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LES LAMPISTES ET LES GROS BONNETS


Affaire de la Caisse nationale du Crédit agricole
On a de plus en plus le sentiment que la justice ne veut pas tirer définitivement les choses au clair dans les scandales de la CNCA, laissant persister le doute sur la crédibilité de cette institution et l'intégrité de tous ses cadres. Qu'attend la justice pour lever le voile sur toute la vérité ? Qu'attend la justice pour déterminer les responsabilités sans complaisance et dans le strict respect de l'esprit la constitution du pays ? Parce que tous les indicateurs prouvent que les cadres mis en accusation ne sont que des lampistes. La vérité se trouve ailleurs.
Rachid Haddaoui
Avec le retour au pays de l'ancien directeur général de la Caisse nationale du Crédit agricole (CNCA), Rachid Haddaoui, on s'apprête à vivre un nouveau chapitre dans ce qui est appelé l'affaire CNCA. Les scandales, à l'origine des poursuites, se sont déroulés sous le règne de M. Haddaoui, c'est-à-dire entre 1987 et 1995.
Son témoignage pourrait bien éclairer la justice et guider ses pas dans l'enquête. Depuis le début des événements qui ne font plaisir à personne, des voix se sont élevées de partout pour dire que le problème est fondamentalement circonscrit dans la sphère directoriale.
En effet, le retour au pays de Rachid Haddaoui n'est pas passé inaperçu, ouvrant la voie à des spéculations et à une chasse aux nouvelles. Dans un premier temps, des journaux ont rapporté que Rachid Haddaoui, en provenance de Paris, a été arrêté à sa descente d'avion, puis relâché.
Liberté
Dans cette affaire pas mince, puisqu'il s'agit de détournement de milliards de dirhams des deniers publics, la justice est appelée à prospecter tous les chemins pouvant mener à la vérité, avant de décider du sort de la trentaine de fonctionnaires écroués dans la prison civile de Rabat. Ces cadres auraient certainement préféré que leur procès soit équitable en respectant le code pénal national. Devant la Cour Spéciale de justice en charge de justice, ils n'ont aucune chance de s'en sortir.
Allons-nous assister à la mascarade d'un assainissement bis ? On se souvient sans nul doute de la psychose déclenchée par l'assainissement de 1996, concocté de manière brutale et sans égard pour la dignité des hommes. Jusqu'à aujourd'hui, plusieurs personnes se disent toujours traumatisées par cette opération qui n'a fait que du mal.
Transparence
En ouvrant les dossiers de corruption et de dilapidation de l'argent du peuple, le gouvernement aurait certainement fait entrer dans ses comptes qu'il risque de tomber sur de gros bonnets bénéficiant de la protection nécessaire leur évitant les affres du tribunal. Seulement, les décideurs de ce pays, qui vantent les vertus de l'Etat de droit et de la transparence, se doivent d'aller jusqu'au bout dans la quête de toute la vérité, rien que la vérité.
C'est plus qu'un procès, l'affaire de la CNCA est supposée annoncer le lancement d'une nouvelle ère où le sabordage des établissements publics ne sera plus toléré, où l'impunité ne sera plus permise et où l'argent des contribuables deviendra sacré. En l'absence d'une justice à une seule vitesse, l'on continuera à ne se payer que des boucs émissaires. Quel que soit son statut, le cadre n'est qu'un exécuteur. Et quand il est tenté par l'esprit du mal, il doit exister des moyens de prévention pour le rappeler à l'ordre. Il est surtout question de bonne gouvernance plus que toute autre
chose.
Dans ce sens, l'association Al Joudour des anciens cadres du Crédit Agricole s'insurge contre la volonté de certaines parties à attribuer la situation de cet établissement à l'incompétence de ses fonctionnaires. " Le problème est celui de la gouvernance de l'entreprise et non celui des cadres. Il ne fallait pas profiter d'une telle affaire pour +enfoncer le clou+ aux cadres et encore moins tenter de faire passer, en cette occasion, des idées personnelles sur le devenir de l'institution", lit-on dans un document de l'association, signé par son président Mohamed Jaber.
Responsabilités
Il semble que cette version des faits est plus proche de la réalité, du moment où un ancien Directeur général adjoint de l'établissement a déclaré qu'il n'avait pas de délégation de crédit, n'a jamais pris part aux Conseils d'administration et n'a jamais siégé aux comités de crédit. Il s'agit bien d'Ahmed Lahlimi, actuellement ministre chargé des Affaires générales du gouvernement. D'ailleurs, M. Lahlimi était le premier à tirer la sonnette d'alarme sur les dysfonctionnements et des pratiques pas innocentes qui étaient en cours au sein de cette institution.
" Je suis prêt à répondre devant la justice de ce que je sais et de ce que je ne sais pas ", a dit Ahmed Lahlimi lors d'un débat organisé le 27 juin dernier à Rabat par le Club de la Presse du Maroc. Voilà un ministre responsable et connaissant bien les soubassements de l'affaire qui se dit prêt à apporter son témoignage. Que reste-t-il donc à faire ? Le convoquer pour couper court aux rumeurs portant préjudice à sa personne et aussi donner un coup de pouce à l'enquête traînant toujours le pas.
La justice doit assumer ses responsabilités en passant à la vitesse supérieure dans cette affaire. Parce qu'il y va de l'avenir de toute une expérience. Handicapé par un héritage lourd et fragilisé par une avalanche de dossiers de corruption qui sortent de toutes parts, le gouvernement d'alternance met en jeu sa crédibilité dans ce scandale et dans d'autres.
En faisant de la moralisation et de l'assainissement de la vie publique un cheval de bataille, l'équipe de Maître Youssoufi n'a plus le droit de rater éternellement le coche. Si le règlement du dossier social n'est pas pour demain, ce qui est tout à fait compréhensible, celui des détournements de fonds publics ne peut plus attendre.
Déjà grevé par la sécheresse et les sommes allouées au CIH, le budget de l'Etat ne peut pas supporter des charges supplémentaires, sinon les équilibres macro-économiques prônés par l'argentier du pays souffriront atrocement des vices des caisses trouées. Ceux qui ont longtemps profité de la manne des établissements publics n'ont qu'à passer à la caisse sans scandale ou bien de se voir traduire devant la justice, et partant faire la une des journaux.