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Tournée de Abderrahmane Youssoufi en Afrique de l'Ouest Brahim Rachidi, vice-président de la Chambre des représentants Retour
Publié dans MarocHebdo le 11 - 06 - 1999

Tournée de Abderrahmane Youssoufi en Afrique de l'Ouest
LA PROFONDEUR AFRICAINE
L'espace d'une semaine, le Premier ministre Abderrahmane Youssoufi a visité pas moins de cinq pays d'Afrique de l'Ouest. Reçu à bras ouverts et avec tous les honneurs, il a redonné un nouvel élan aux relations du Maroc avec les Etats subsahariens, qui nourrissent le désir d'avoir un meilleur commerce avec le Royaume, considéré par ces pays comme une puissance régionale tant politique qu'économique. Il s'agit pour le Maroc de rattraper son retard en matière de public-relations ­cela compte- mais également de s'investir économiquement. Cela en vaut assurément la peine, tant le terrain demeure vierge de ce côté-là.
Envoyé spécial
La visite-marathon que vient d'effectuer Abderrahmane Youssoufi en Afrique de l'Ouest, du 29 mai au 5 juin, peut être appréciée de manière positive. Sur un plan purement politique, la visite du Premier ministre au Sénégal, en Guinée, en Côte-d'Ivoire, au Gabon et au Burkina Faso a été un joli succès. Attendu. Car, il faut reconnaître que ces pays ont toujours entretenu des liens solides d'amitié avec le Maroc. Notamment en ce qui concerne leur soutien à la question de l'intégrité territoriale du Royaume.
En prenant son bâton de pèlerin, "le Premier", ainsi que le désignent affectueusement ses proches collaborateurs, savait pertinemment qu'il avait un lourd déficit en relations publiques à combler. On ne se souvient même plus à quand remonte la dernière visite, dans un contexte bilatéral, d'un chef de gouvernement marocain dans un Etat d'Afrique subsaharienne. Inacceptable, quand on veut entretenir des rapports privilégiés en tant que puissance régionale.
Lacunes
Le Maroc qui jouit d'une aura incontestable auprès d'un grand nombre de pays africains, et notamment grâce à l'envergure de son Souverain, n'a pas fait le suivi nécessaire en matière de public-relations. Les visites éclairs d'émissaires ou les discussions en marge de grands forums ont montré leurs limites. Les susceptibilités sont à ménager et plusieurs pays ayant reconnu la RASD l'ont fait, entre autres, soit par manque d'informations, soit parce qu'ils se sont sentis ­à tort ou à raison- snobés par une diplomatie marocaine un peu trop tournée vers le Nord à leur goût. Les ambassadeurs sont d'inégales efficacités. Si ceux ce Dakar et d'Abidjan méritent tous les éloges, celui en poste à Libreville mérite une palme. Devinez laquelle. Lacunes de taille dont le Maroc est conscient et qu'il semble vouloir aujourd'hui réparer. Et la tournée de M. Youssoufi s'inscrit quelque peu dans ce sens. Pour un homme de 75 ans, Abderrahmane Youssoufi a fait montre d'une énergie débordante, qui a suscité l'admiration des membres de la délégation qui l'a accompagné lors de son périple ouest-africain. Au cours de ses multiples activités, il n'a, à aucun moment, montré des signes de fatigue. Ce qui eût été normal pour un homme de son âge. Si Abderrahmane affichait en toute circonstance cette sérénité qui le caractérise. Même quand des petits couacs et clashs, heureusement sans gravité, se sont produits entre différents membres de la délégation ministérielle. Du beau monde : Youssef Tahiri, pour l'Energie et les mines, Alami Tazi, pour le Commerce et l'industrie, Thami Khyari, pour la pêche, Ahmed Moussaoui, pour la Jeunesse et les sports, et Aïcha Belarbi, pour la Coopération. Et il n'était pas évident de boucler le périple en une semaine. Les nombreux décollages et atterrissages rapprochés dans le temps sont des plus éprouvants. Pour tout le monde. Mais les nombreuses heures de vol en commun ont contribué assurément au resserrement des liens entre les membres de la délégation, choyés par l'équipage du commandant M'rabet. Une des hôtesses répondait d'ailleurs au doux nom de Khadija Maghrib. Tout un symbole. Comment aussi ne pas évoquer la légère mésaventure de l'envoyé spécial du "Reporter", qui a raté l'avion à Conakry, mettant en émoi toute la délégation ? Abdelaziz Diouf le bien nommé, qui a réussi à rattraper la délégation à l'étape d'Abidjan, a été, à son corps défendant, un vecteur du raffermissement de l'unité.
Vitalité
Dès l'atterrissage à l'aéroport Léopold Sedar Senghor de Dakar, le ton était donné. Accolades chaleureuses, tapis rouge, honneurs militaires et clique jouant les hymnes nationaux. Un accueil digne d'un chef d'Etat. Il devait en être d'ailleurs de même dans les quatre autres capitales visitées. Où M. Youssoufi, qui est une figure connue des dirigeants africains, a eu droit à tous les égards. Et dans lesquelles il a également été reçu par les chefs d'Etat. On n'en attendait pas moins de ces pays qui soutiennent le Maroc dans tous les forums régionaux et internationaux. Nouveauté : à l'instar des responsables de grandes puissances, le Premier ministre a innové en étant accompagné d'une forte délégation d'opérateurs économiques en quête d'échanges fructueux. Certains sont déjà solidement implantés en Afrique subsaharienne. Et à cet égard, on peut citer les exemples édifiants de la famille Tazi en Guinée et du groupe Chaâbi en Côte-d'Ivoire. Les premiers ont déjà bâti un barrage et font d'importants travaux de BTP. L'Etat guinéen leur doit cependant une ardoise de quelque 8 millions de dollars qu'ils auraient bien voulu voir évoquée lors des discussions. Il n'en a rien été et les Tazi se sont senti quelque peu frustrés.
Le second vient de finaliser un contrat pour la construction de 6000 logements économiques et de moyen standing à Abidjan, la construction d'une unité de production des tubes en PVC et polyéthylène et d'une unité de production de matériaux de construction. Une prise de participation à hauteur de 10% dans le capital de la Banque de l'Habitat de Côte d'Ivoire (BHCI), l'équivalent ivoirien du CIH marocain, est également à mettre à l'actif du groupe Chaâbi, qui, décidément, devient de plus en plus populaire en Côte d'Ivoire. Afriquia et Somepi ont également une jolie part de gâteau en ce qui concerne la fabrication de bouteilles de gaz et leur remplissage. C'est d'ailleurs en Côte d'Ivoire, qui a accueilli les travaux de la Commission mixte, que les accords signés ont été les plus nombreux. Moment symbolique, le baptême d'une des plus importantes artères d'Abidjan du nom de Boulevard Hassan II, Roi du Maroc. Cela ne va pas sans rappeler une certaine avenue Houphouët-Boigny à Casablanca. Autre exemple édifiant, celui de ce Marocain installé au Gabon depuis 1973. Lahcen Jakhoukh, entrepreneur très prospère, dans le domaine des transports maritimes, de l'aconage, de la location de véhicules et d'engins de toutes sortes. Possédant quatre navires, il est en train d'en construire un cinquième pour le transport du bois entre Libreville et Casablanca. Malgré ces cas encourageants, et ainsi que l'a répété Abderrahmane Youssoufi à ses différents interlocuteurs, les échanges commerciaux ne sont pas à la hauteur des relations politiques. Les parlementaires n'étaient pas en reste, puisque neuf députés représentant les deux Chambres faisaient partie du voyage. Cette délégation s'est montrée très active et a fait montre d'une solidarité exemplaire. En effet, l'espace d'une semaine, les rivalités partisanes se sont tues devant l'intérêt national. On ne peut en dire autant pour les ministres dont la susceptibilité a été mise à rude épreuve.
Symbole
Dès l'étape du Sénégal, le Maroc a montré un intérêt particulier à l'émergence de l'Union économique et monétaire africaine (UEMOA) dans la perspective d'un accord qui serait généralisé à l'ensemble des membres. De là à loucher sur les 200 millions de consommateurs potentiels de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO)...
La participation d'un nombre important d'opérateurs économiques à cette mission était également très significative. Leur impression à l'issue de ce voyage a été tout aussi positive. Hassan Khattar, député et chef de la délégation économique a observé que "l'image positive du Maroc en Afrique et le prestige doit jouit SM le Roi ont permis aux opérateurs économiques de nouer des contacts faciles avec leurs homologues africains et entre la CGEM et les organisations patronales africaines".
En outre, la chambre de commerce et d'industrie de Rabat-Salé a passé un accord de partenariat et d'échanges économiques avec les chambres de commerce et d'industrie du Gabon et avec la chambre de commerce du Burkina Faso.
La finance, le bâtiment et les travaux publics, les textiles, la pêche sont les principaux secteurs intéressant les opérateurs marocains. De même, des démarches ont été prises pour l'établissement de relations d'affaires dans les secteurs de la pharmacie, du papier, des conserves, des matériaux de construction et du matériel électrique et le secteur minier. Les accords de pêche conclus à l'occasion de cette tournée, comportent des volets importants relatifs à la formation, à la recherche et au contrôle des ressources halieutiques.
Signés avec le Sénégal, la Guinée, la Côte-d'Ivoire et le Gabon, ces accords entrent dans le cadre des orientations générales tracées dans le domaine de la pêche maritime afin de faire bénéficier les partenaires africains de l'expérience acquise par le Maroc dans ces différents domaines.
Ils répondent aussi à l'impératif de dynamisation de la coopération avec les pays qui possèdent une façade maritime dans le cadre de la coopération Sud-Sud.
Selon Thami Khyari, ce ne sont pas à proprement parler des accords de type classique, mais il s'agit d'accords qui entrent dans le cadre de l'encouragement du partenariat entre opérateurs marocains et africains dans le domaine de la pêche, de la transformation et autres domaines afférents au secteur.
À ce sujet, Omar Akouri, le président de l'Union des armateurs à la pêche pélagique hauturière (UNIPELH) est catégorique : le Maroc doit pouvoir mettre en place une stratégie de redéploiement des moyens aussi bien privés que publics pour développer la coopération avec les pays visités. Un déficit à combler.
La tournée africaine du Premier ministre et de la délégation l'accompagnant a aussi permis à la partie marocaine d'avoir une concertation avec les responsables des pays visités, dans le cadre de l'Organisation régionale africaine sur la pêche dont le secrétariat général se trouve à Rabat, en prévision de la tenue de la conférence interministérielle prévue en octobre à Conakry.- Lors du vol retour Ouagadougou-Rabat, Abderrahmane Youssoufi a tenu une rencontre avec les journalistes marocains ayant couvert cette tournée, et il a tenu d'abord à souligner que "l'objet de la visite n'était pas tant de susciter une mobilisation de ces pays en faveur de la juste cause de l'intégrité territoriale du Maroc puisque ses pays sont acquis à notre cause nationale.
Dynamisation
Mais de les remercier pour leur attitude solidaire et pour la constance de leur position de soutien aux droits légitimes du Maroc et d'examiner les moyens de dynamiser les relations de coopération avec eux". "Après cette moisson constituée des nombreux accords et conventions signés à l'occasion de cette tournée, nous avons l'intention d'établir un calendrier et des programmes de mise en uvre", ce qui requiert, a-t-il dit, "un engagement actif tant de la part de l'administration que des opérateurs économiques marocains" .
Nous comptons poursuivre cet effort de dynamisation et de réchauffement des relations avec la majorité des pays d'Afrique aussi bien francophones, anglophones, qu'arabophones, a dit M. Youssoufi à son arrivée. Cela passe par un suivi des protocoles et accords signés. Cette tournée a permis de se rendre compte des multiples opportunités qu'offre le continent en matière d'échanges mutuellement fructueux et de coopération.
Les volets politique et économique allant désormais de pair, il est nécessaire de continuer sur cette lancée en direction des autres pays africains, car le Maroc n'a pas le droit de gâcher toutes les opportunités qui peuvent s'offrir à lui, tant est énorme le potentiel de sympathie et de respect dont il jouit à l'échelle continentale. Abderrahmane Youssoufi l'a compris. Par ce voyage, il a donné l'impulsion. À charge pour "l'intendance" d'assurer le suivi, le renforcement et la continuité. Sa présence, le jour même de son arrivée, au match Maroc-Guinée est tout aussi significative.
Brahim Rachidi, vice-président de la Chambre des représentants
CHOIX JUDICIEUX
Quatre questions à Brahim Rachidi, vice-président de la Chambre des Représentants et membre de la délégation parlementaire ayant accompagné le Premier ministre lors de sa récente tournée africaine.
· Maroc Hebdo International: Comment évaluez-vous la tournée du Premier ministre en Afrique de l'Ouest?
- Brahim Rachidi: D'abord, il faut signaler qu'il s'agit de la première visite d'un chef de gouvernement marocain dans ces cinq pays (NDLR, Sénégal, Guinée, Côte-d'Ivoire, Gabon, Burkina Faso). Il s'agit là d'un choix judicieux car ce sont des pays amis auxquels nous lient des relations historiques, culturelles et politiques. C'est le début d'une nouvelle politique africaine du Maroc qui s'était trop longtemps absenté du Continent. Il s'agit-là d'une nouvelle vision de notre politique extérieure, d'une remise en cause de notre diplomatie africaine et de notre diplomatie tout court.
· Peut-on, dès lors, entrevoir qu'il ne s'agit-là que du début d'une nouvelle dynamique ?
- Il faut l'espérer et ce n'est là qu'un premier périple et notre pays a des contacts directs bilatéraux et multilatéraux avec des pays anglophones comme le Nigeria et le Cameroun. Le Premier ministre ne peut pas visiter tous les pays africains, mais plusieurs ministres peuvent le seconder dans cette tâche.
· Que pensez-vous de l'idée d'associer les opérateurs économiques à ce voyage?
- C'est une excellente initiative et il y a tout lieu de s'en féliciter. Les hommes d'affaires créent de la richesse et de l'emploi. Il faut les aider à pénétrer ces marchés, certes, difficiles mais qui offrent des opportunités fondamentales. Et notamment en matière d'emploi.
Les possibilités de travail existent et il faut penser à la création d'un marché économique africain, car avec la globalisation, la concurrence devient de plus en plus âpre.
· Un mot sur les activités de la délégation parlementaire ?
- Le fait de les associer à cette tournée a été un choix judicieux, étant donné que c'est le Parlement qui doit ratifier les accords signés. En outre, les parlementaires ont eu une attitude patriotique, démontrant que les Marocains savent se montrer soudés dès lors qu'il s'agit de l'intérêt national. À aucun moment, on n'a senti les luttes partisanes. Par ailleurs, nos homologues ouest-africains ont apprécié les avancées de notre pays en matière des droits de l'Homme et dans l'édification d'un Etat démocratique moderne.