles s'adaptent à la situation et vont jusqu'à lui. Les affaires n'en sont que plus florissantes.
La foule des badauds, habituée ne fait plus attention. Des prostituées qui déambulent, le regard aguichant, la démarche provocante, est un spectacle qui ne scandalise plus. Même en plein mois sacré de ramadan.
Qu'elles interpellent des pères de famille qui sortent de la mosquée, ou des adolescents qui font leurs premières armes dans la rue, cela semble être tout à fait toléré. Comme si l'abstinence de longues journées de jeûne, justifie, voire excuse, une débauche plus marquée la nuit.
Interpellation
Les points chauds se sont multipliés. À l'angle des boulevards Mohammed V et Hassan II, c'est par groupes entiers que les prostituées interpellent les passants. La technique est classique. La plus jeune, parfois à peine sortie de l'adolescence, aborde un jeune. Ce dernier, enchanté de ce qui lui arrive se retrouve entouré de femmes pas farouches. Ses copains se joignent à la partie. Après marchandage, le groupe se retrouve dans un sombre hôtel de passes.
Haut et bas de gamme
À la gare ferroviaire du centre ville, les racoleuses sont mêlées aux voyageurs. Leur présence ne passe pas inaperçue. Du moins pour les habitués. La gare est devenue un lieu de rendez vous. Ici la clientèle est plus aisée. Pour la plupart motorisés, les clients ne s'éternisent pas. Ils savent exactement ce qu'ils cherchent et ont le coup d'il pour le trouver.
Après une brève prise de contact, l'affaire est conclue. On monte dans la voiture et les filles quittent pour quelques quarts d'heure leur territoire de chasse pour revenir à la charge. Parfois à plusieurs reprises au cours d'une même soirée.
Le "bas de gamme" a également sa clientèle. Ces belles de nuit dernière catégorie sévissent principalement au pied des remparts de l'avenue Ibn Toumart et place Bab Chellah. Ici, le prix de la passe est dérisoire. Quelques dirhams suffisent à payer une étreinte furtive consommée à la hâte dans un sombre garage désaffecté.
D'autres chasseresses ont opté pour les nombreux cafés transformés en cabarets. Là, la drague est plus facile et les clients moins regardants à la dépense. Revers de la médaille, elles sont tenues de graisser la patte de portiers intraitables. Qu'a cela ne tienne.
Les affaires marchent bien quand même. Plus que jamais, abstinence rime avec débauche