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Le vent de l'alternance n'en finit pas de souffler sur l'administration SAUTER LE PAS DE LA REFORME
Publié dans MarocHebdo le 30 - 01 - 1999

Le vent de l'alternance n'en finit pas de souffler sur l'administration
SAUTER LE PAS DE LA REFORME
L'Administration marocaine est depuis longtemps alitée. Rongée par un mal qui a tellement proliféré que la guérison est devenue bien incertaine. Pendant longtemps on a fermé les yeux, laissant courir. Tant que la machine tournait, il n'était nul besoin d'intervenir. Encore un tour, puis un autre et un autre. Pour faire perdurer le plus longtemps possible une situation où l'administration faisait office de "poule aux ufs d'or" pour de nombreux fonctionnaires.
Le vent de l'alternance a soufflé enlevant la couche superficielle de cette montagne de poussière qui recouvrait notre administration. Les plaies sont alors apparues bien visibles. Dans toute leur hideur.
Aziz AL Houssein, minsitre de la fonction publique.
Il a fallu accourir. Faire le plus vite possible, pour essayer de sauver un malade au stade terminal.
Mais, on est peu nombreux au chevet de l'administration marocaine. La plupart des citoyens ont baissé les bras. Découragés. Les choses ont tellement traîné qu'ils ont perdu tout espoir en un rétablissement miraculeux de cet appareil dont ils n'ont cessé de faire les frais de la mauvaise gestion.
Pendant ce temps, les réunions se sont succédés. Les experts ont vanté les vertus de leurs remèdes, garantis efficaces. Mais, quelque part, un sentiment de découragement a noyé toutes ces initiatives. Il en faut davantage pour réhabiliter notre administration aux yeux de ses administrés. Des résultats. Concrets. Palpables. Loin de cet attentisme qui a fait de la situation ce qu'elle est aujourd'hui. Presque sans issue.
Découragement
La difficulté du "passage à l'acte" , sans doute créée par "l'angoisse devant les mesures à prendre", n'y est pas étrangère.
Il a quand même fallu se résoudre à traiter ce malade agonisant. Pacte de bonne gestion. Charte de déconcentration. Révision du système de rémunération et des retraites. Détermination des conditions de mobilités. Sont les traitements de choc que l'on propose. Depuis longtemps. À n'en plus finir.
Le fameux pacte de bonne gestion dont on fait des gorges chaudes recommande des actions axées autour de préalables d'éthique, de gestion rigoureuse et d'accueil. Il s'agit conformément à ce "contrat " de lutter contre toutes les formes de déviance, d'abus de pouvoir et d'impunité, de gérer de façon rigoureuse, transparente et économe les deniers publics et d'être constamment à l'écoute et au service des citoyens et de l'entreprise. Intentions fort louables, encore faut-il leur préparer le terrain. Afin que cette tempête que l'on veut provoquer, ne soit pas seulement un tourbillon de désert. Qui ne laisse aucune trace.
Le premier pas. Le préalable à tout traitement, ne serait-il pas un diagnostic pertinent, sûr, des dysfonctionnements? Chose bien facile. Il n'y a qu'à faire un tour dans les services de certaines administrations pour toucher un déclin de professionnalisme d'une ampleur dramatique.
Depuis l'accueil, parfois franchement hostile, jusqu'aux délais interminables, lourds de conséquences pour le citoyens, et souvent pour l'économie nationale, en passant par les procédures d'une complexité décourageante, rien ne va.
C'est à croire que du moment qu'on franchit le seuil d'une administration, on se retrouve automatiquement dans une position de solliciteur, qui, à ce titre doit adopter un profil bas, ménager les susceptibilités, distribuer les sourires et parfois davantage, pour régler ses affaires.
Notre administration se complaît sans complexe dans une logique d'administration-administré. Sous d'autres auspices, on a depuis longtemps inauguré une nouvelle forme de rapports. Bien plus efficace. Bien plus agréable aussi. Où la notion de " citoyen " supplante celle d'administré ou d'usager du service public. Ce qui lui donne rang de client, avec tout cela suppose d'exigence en terme de qualité, de rapidité de service et d'implication des droits et devoirs. C'est peut-être à ce niveau-là que le changement le plus radical doit s'opérer. L'administration, en effet, ne doit pas se procurer seulement de processus et de procédures, mais aller plus loin à la recherche effective de résultats. Le plus grand défi qu'elle a à relever est de s'immerger dans la société. Bien plus, de s'identifier à elle. En somme, elle doit devenir une administration de gouvernance parfaitement impliquée dans un partenariat avec le gouvernement, le secteur privé, les ONG et les citoyens. Encore faut-il qu'elle fasse siennes ces caractéristiques, et non qualités, que sont la décentralisation, la flexibilité et la transparence.
Rigidité
Tous ceux qui ont planché sur les maux de notre administration, ont préconisé une approche managériale. Ce qui suppose un management des ressources humaines, au centre du fonctionnement de cette gigantesque machine. Une promotion du professionnalisme des agents publics, lesquels doivent déterminer la productivité et l'efficacité de l'appareil administratif.
Il est clair que toute réforme dans ce domaine nécessite avant tout une transformation de la culture d'entreprise et des modes de management en vigueur. Cependant, il ne s'agit pas seulement de fixer les tâches de chacun, mais de faire en sorte que chaque maillon soit exactement à sa place et ait les moyens d'une production optimale. Ce n'est guère chose facile, tant les pratiques en cours jusqu'à présent ont consacré une donne bien différente.
Hélas, le choix des dirigeants n'a pas souvent été judicieux. Que de responsabilités délicates sont confiées à des personnes loin d'avoir les compétences nécessaires pour les assumer. Que de sentiments d'injustice, de rancur et parfois de hargne sourdent dans l'administration marocaine. Le citoyen est le premier à en payer les frais.
Or, que fait-on pour ces fonctionnaires et agents dont on veut améliorer le rendement, les performances. Pour ces exécutants qu'on entend " mettre à niveau "? De quelle manière entend-t-on les impliquer dans ce qu'ils font?
Préoccupations
Certes, la valorisation et la mise à niveau du potentiel humain est au centre des préoccupations. Mais dans quelle mesure sera-t-elle payante? Quelles récompenses pour ceux qui s'y investiront? Comment éviter que ce potentiel formé à grands frais ne soit découragé face à l'absence de répercussions de sa formation sur sa situation matérielle.
Certains ont avancé une solution. Elle consiste à ériger la formation, instrument de valorisation par excellence des ressources humaines, en véritable droit. De la doter d'un statut qui lui est propre et qui précise les droits et obligations des fonctionnaires et des administrations dans une optique de mise à niveau et de compétition internationale. C'est le chemin le plus court pour l'appropriation des technologies nouvelles au sein de l'administration marocaine. Au moment où les tendances dans le monde montrent qu'au cours du prochain millénaire, l'intelligence et le savoir seront la principale source de richesse économique des personnes, des entreprises et des sociétés.
Au terme de ce raisonnement, peut être faudrait-il s'interroger sur la nature des citoyens qui devront bénéficier de toutes ces réformes.Ils seraient des clients à part entière de l'administration. Qui ne se satisfont plus d'entendre parler de politiques, de plans et d'actions, mais exigent d'être, en leur qualité de contribuables, régulièrement renseignés sur les résultats de telle ou telle démarche.
Des décennies de mutisme en ont fait autrement. Il faudra attendre que l'administration marocaine découvre les vertus de la communication, pour espérer la voir réhabilitée aux yeux de ceux sans lesquels elle n'aurait ni le moyen, ni la raison d'exister.