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Driss Basri, super-ministre d'Etat, limogé
Publié dans MarocHebdo le 12 - 11 - 1999


LE PARCOURS D'UN MONSTRE POLITIQUE
Alternance ou pas, Driss Basri a continué à être partout, sur tous les dossiers. Du moins jusqu'à il y a quelques mois. Les problèmes trouvaient un début de solution ou étaient carrément résolus, dès qu'ils prenaient la direction de son département. C'est ce qui a été baptisé "la méthode Basri". Une méthode multi-fonctionnelle qui a fait de Driss Basri un faiseur de partis, de députés, de ministres, de gouverneurs et de solutions miracles. C'est toute cette méthode qui est devenue incompatible avec la succession monarchique. L'histoire fera le distinguo entre ce qui est imputable au citizen Basri et ce qui relève d'un système qu'on lui impute.
Driss Basri a été remercié. La nouvelle a beau être attendue, elle a fait l'effet d'une bombe dans un ciel politique marocain, plutôt maussade. Lorsqu'un seul ministre est ainsi prié de quitter la table, ce n'est pas un remaniement. Cela s'appelle un limogeage. La décision était dans l'ordre des choses. L'ex-ministre d'Etat à l'Intérieur n'était pas seulement le-tout-puissant régisseur de plusieurs gouvernements pendant un quart de siècle. Il était le symbole endosseur tout au long d'un règne qui fût. Sa mise à l'écart est dans la logique d'un règne qui commence.
Rappel d'une vérité temporelle. Seul l'Etat est pérenne; ses serviteurs, quelle que soit leur longévité politique, doivent un jour ou l'autre passer la main. Mais le cas de Driss Basri n'est pas celui d'un commis d'Etat ordinaire. De par les pouvoirs qu'il concentrait et la manière dont il les personnifiait et les gérait, l'homme a fini par cristalliser sur sa personne tous les ressentiments, toutes les frustrations, toutes les haines parfois exprimées, souvent prudemment rentrées. De même qu'il a cultivé autour de lui des attitudes ambivalentes faites de crainte préventive et d'attraction très intéressée.
Individus-catastrophe
Après avoir mis en place un système d'autorité arborescent et tentaculaire, Driss Basri s'est confondu avec son système. Il est devenu le système. Identification totale, incarnation parfaite. Les acteurs du système-Basri étaient proposés, indirectement choisis et promus par lui. Il se trouve qu'il n'a pas toujours fait le bon choix. Pire, dit l'opinion communément partagée, il a rarement fait le bon choix. Driss Basri, lui, dirait, en toute subjectivité, qu'il a pris les hommes dont le profil correspondait à son système. Objectivement, cette fois-ci, le résultat est le même. On a eu une série de personnages pas amènes du tout, d'invidus-catastrophes installés à divers niveaux d'autorité ou de représentation nationales et régionales. Ce sont les hommes du système-Basri. Ils sont toujours en place.
Les règles de fonctionnement de ce système étaient inspirées, soufflées, mises en forme et exécutées par Basri lui-même. Serviteur zélé et efficace en toutes choses, les bonnes comme les mauvaises, sans "états d'âme", Driss Basri était plus qu'un vrai Premier ministre. Il ne pouvait pas être que cela, puisque le Maroc indépendant n'a jamais eu de vrais Premiers ministres. Abderrahmane Youssoufi est le premier à s'en plaindre.
Le Maroc des quatre dernières décennies n'a eu que des personnalités hors-hiérarchie formelle, d'une puissance hors-normes écrites. Ils ont pour noms, dans l'ordre chronologique, Mohamed Oufkir, Ahmed Dlimi et Driss Basri. Chacun a eu son gouvernorat par procuration, sans limites et sans partage. La fin des deux premiers est connue. Il faut espérer que la nouvelle ère qui s'ébauche ne produise plus ce genre "d'iznogoud". Quant à l'avenir du dernier des Barmakis en date, il fait l'objet de toutes les supputations qui vont de la retraite paisible à l'inconnu.
Une question cependant est dans tous les esprits: peut-on se contenter de cultiver son jardin et de conduire ses petits enfants à l'école, lorsqu'on a été Driss Basri? Situation inédite. Il faut croire qu'il y a des retours à l'ordinaire qui sont difficiles à vivre.
En fait, Dirss Basri n'a jamais été un fonctionnaire ordinaire. Sa personnalité et les circonstances politiques aidant, le prédestinaient à être progressivement ce qu'il est devenu: l'homme fort de tous les pouvoirs publics. Le commissaire de police à Rabat, dans les années 60 et 70, était déjà un peu plus qu'un officier ordinaire des RG. "Un peu plus", sinon "bien plus" que ce qu'il devait se contenter d'être, c'est une constante dans la carrière de Driss Basri. C'est ce qui l'a fait. Et c'est ce qui a provoqué sa chute. Une chute politiquement fracassante.
Au plus fort du mouvement étudiant, le commissaire Basri était connu des militants de l'UNEM, de l'UNFP et du PLS. C'était les mêmes activistes, animateurs d'un petit monde à la militance idéaliste et exacerbée. Une jeunesse sincèrement révoltée, avide de justice et de liberté, qui a fait de l'unique université du pays (à part El Karaouiyine) un haut lieu de la contestation politique. Une tendance universelle, un vent de révolte soufflait sur tous les campus, devenus des brûlots politiques. Avec des maîtres à penser qui avaient pour noms Herbert Marcus, Jean Paul Sartre, entre autres.
Maillon apparent de la machine répressive Oufkiriènne puis Dlimienne, Driss Basri est en première ligne. La ligne de la confrontation visible et directe. Beaucoup de ces jeunes justiciers qui voulaient refaire le monde et le Maroc à partir de théories mal digérées, se sont retrouvés en taule, pour dix, quinze, vingt ans ou même à perpétuité. Leur chef d'inculpation: atteinte à la sécurité de l'Etat par des citations de Marx, Lénine ou Mao Tsé Toung, dans des tracts sensés soulever une population à 100% musulmane et à 80% analphabète. Double stupidité. Celle d'un utopisme aussi inapproprié qu'inopérant et forcément non-dangereux; et celle d'une répression aveugle et immensément disproportionnée.
Amitiés particulières
La deuxième stupidité est manifestement plus ravageuse que la première. Elle a nui, pendant des lustres, à l'image d'un pays présenté dans les instances et les forums internationaux comme un Etat de non-droit où les libertés publiques sont bafouées, où la torture est une pratique courante, et où les géoles sont surpeuplés de détenus d'opinion. Funeste époque où des jeunes et moins jeunes sont livrés à une "justice" sous influence, après être passés par les mains d'illustres tortionnaires. Ce sont les procès des années 70. En attendant ceux des années quatre vingt.
Le jeune commissaire, issu d'une famille modeste de Taounate, est né à Settat en 1938, où son père est gardien de prison. En 1974, il est nommé secrétaire d'Etat à l'Intérieur. Il retrouvera plus tard certains des anciens taulards politiques, comme cadres des partis de l'opposition de gauche, députés ou ministrables. Certains d'entre eux deviendront même ses amis. Des amitiés particulières et mal assumées, qui feront jaser dans le landernau de l'opposition. Comme quoi rien n'est jamais définitif en politique. Mais nous n'en sommes pas encore au temps des familiarités politiciennes et des approches discrètes en direction de Driss Basri, pour des intérêts bien compris par leurs demandeurs et, à juste titre, incompris du grand public.
Au cours des années quatre-vingt, les temps sont toujours durs et le jeu politique complexe et difficile à décoder. Apparemment, c'est la guerre des tranchées entre une opposition toujours virulente, renforcée par un Istiqlal en dissidence gouvernementale, et des autorités publiques frileuses, constamment sur le pied de guerre. Les émeutes se succèdent, juin 1981, janvier 1984, décembre 1990. Un véritable bras de fer. Driss Basri est aux premières loges. Depuis 1979, il est ministre pleins galons de l'Intérieur.
Le gardien du temple
Conduite par son maître incontesté, la machine Basri fonctionne déjà à plein régime, avec une efficacité redoutable. Elle fonctionne sur deux registres. Le maintien de la chape de plomb en matière de droits de l'homme. Et la fabrication de partis politiques, sièges parlementaires et parfois primature en main. Des partis évidemment inféodés à l'appareil de l'Intérieur. Les dégâts humains et politiques sont encore une fois couverts par le motif passe-partout du maintien de l'ordre public et de la stabilité politique du pays.
Mais la scène politique marocaine est grosse. Elle a déjà accouché d'une cause nationale. La récupération des provinces du Sud, grâce à la Marche verte où Driss Basri a fait montre de tout son savoir-faire. Du bon côté, cette fois-ci. Le Sahara récupéré aura sa part de dégâts. Pour plus tard.
Dans la foulée de la mobilisation nationale pour la défense de l'intégrité territoriale du pays, la scène politique nationale est pressée de livrer tout ce qu'elle avait dans le ventre. Le front intérieur devait être impérativement réaménagé et renforcé. Commence alors, à partir de 1992, de longues conciliabules avec l'opposition sur fond de salut public et de consensus national. Les premiers signes de décrispation apparaissent. Un conseil consultatif des droits de l'homme est créé. Driss Basri en est membre de droit. Son administration est la principale source d'information sur la question.
La grâce Royale de 1994 permet la libération des détenus politiques. Le bagne-mouroir de Tazmamart, tristement célèbre, est rasé. Les disparus et les décédés dans les lieux de détention secrets, sont recensés. On propose à leurs familles des indemnisations.
Une porte longtemps verrouillée à double tour, s'entrouvre. La porte hideuse de plusieurs vagues de répression terrible. Des voix s'engouffrent dans la brèche et demandent l'ouverture totale de la boîte à Pandore, pour y chercher les responsabilités d'X et d'Y. La même exigence a refait surface, aujourd'hui que Driss Basri n'est plus le gardien de ce temple aux horreurs.
Toute chose étant par ailleurs à la fois égale et relative en politique, la grâce royale est reçue pour ce qu'elle est. Une grande enjambée démocratique. Une page peu glorieuse est bel et bien tournée. Les uns après les autres les exilés politiques rentrent au pays. La côte du Maroc remonte péniblement mais sûrement dans les capitales occidentales et leurs ONG.
Puisqu'il y a de l'assainissement politique dans l'air, pour quoi s'arrêter en si bon chemin. Des négociations sont entamées avec l'opposition pour la formation d'un gouvernement de transition par consensus. La Koutla se voit offrir tous les postes ministériels, à l'exception de l'Intérieur. Après des atermoiements du genre "tu veux ou tu veux pas", dont seule la classe politique marocaine a le secret, l'offre est rejetée. Ahmed Réda Guedira, conseiller du Roi et grand négociateur devant l'Eternel, annonce le 11 janvier 1994, l'échec de cette première tentative d'alternance consensuelle.
Ingénierie électorale
Une seule cause à cet échec: Driss Basri. Un communiqué du cabinet Royal confirme le ministre d'Etat à l'Intérieur dans ses fonctions et dans toutes ses prérogatives. De nouveau, les positions se figent. Les partis de l'opposition refusent de siéger dans le même gouvernement, avec un homme qui détient la réalité du pouvoir. Le Maroc rate une autre occasion de redressement national. Mais ce n'est que partie remise.
Abderrahmane Youssoufi qui boudait à Cannes pour cause de falsification électorale et de parole non tenue à propos, justement, d'élections transparentes et régulières, retourne au pays. Les négociations reprennent. Une commission nationale de suivi des élections est créée. Onze partis y sont représentés. Driss Basri y siège en grand ordonnateur de toutes les consultations électorales. La constitution est amendée, la législature en cours, écourtée. Le Maroc politique retient son souffle. Cette fois-ci, c'est vraiment la bonne.
Le vent de la démocratie s'apprête à balayer les séquelles résiduelles des pratiques et des mentalités anciennes. Les partis signataires de la charte de moralité électorale, posent pour une photo de famille. Une famille politique réconciliée avec elle-même et avec l'autorité makhzenienne. Au beau milieu de cette exceptionnelle icône politique, le maître d'uvre, Driss Basri souriant et triomphateur.
Douche froide
Au lendemain du 14 novembre 1997, c'est la douche froide. Un nouvel argument électoral est entré en jeu: l'argent en coupure de 100 et 200 Dh. Le ministère de l'Intérieur est accusé de non-assistance à démocratie balbutiante en danger d'étouffement. Driss Basri a fait mieux, il a innové en matière d'ingénierie électorale. L'ingénieur de cette ultime votation a équitablement réparti ses coups de pouce électoraux entre tous les partis en course, y compris ceux de l'opposition. Une sorte de démocratisation du tripatouillage électoral. Et comme s'il n'avait pas suffisamment fait, le super ministre est soupçonné d'avoir suscité et parrainé de nouvelles scissions au sein de deux partis de la Koutla, le PPS et l'OADP.
Toujours est-il que la vérité sur la vraie carte politique du pays ne sortira pas des urnes. Des urnes miraculeusement intelligentes qui obligeront l'opposition à ratisser large, beaucoup trop large, pour obtenir une majorité parlementaire. En fait, Driss Basri venait de réinventer la démocratie dirigée, avec l'implication inavouée de tous les ayants droits. Que ces impliqués volontaires se soient, après coup, défendus d'y avoir trempé, c'est de bonne guerre politicienne. Mais cela n'y change rien.
En définitive et après quarante ans d'opposition, Abderrahmane Youssoufi accède à la primature. Ce sera dans des conditions beaucoup moins avantageuses que celles qui auraient pu être obtenues en 1994. Son cabinet comptera plus de portefeuilles, mais moins de ministères stratégiques. Parmi ces ministères, celui de l'Intérieur, toujours dirigé par le même Basri, plus rayonnant que jamais. Quelques mois après leur installation, des ministres du gouvernement Youssoufi se plaignent ouvertement de ne pas trouver l'appui et l'écho nécessaire à leur action auprès des gouverneurs.
Le Premier ministre, chef constitutionnel de toutes les administrations, n'a aucune prise, aucune autorité, aucun pouvoir sur la plus importante d'entre-elles, l'administration du territoire et de la supervision des collectivités locales. Il y a deux semaines, Youssoufi s'en est confié au comité central de son parti. Ahmed Lahlimi a enfoncé le clou en déclarant la semaine dernière sur la deuxième chaîne, que le gouvernement où il fait fonction de ministre-secrétaire général, n'avait pas tous les pouvoirs que lui confère la constitution.
Un distinguo pour l'histoire
Alternance ou pas, Driss Basri a continué à être partout, sur tous les dossiers. Du moins jusqu'à il y a quelques mois. Les problèmes trouvaient un début de solution ou étaient carrément résolus, dès qu'ils prenaient la direction de son département. Efficacité et capacité d'exécution, pour les uns, expansionnisme et concurrence déloyale à d'autres départements, pour les autres. C'est ce qui a été baptisé "la méthode Basri".
Une méthode multi-fonctionnelle qui a fait de Driss Basri un faiseur de partis, de députés, de ministres, de gouverneurs, de solutions miracles. Et de problèmes inutiles et complexes. C'est toute cette méthode qui est devenue anachronique, voire antinomique avec l'inauguration de l'alternance au pouvoir. L'antinomie est apparue encore moins compatible avec la succession monarchique.
Durer, c'est primordial en politique. Mais plus on dure, plus on est exposé à la faute qui peut mettre fin à une carrière, aussi longue soit-elle. Driss Basri en a commis là où il ne fallait pas. Dans la gestion administrative des provinces du Sud et du dossier du Sahara marocain. Sur ce terrain, sablonneux à volonté, la méthode Basri a non seulement démontré ses limites, mais aussi et surtout dévoilé ses aspects dangereusement pervers. Les récents événements de Laâyoune en sont l'illustration calamiteuse pour la première cause nationale. C'est la faute de trop qui a sonné le glas de l'ère Basri.
L'histoire fera le distinguo entre ce qui est imputable au citizen Basri et ce qui relève d'un système qu'on lui impute.