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Fathallah Oualalou invente la rigueur de gauche LES PRIVILÈGES, C'EST FINI La vie partisane de Oualalou, un long fleuve tranquille UN APPARATCHIK CONCILIANT
Publié dans MarocHebdo le 23 - 01 - 1999


Fathallah Oualalou invente la rigueur de gauche
LES PRIVILÈGES, C'EST FINI
Dès sa prise de fonction, ses adversaires, difficilement recyclés dans l'opposition, se frottent les mains. Pourra-t-il répondre aux espoirs suscités à travers ses kilomètres de discours humanistes, appelant à une conciliation possible entre les contraintes financières, les impératifs budgétaires, le profit légitime et le droit au bien-être collectif?
Un ministre des Finances n'est pas forcément adoré du public. Loin s'en faut. Pour peu qu'il soit socialiste, focalisant un cumul d'attentes sur trente années de politique économique à sens unique, et sa position n'en est que moins facile.
Fathallah Oualalou
Fathallah Oualalou est bien placé pour le savoir. Depuis 1977, sur trois législatures d'inégale durée mais à géométrie politique invariable, c'est à lui que revenait le privilège de la critique systématique de la gestion financière de ses prédécesseurs. Les ministres qui se sont succedé à la tête des Finances savaient à qui ils avaient affaire. Un économiste chevronné, un politique accompli. Un défenseur irréductible de l'économie sociale. Un pur produit du sérail oppositionnel marocain. Entre l'université, l'animation des cercles économiques et la militance syndicalo-politique, sa carrière était toute tracée. Ce qui devait lui arriver s'est fatalement produit. Il lui était difficile d'échapper à un destin gouvernemental, du reste ardemment désiré.
Dans le premier gouvernement de l'alternance, Fathallah Oualalou occupe un poste locomotive pour l'économie nationale et la finance publique. Dès sa prise de fonction, ses adversaires, difficilement recyclés dans l'opposition, ceux-là même à qui il a régulièrement porté la contradiction, se frottent les mains. Pourra-t-il répondre aux espoirs suscités à travers ses kilomètres de discours humanistes, appelant à une conciliation possible entre les contraintes financières, les impératifs budgétaires, le profit légitime et le droit au bien-être collectif?
La règle de trois
L'ex-chef du groupe parlementaire de l'USFP, était parti pour une mission presque impossible. De deux choses l'une: ou il tenait ses promesses au risque de rompre le fragile équilibre des finances publiques. Ou il reniait ses engagements du temps de l'opposition, au détriment de son credo personnel et au grand dam des bases usfpeistes toujours prêtes à hurler avec les loups.
La réponse viendra avec la première Loi de finances du gouvernement Youssoufi. Une loi classique. Priorité est donnée aux grands équilibres financiers. Les équilibres sociaux attendront. L'opposition crie victoire. Votre ministre socialiste a fait comme nous. Preuve que la seule manière de faire était la nôtre. Mohamed Kabbaj, Mohamed Berrada, Abdellatif Jouhari, tous anciens argentiers du Royaume, saluent le réalisme de Oualalou. L'affaire est donc entendue. On ne prend pas les mêmes, mais on recommence comme avant. Oualalou se fait même doubler sur sa gauche par ses propres amis politiques. Habib Malki, membre du gouvernement et de l'USFP, lui reproche sa fixation sur le maintien du déficit à moins de 3%.
Humilié par les louanges perfides de l'opposition, meurtri par les attaques des siens, Fathallah Oualalaou est appelé à passer au tableau pour démontrer la pertinence de ses options et la justesse de son arithmétique. Il sait mieux que quiconque qu'en politique, la règle de trois n'est d'aucun secours. Il explique tout de même, qu'en s'inscrivant dans la continuité, surtout pour une loi transitoire, il a échappé au piège du chamboulement déstabilisant, de la remise en question prématurée. Il va surtout démontrer que le rôle d'un ministre des Finances ne se limite pas à la gestion de la comptabilité de l'Etat, à tenir la caisse du Trésor public. Mais à mettre en forme un dispositif financier à même d'accompagner et de soutenir une politique de développement économique.
Une fois dépassée la passe d'armes à propos de la Loi de finances, Oualalou va se mettre réellement au travail. Il va tenter de développer sur le terrain sa stratégie économique. Avec un double objectif: assainir les finances par la maîtrise des dépenses et faire redémarrer la croissance par la relance de l'investissement national et étranger. Il se veut à la fois rassurant et entreprenant. Il multiplie les rencontres avec les opérateurs économiques nationaux et les bailleurs de fonds d'outre-mer.
À Washington, auprès du FMI, à Paris, auprès des créanciers français, il plaide une approche dynamique de la dette extérieure. Oualalou domine son sujet. Il propose soit l'actualisation à la baisse des taux d'intérêt, soit la reconversion par l'investissement, soit les deux.
La crédibilité du Maroc est réaffirmée, sa fiabilité à honorer ses dettes, jamais démentie, est reconduite. Il fallait surtout rappeler qu'il n'est pas dans les traditions du Maroc de déclarer une cessation unilatérale de paiement.
L'honneur est sauf. Ce qui n'empêche pas de demander une plus grande compréhension de la part des créditeurs étrangers. Parallèlement au traitement technique de la dette, le Maroc demande un partenariat équitable, dans l'intérêt bien compris des deux parties. Le moyen le plus efficace pour y parvenir étant la stimulation des IDE (l'Investissement direct étranger). Sur ce registre, Oualalou doit relever un challenge. En 1997, à sa prise de fonction, le flux des IDE a atteint un pic exceptionnel d'un milliard de dollars. Il fallait non seulement maintenir la tendance, mais l'accroître. D'autant plus que l'investissement d'origine étatique est, lui, en baisse. Une baisse régulière estimée à 2% par an, depuis 1993.
Pourquoi pas nous ?
La prochaine tournée de Oualalou dans les pays du Golfe n'a d'autres objectifs que d'inciter nos cousins arabes à choisir la destination marocaine pour leurs placements à l'étranger. Le ministre de l'Economie et des Finances sera, pour l'occasion, accompagné d'un panne représentatif du patronat national.
Que le chargé du département soit socialiste convaincu ou libéral impénitent, les termes de l'équation restent les mêmes: l'investissement, de préférence privé, est la clé de la croissance, laquelle est la condition de la réactivation du marché de l'emploi. Oualalou en a fait sa religion, depuis quelque temps déjà. Fini le temps du dogmatisme socialiste des années 60 et 70. Pour ceux qui auraient encore des doutes, Oualalou s'est une nouvelle fois confessé sur 2M, le mercredi 20 janvier 1999. Il lui restait de se donner les moyens de la concrétisation.
Un terrain où les obstacles traversent plusieurs administrations, particulièrement la Justice, l'Intérieur et bien évidemment les Finances. Guichet unique, simplification de la procédure, allègement du prix prohibitif du foncier, tous les gouvernements précédents s'y sont cassés les dents. Sans que l'on comprenne, nous autres simples citoyens armés de notre seul bon sens, pourquoi ces handicaps sont si difficiles à éliminer. Un domaine où la Tunisie est en train de réaliser des succès non-négligeables. Pourquoi pas nous? Oualalou est attendu sur cet espace plus que nulle part ailleurs.
Pourtant, l'ailleurs n'en est pas moins vaste et vital pour une mise en marche optimale de la machine productive et embaucheuse. Un espace où les opérateurs nationaux occupent une place centrale et incontournable. Oualalou est allé vers eux, dès sa nomination. Il les a appelés à avoir confiance, à s'intégrer dans la dynamique politique en cours, à dépasser les facteurs de crainte et les réflexes de rétention, à s'enthousiasmer de la manière la plus contagieuse possible, à sortir leurs sous des bas de laine bancaires, de la pierraille immobilière et des entourloupettes boursières. Bref, à investir. Oualalou a été jusqu'à les associer aux préparatifs de la précédente Loi de finances. De séminaires de sensibilisation en apartés de finalisation, il a mis les bouchées doubles dans la communication gouvernement-patronat. Résultats peu concluants.
Sevrage douloureux
Le ministre s'est trouvé face à un tiers-Etat patronal plus attaché à ses privilèges et à leur pérennisation, qu'à emboîter le pas au rythme de modernisation et de normalisation que le gouvernement Youssoufi entend imprimer à la vie économique. Oualalou s'est vu contraint d'alterner les sollicitations persuasives et les appels du pied coercitifs. Les deux démarches ne semblent pas, jusqu'ici, avoir été fructueuses. Le chantier reste entier, mais l'attitude patronale figée ne l'a pas empêché de persévérer.
Preuve d'une volonté d'assainissement irréversible, Oualalou a commencé par mettre les pieds dans ce qui était le plat de résistance des opérateurs nationaux: les marchés publics. Mise en place d'un dispositif de transparence lors des passations des marchés publics. Le ministre expose son projet dans une conférence de presse à retentissement, tellement le sujet était attendu. Amplement répercuté par les médias, le message est reçu avec empressement et satisfaction par le public. Il ne s'agit pas moins que de mettre un terme aux magouilles, connues de tous, qui permettaient des octrois de privilèges maquillés en appels d'offres, lesquels sont abusivement qualifiés de "publics" ou de grés à grés "réguliers".
Transparence et moralisation, l'assainissement par le bon bout. Et qui fait mal à tous ceux qui ont pris l'habitude de considérer l'Etat comme une vache à lait. Dorénavant, l'adjudication se fera selon la règle du plus disant ou du moins disant, mettant en course, sur la même ligne de départ, les soumissionnaires étrangers et marocains. La fameuse "préférence nationale" devra passer par là. Elle passe après l'intérêt public. Un sevrage douloureux. Mais il faudra bien s'y faire.
C'est à prendre ou à laisser. Oualalou a été tellement clair que l'on s'est dit qu'il ne se fera pas beaucoup d'amis dans le milieu interlope des affaires obscures. Le ton est donné. La collectivité, par commis d'Etat interposés, inaugure l'autodéfense.
Le manque à gagner qui devrait être récupéré est important. Sans commune mesure avec l'opération de laminage des trop gros salaires. Les fonctionnaires au revenu de pacha, jusqu'à 300.000 Dh mensuels, sont mis à l'index. Les disparités salariales au Maroc dépassent l'entendement. Le rapport entre le smig et le plus haut salaire, particulièrement dans les offices publics ou semi-publics, est de 1 à 200.
Espaces visqueux
Scandaleux. Il est vrai que le produit de cette récupération de deniers publics ne pèse pas lourd sur le budget. Mais l'entreprise est hautement symbolique. D'autant qu'elle rejoint une autre priorité que Oualalou s'est fixée: la réduction du train de vie de l'Etat. Reste à savoir s'il réussira à le faire sans geler le social et sans rechuter dans un PAS qui ne dit pas son nom et qui a été longtemps fustigé par Oualalou l'opposant? Oualalou le ministre semble avoir nuancé ses sentiments à l'égard du PAS. Sur 2M, on a également appris que le PAS continuait d'une certaine manière. Il aurait même été institutionnalisé.
Au fil des mesures, prises avec le maximum de précaution, Fathallah Oualalou prospecte les espaces les plus visqueux. La dernière en date est la décision de payer leurs dus aux porteurs de bons de privatisation. Décision qui a étonné, si tant est que Oualalou pouvait différer le remboursement, dans l'attente de jours meilleurs.
L'objectif du ministre est de retirer de la circulation des BDP de la première génération, qui pouvaient servir d'arguments spéculatifs lors des prochaines privatisations. Celle de la Banque Populaire, par exemple. En choisissant de respecter l'échéancier d'un placement public, Oualalou met un pied dans un autre territoire réservé et pas assez transparent: la Bourse. Point de ralliement de tous les heureux initiés, haut lieu d'une spéculation dont l'impact positif et stimulateur sur l'appareil de production n'a pas encore été prouvé. Ce n'est qu'un début, mais un début prometteur. À quand l'impôt sur les plus-values boursières?
Non-imposables de droit
Un autre marécage attend le ministre de l'Economie et des Finances. Sa propre administration. Le nerf de ce grand ministère et la source principale d'alimentation des caisses de l'Etat, restent les impôts. Comment en assurer un recouvrement méthodique et systématique? Comment colmater les multiples points de fuites qui privent l'Etat de son revenu essentiel? Comment faire entendre aux contribuables, surtout les plus gros, que payer ses impôts est un acte de citoyenneté normal et indispensable? Attendre le changement de mentalité et l'avènement d'une culture plus civique, serait renvoyer une urgence aux calendes grecques. Le laxisme n'a que trop duré. L'Etat n'a pas les moyens d'attendre.
En matière de mise à niveau fiscale, Oualalou a préféré, lors de la dernière Loi de finances, la pédagogie dissuasive à la coercition conflictuelle. Il a même été jusqu'à décréter l'amnistie sur les pénalités de retard. Pourra-t-il reculer indéfiniment la sanction contre les mauvais contribuables, particulièrement parmi le cercle des gros fraudeurs qui se croient non-imposables ou sous-imposables de droit?
Si Oualalou veut donner à son entreprise de nettoyage des circuits fiscaux un cachet de crédibilité, il devrait aussi balayer devant la sienne d'administration. Un grand coup de balai ne serait pas inutile, surtout dans les services les plus sensibles: les impôts et la douane. Il apportera ainsi la preuve qu'il n'est pas prisonnier d'une grosse machine bureaucratique aux velléités inadmissibles d'autonomie. Mais qu'il en est le chef, et peut être même le réformateur tant attendu. Dans cette action de salubrité financière, il pourrait compter sur son secrétaire général Noureddine Omari. Un homme de poigne qui a fait ses preuves à la tête des douanes, lors de deux intérims mouvementés. Surtout le dernier, celui d'après l'assainissement-coup de poing.
En définitive, tout porte à croire que Fathallah Oualalou table sur les mesures porteuses à terme et de façon continue, une impression confirmée sur 2M. Après tout, on en est qu'à l'an I de l'alternance.
La vie partisane de Oualalou, un long fleuve tranquille
UN APPARATCHIK CONCILIANT
En tant que politique actif et assez médiatisé, Fathallah Oualalou est connu du grand public. Avant même qu'il ne soit ministre. Ses prestations tribunésques au Parlement, pendant deux décennies, l'ont fait entrer dans tous les foyers disposant d'un téléviseur. Sa carrière a commencé au parti et ses prolongements syndicaux, à l'UNFP puis à l'USFP, en passant par l'UNEM, l'UMT et la CDT. Pourtant, sa vie partisane passe sous silence, comme s'il n'en avait jamais eu. Etonnant pour un opposant endurci, un routier de la contestation, qui, jusqu'au 14 mars 1997 et la formation du gouvernement de l'alternance, n'a connu d'autres univers que celui de l'opposition, une autre culture que celle d'un socialisme en quête d'adaptation.
À part les premières années de l'indépendance, Oualalou a traversé l'histoire de l'opposition de bout en bout. Pour un itinéraire pareil, il devait avoir une vie partisane non seulement riche, ce qui a été le cas à sa manière, mais surtout mouvementée. Car, dans un parti comme l'USFP, régulièrement secoué par des conflits internes, il est difficile de réussir un parcours pacifique pendant une période aussi longue. Incroyable mais vrai, Oualalou est toujours resté en dehors des luttes de clans. Et c'est d'autant plus surprenant qu'il ne s'est pas empêché de prendre position dans les débats tumultueux qui menaçaient d'ébranler les bases de l'USFP, chaque fois que l'heure des choix décisifs avait sonné.
La succession d'Abderrahim Bouabid, l'homme dont il était le plus proche, le vote favorable ou non pour la première puis la deuxième réforme de la constitution, en 1992 et 1994, la participation ou non à l'actuel gouvernement, autant de moments qui ont fait s'affronter les socialistes entre-eux et qui ont exigé des positionnements sans équivoque.
Oualalou y a pris part, mais il en est, malgré tout, sorti indèmne. Tant qu'il s'agissait d'une confrontation d'idées et de stratégies politiques, l'universitaire militant, l'économiste engagé, se sentait interpellé. Il y allait de sa conviction du moment. La conviction d'un politique pragmatique et entreprenant. Ce sont les limites du territoire partisan qu'il s'est fixé. Il s'en est tenu et bien lui en a pris.
Au delà de ces limites, ce ne sont plus que des problèmes inter-personnels, particulièrement à l'occasion de la désignation des candidats pour des responsabilités au sein du parti, pour les élections ou pour la ministrabilité. Le renouvellement des sections, l'établissement des listes électorales et le choix des futures ministres socialistes, ont effectivement donné lieu à des discussions houleuses, parfois même violentes, qui ont laissé des rancunes pas encore dépassées.
Oualalou devait forcément avoir son propre jugement sur les différentes ambitions et leurs degrés de légitimité ou de recevabilité. Il ne les a certainement pas gardés pour lui. Mais son nom n'a été mêlé à aucune de ces empoignades. Miracle, voilà un R'bati qui n'est assimilé ni au groupe de Rabat, ni à celui de Casablanca. Il se contente de faire partie de l'USFP. Et cela lui réussit. Tant mieux pour lui. A.M