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La place Jamaâ El Fna dans le nouveau projet du plan d'aménagement
Publié dans MarocHebdo le 11 - 02 - 2000


L'HISTOIRE AU PRESENT
Au terme d'une journée d'études autour la place Jamaâ El Fna, ont été dégagées des perspectives de sauvegarde de ce patrimoine universel menacé par une modernisation envahissante et souvent préjudiciable à l'esprit du site. Pression automobile, urbanisation rampante et commerces foisonnants. Comment rétablir l'ordre dans une place célèbre, la protéger des différentes agressions et lui rendre son rayonnement d'antan ? Une seule solution : la concertation entre les différents intervenants.
Cur battant et pôle d'attraction de Marrakech, la place Jamaâ El Fna est un patrimoine qui a traversé l'histoire du Maroc. Aujourd'hui, cette place mythique connaît une crise qui nécessite de se pencher sur sa situation. Il s'agit de mettre en place une stratégie de sauvegarde des principaux attributs qui font son charme. D'autant plus que certains ragots ont couru selon lesquels des immeubles seront construits au centre de la place. Ce qui a suscité l'inquiétude des gens.
Pour communiquer autour de Jamaâ El Fna et réfléchir sur son devenir, une journée d'études a été organisée samedi 5 février 2000 par la commune et la préfecture de Marrakech médina. Ont participé à ce colloque plusieurs spécialistes, universitaires, architectes, urbanistes et élus. Deux sommités mondiales en la matière ont pris part à ces travaux, Abdelaziz Touri en sa qualité du président du comité du patrimoine mondial et directeur du patrimoine au ministère de la Culture et Mounir Bouchnaki directeur du patrimoine mondial à l'Unesco.
Le débat a porté sur trois projets proposés par le conseil municipal dans le cadre du nouveau plan d'aménagement de la médina, parking souterrain, Kissaria et marché et deux ateliers de travail se sont penchés sur l'avenir de la place. L'un sur la technique et l'architecture de la place Jemaâ El Fna et l'autre sur le patrimoine oral de celle-ci. Une batterie de recommandations ont été adoptées afin de préserver la richesse de la place.
Richesse
D'emblée, le président Omar Jazouli a tenu à lever toute équivoque sur l'objet du séminaire : " Nous ne nous sommes pas ici pour imposer quoi que ce soit, mais pour nous concerter sur le meilleur moyen de préserver l'âme de la place Jamaâ El Fna''. L'importance de cette dernière, classée patrimoine mondiale en 1985, réside non seulement dans son aspect architectural mais également dans sa dimension culturelle. C'est un lieu de divertissement et d'échange animé par les fameuses Halqa, qui a acquis une renommée internationale, un attrait artistique avec ses sons, ses couleurs et ses odeurs.
Or, au fil du temps, la place a perdu de sa force et de son charme. D'abord, le nombre des Halqa a diminué et l'habit porté par les animateurs de ces cercles est de moins en moins conforme à la tradition marocaine. En plus, Jemaâ El Fna a été réduite à une curiosité touristique.
Quand les touristes ne sont pas là, la place sombre dans le silence et la torpeur meublés par les charlatans et les cartomanciennes qui tentent d'attirer les passants . Il suffit qu'un étranger se manifeste pour qu'elle retrouve soudain un début d'activité, fait de bruits sonores et de diverses acrobaties. Un spectacle qui n'attire plus grand monde comme par le passé. Même les touristes ne s'intéressent au site que de loin en prenant des photos en guise de souvenirs. Le tourisme est-il en train de tuer ou de dénaturer l'âme de Jamaâ El Fna ? Ce secteur, c'est connu, peut induire des effets pervers même s'il rapporte des devises à l'économie.
Charme
La culture populaire de Jamaâ El Fna trouve également l'origine de son déclin progressif dans les commerces modernes alentours. Charmeurs de serpents, conteurs et autres musiciens ont du mal à vivre de leur savoir-faire ancestral face à une modernité envahissante. D'où la nécessité de réhabiliter le métier du Hlaïqui par des actions de motivation matérielle et de reconnaissance morale afin de sauvegarder cette culture que l'Unesco est prête à inscrire sur la liste du patrimoine oral mondial.
Autre inconvénient lié à la modernité, l'invasion de la place par un nombre grandissant de voitures et de taxis. Comment décongestionner les lieux et y remettre de l'ordre ? La construction d'un parking souterrain à proximité du site peut être à première vue une solution au problème. Sauf qu'elle est de nature à compliquer ultérieurement la question en augmentant la pression automobile autour de la médina au lieu de la diminuer. Sans oublier le fait qu'un parking même s'il est souterrain ne s'inscrit pas dans l'esprit traditionnel du site.
La formule appropriée serait éventuellement d'imaginer un procédé allant dans le sens de la protection de la place de façon à ce qu'elle retrouve son caractère piétonnier d'antan, sous forme d'esplanade ayant une forme géométrique déterminée.
Car aujourd'hui, personne en sait où commence et où finit la place Jamaâ El Fna. Le charme de cette dernière n'est-il pas justement de marcher et de déambuler, en se laissant aller sans être dérangé par le bruit des véhicules au spectacle ambiant ?
En tout cas, la place, qui a fait l'objet de plusieurs livres, est aujourd'hui un chantier ouvert. Elle a besoin plus que jamais d'une action vigoureuse et concertée de réhabilitation pour lui rendre son originalité et son harmonie. Un travail d'aménagement en profondeur à même de maîtriser l'évolution de ce patrimoine national, sous peine de tomber dans l'anarchie. À ce sujet, la décision a été prise de corriger un manquement à la loi qui se manifeste par la surélévation de certains commerces bordant la place, au-delà des 8,50 m autorisés. Les magasins qui dépassent la norme doivent donc se conformer à la réglementation. C'est un premier pas vers le respect du cadre architectural et de l'aspect esthétique.
Conformité
Dans son message aux participants à la 23ème session du comité du patrimoine mondial tenue à Marrakech le 29 novembre 1999, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a déclaré : "il devient impérieux de coordonner les efforts au niveau international pour sauver notre patrimoine civilisationnel quel que soit le lieu où il se trouve. Tout comme il est certain que l'incapacité d'un grand nombre de pays du Sud à protéger leur patrimoine national fera perdre à l'humanité de précieux trésors de son Histoire et un aspect fondamental de sa diversité". L'Unesco a exprimé à maintes reprises sa disponibilité à fournir conseil et assistance en matière de sauvegarde et de restauration des monuments au Maroc.
Reste d'abord à mettre en place une culture de dialogue et de coordination entre les différents intervenants : agence urbaine, conseil municipal, urbanistes et architectes. La place Jamaâ El Fna, patrimoine sensible, a d'autant plus besoin d'un consensus autour de son avenir
qu'elle traverse une période décisive.