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LE RÈGNE DE L'ENTENTE
Publié dans MarocHebdo le 15 - 09 - 2000

Visite officielle de SM le Roi en Espagne, du 18 au 20 septembre
SM le Roi Mohammed VI effectuera du 18 au 20 septembre 2000 une visite d'Etat en Espagne, à l'invitation du Roi Juan Carlos. Une visite tellement attendue surtout par la partie espagnole tourmentée par le problème de la pêche qui sème la discorde au sein du monde politique et économique ibérique. Pour le Maroc, resté jusqu'ici ferme sur cette question, il s'agit de défendre ses intérêts et rappeler que ses relations avec son voisin du Nord sont au-delà d'une affaire de " sardines ". Dans tous les cas de figure, Marocains et Espagnols, liés par une histoire et des intérêts communs, sont condamnés à s'entendre et à composer ensemble.
• SM le Roi Mohammed VI et SM le Roi Juan Carlos d'Espagne.
Dans la perspective de cette visite annoncée depuis plusieurs mois, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération Mohamed Benaissa s'était rendu au début du mois à Madrid pour baliser le terrain et remettre les pendules à l'heure avec son homologue espagnol Josep Pique. Tant à Rabat qu'à Madrid, on se réjouit du niveau atteint par les relations bilatérales, après une longue période de tension. Parce que, c'est le cas de le dire, les relations maroco-espagnoles n'ont pas été au beau fixe jusqu'à une période récente.
C'est pour cette raison que la visite royale revêt une grande importance pour les deux pays. Elle viendra donner un coup de pouce au réchauffement que connaissent les rapports mutuels.
Depuis la dernière visite du Président du Conseil espagnol José Maria Aznar au Maroc les 8 et 9 mai dernier, les choses ont plus ou moins bougé. "Nous avons la ferme volonté de résoudre tous les problèmes qui surgissent entre nos deux pays à partir du dialogue et nous allons, sans nul doute, créer autant d'organismes nécessaires pour que ceci soit une réalité ", avait-il déclaré.
Danger
Cependant, entre les vœux et la réalité, il y a tout un monde. Il faut plus que de la bonne foi pour concrétiser les bonnes intentions, particulièrement du côté de l'Espagne où certaines mentalités, pour des raisons historiques et subjectives, considèrent le Maroc comme un danger permanent pour leur sécurité et leur stabilité. Ce qui est complètement erroné dans la mesure où le Maroc a toujours prôné le bon voisinage, mais, désormais, sur de nouvelles bases.
Dans son discours rénovateur sur les relations du Maroc avec l'Union européenne, SM le Roi Mohammed VI a invité les Quinze de l'Europe à revoir leur copie et repenser les rapports bilatéraux, sans remettre en cause les engagements antérieurs du Royaume qui compte sur ses alliés stratégiques au sein de l'UE pour défendre son statut de partenaire privilégié.
Et comme l'Espagne, à l'instar de la France et de l'Italie, entre dans la catégorie des partenaires de choix du Maroc à Bruxelles, il lui incombe de donner l'exemple en établissant un nouveau cadre de partenariat avec son voisin du sud. Sans nul doute, la visite royale est une occasion précieuse pour les deux parties afin de dissiper les nuages. Dans la capitale espagnole, les officiels accordent une importance particulière à la venue du Souverain. José Maria Aznar a annoncé depuis plusieurs mois que cette visite est préparée avec de grands soins.
Mais, certaines parties à Madrid ne partagent pas le point de vue de M. Aznar. Elles veulent mettre la pression sur le gouvernement espagnol afin d'obtenir une solution au problème de la pêche, devenu une véritable hantise pour le lobby de pêche andalou, soutenu par le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). L'opposition majoritaire espagnole accuse son gouvernement d'indifférence et de manque d'efficacité dans cette affaire.
Pression
Depuis l'expiration en novembre 1999 de l'accord de pêche avec l'Union européenne, le gouvernement d'alternance est resté sur sa position, celle de non-renouvellement si Bruxelles ne modifie pas les termes de l'ancien contrat qui stipulait seulement le versement d'une contrepartie financière.
Ce qui est incompatible avec les espoirs fondés sur ce secteur pour revitaliser l'économie marocaine, générer de nouvelles recettes et créer des milliers d'emplois pour atténuer l'impact du chômage. Le gouvernement marocain ne semble pas disposé à faire des concessions sur cette question. Selon le plan quinquennal adopté dernièrement par le Parlement, il est question de transformer cette richesse naturelle en un secteur productif susceptible de drainer de nouveaux investissements et permettre la création de sociétés mixtes pour l'exploitation et la transformation. Dans certains milieux espagnols éclairés, on est de plus en plus unanime à déclarer que la position marocaine est tout à fait légitime et que les Européens doivent changer leur attitude sur ce point.
Cependant, il est excessif que certaines parties espagnoles limitent la visite royale au seul dossier de la pêche dont le dénouement est de plus en plus proche. "Il est temps de désardiniser nos relations ", avait déclaré le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération Mohamed Benaissa lors de sa dernière visite à Madrid. Puisque d'autres dossiers aussi épineux que celui de la pêche méritent d'être traités soigneusement et profondément, loin du forcing et de la surenchère.
Il y a tout d'abord la question de l'immigration clandestine qui préoccupe les deux gouvernements. Depuis quelque temps, la coopération des deux pays sur ce point semble aller dans le bon sens, surtout qu'on a décidé de délaisser l'aspect sécuritaire pour s'attaquer aux véritables origines du mal. En effet, ce problème ne peut être réglé que par le développement des régions du nord du Maroc, point de départ des candidats pour la clandestinité. C'est à ce niveau que réside l'importance de la consolidation des échanges économiques.
Surenchère
Si le Maroc avait obtenu des promesses de reconversion d'une partie de sa dette publique envers l'Espagne, il compte sur son voisin du nord pour contribuer fructueusement à son processus de développement. Donc, il faut instaurer une nouvelle approche dans les relations bilatérales, particulièrement sur le plan économique où le Maroc s'attend à un appui conséquent de la part de son voisin.
Et il est logique, voire légitime, qu'il sollicite plus de soutien de la part de Madrid. Pour endiguer le fléau de l'immigration clandestine et combattre le trafic de drogue, principaux soucis de l'Espagne, le Maroc a besoin de fonds pour promouvoir ses régions du nord qui ont le plus souffert des méfaits de ces deux problèmes.
Qu'on le veuille ou non, le Maroc et l'Espagne sont liés par des relations historiques et des intérêts communs.
Les deux pays sont donc condamnés à construire ensemble leur avenir. La stabilité et la prospérité de la région sont plus que jamais tributaires de la bonne entente des deux Etats voisins. Et il semble que les deux camps ont pris conscience de l'importance de parler le même langage.