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Aznar la menace

Le gouvernement espagnol veut mettre le Maroc à genoux
C'est une guéguerre larvée, économique et humaine, que l'Espagne nous impose. De manière totalement unilatérale. Attitude aux antipodes de ce que devrait
être une coopération Nord-Sud, surtout lorsque le Nord et le Sud
sont si proches, presque mitoyens.
• Les deux premiers ministres Jose-Maria Aznar et Abderrahmane Youssoufi.
Avec l'Espagne, le Maroc n'est pas encore au bout de ses peines. La spirale de la crispation et de la tension continue. Madrid a même franchi la ligne du diplomatiquement correct. Les milieux officiels, à commencer par le Premier ministre lui-même, José Maria Aznar, ne s'estiment plus tenus à l'obligation de retenue qu'impose un voisinage incontournable et une proximité historique millénaire.
La plus haute autorité exécutive de l'Espagne agite des menaces indignes de ce pays et complètement inadmissibles pour le Maroc: suspension de "l'aide" financière; laisser faire le vandalisme des pêcheurs contre nos marchandises en transit vers les pays de l'UE; incitation indirectes des réflexes racistes contre les travailleurs marocains installés en Espagne et par ricochet contre les MRE obligés de traverser ce pays sur le chemin du retour pour les vacances d'été.
Franquisme maladroit
À cela, il faut ajouter les insinuations humiliantes et les quolibets dégradants, tolérés lorsqu'ils ne sont pas suscités, à l'égard des "Moros", têtes de turcs au quotidien, objets de toutes les brimades. En somme, la totale, l'intégrale inspirée et orchestrée par les pouvoirs publics espagnols, repris et reproduits par des cercles d'attardés mentaux et une opinion publique sous influence.
Avec les dernières menaces proférées par le chef du gouvernement espagnol, on n'est plus dans les mesures habituelles de rétorsion consécutives à nos exigences légitimes pour le renouvellement de l'accord de pêche. C'est une guéguerre larvée, économique et humaine, que l'Espagne nous impose.
De manière totalement unilatérale. Attitude aux antipodes de ce que devrait être une coopération Nord-Sud, surtout lorsque le Nord et le Sud sont si proches, presque mitoyens. Attitude aux relents belliqueux, à la limite de l'atavisme politique, en tout cas peu rationnelle, peu réfléchie et peu honorable. Attitude, pour tout dire, qui ne grandit pas le pays de Cervantès, de Garcia Lorca, de Saldor Dali, de Pablo Picasso. Et qui ne restitue pas les sept siècles d'histoire commune et de culture arabo-hispanique.
• Josep Pique et Mohamed Benaïssa
Au commencement de ce long processus de détérioration des relations maroco-espagnoles étaient la pêche et l'immigration clandestine. L'Espagne entend disposer de nos richesses halieutiques à ses propres conditions. Des prises sans respects des règles techniques de préservation des espèces, sans observation d'une période de repos biologique. Des prises totalement évacuées vers les ports espagnols, avec un nombre de chalutiers qui confine au ratissage systématique plutôt qu'à une pêche soucieuse des impératifs de reproduction.
Le tout à des taux de compensation financière plus qu'insuffisants. Le Maroc a évidemment négocié, par le biais du commissaire européen, Franz Fischler, un protocole d'accord qui ne soit pas un oukaz à sens unique.
La réponse d'Aznar, maladroitement franquiste, a été d'une arrogance provocate et irrecevable pour un pays, ex-protectorat espagnol dans ses parties nord et sud, certes, mais néanmoins souverain: En gros, Aznar nous dit: "C'est à prendre ou à laisser. Si vous ne prenez pas, je vous punis. Ma punition sera terrible, parce que je suis votre passage obligé pour accéder à l'Europe ou y revenir". Un chantage à l'enclavement avec toutes ses répercussions humaines et économiques. Les Portugais, avant et même après leur adhésion à l'Union Européenne, en savent quelque chose.
Chantage à l'enclavement
La diplomatie nous enseigne qu'à part les attributs de souveraineté et l'intégrité et la dignité de la nation, tout le reste est négociable. Il va sans dire qu'il n'était pas question que le Maroc cède au diktat espagnol. N'empêche que la réalité du secteur de la pêche, chez nous, est foncièrement marquée par des tares structurelles préjudiciables et pour le pays et pour notre position dans les négociations avec l'Espagne. Tout comme les terres agricoles récupérées de la Sodea et de la Sogeta, ou les espaces urbains domaniaux, ou les carrières de sables, ou encore le transport interurbain, la pêche hauturière a toujours été un lieu d'octroi de privilèges, avec ses autorisations téléphonées et ses crédits généreusement octroyés par des organismes bancaires d'Etat.
Le produit est à l'image de ce que nous appelons par une sorte d'anticipation optimiste sur un éventuel changement: le Maroc ancien. De nouveaux riches aux attaches solides avec les structures de l'Etat et à la richesse gracieusement renforcée par l'armement de la pêche, à la main heureuse et au pied très, très marin, qui ont fini par constituer un noyau fort à l'intérieur d'une corporation de pêcheurs à majorité côtière et artisanale. C'est notre lobby à nous, soupçonné d'être opposé à tout accord avec l'Espagne pour cause d'intérêt objectifs.
Des soupçons que renforce la rumeur sur le transbordement des cargaisons en haute mer, le retour des chalutiers avec des cales presque vides et le transfert de la contre-valeur des prises dans les banques espagnoles. Cette rumeur est difficilement vérifiable, mais elle est persistante.
Cet effort de congélation, de transformation en produits dérivés et d'acheminement du poisson vers les différentes régions du pays, n'a jamais vraiment emballé nos grands professionnels de la pêche.
Toujours est-il que les négociateurs nationaux successifs qui ont eu en charge ce dossier se sont trouvés pris en tenaille entre la rigidité de leurs homologues espagnols et la tiédeur bien comprise des grands armateurs marocains. Lorsque ce nœud gordien sera desserré, un accord sera possible. Plus vite cela sera fait, et mieux cela vaudra et pour l'Espagne et pour le Maroc.
Main heureuse et pied marin
L'autre procès que nous fait l'Espagne, est celui de l'immigration clandestine. Ce n'est pas complètement un mauvais procès. Mais là aussi, il faut faire la part des choses. Les pateras qui partent des côtes marocaines relèvent de notre responsabilité. À tous ces jeunes qui narguent la mort dans une traversée de tous les périls, nous n'avons pas donné des raisons de vivre dans leur pays.
C'est notre échec et c'est la facture pas très glorieuse de quarante-cinq ans d'indépendance. Ceci dit, comment les gardes côtiers espagnols accueillent-ils ces invités-surprises et autres visiteurs indésirables? Contrairement à leurs collègues italiens vis-à-vis des réfugiés turcs et albanais, ils optent pour la non-assistance préméditée à personnes en danger lorsque les embarcations de fortune sont à la dérive. Ce n'est qu'une fois le pire arrivé qu'ils repêchent les corps rejetés par la mer.
Une parade inhumaine que l'Union européenne observe sans réagir, tout comme elle avait passivement observé la chasse aux Moros, lors de ce qui a falli être un pogrom raciste à El Ejido, en novembre 2000.
La raison et les principes d'une coopération de voisinage auraient voulu que la solution au problème de l'immigration clandestine soit cherchée et mise en œuvre à la racine. Par une contribution au développement des régions fournisseuses de candidats à la traversée de la mort: les provinces du Nord du Maroc. Or, c'est précisément cette "aide" que José Maria Aznar veut suspendre. Parlons-en, de cette "aide". D'abord ça n'en est pas une. Ce sont plutôt des crédits d'un total cumulé de 500 millions de dirhams, à un taux préférentiel.
Ces crédits servent à financier des projets qui doivent être obligatoirement réalisés par des entreprises espagnoles. Que représentent 500 millions de Dh dans le budget de l'Andalousie, principale région d'accueil des immigrés marocains? Une goutte d'eau dans le Détroit. Tout le budget du Maroc, un peu plus de seize milliards de dollars, ne fait pas plus du quart de celui du gouvernement autonome d'Andalousie. C'est toute la distance, bien plus que le bras de mer qui sépare le Maroc de l'Espagne, entre un pays riche et un pays pauvre. Quels que soient les rattrapages des dysfonctionnements de la gestion des affaires publiques du Maroc, cette distance ne peut être comblée que très relativement.
Quant aux dons proprement dits, ils ne dépassent pas les 150 millions de dirhams étalés sur quatre ans. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Ce ne sont pas ces sommes modiques qui vont apporter une contribution substantielle à ce qui devrait être un partenariat de co-développement au mieux des intérêts des deux pays. Car, c'est de cela qu'il s'agit, et non d'une quelconque assistance. Mieux, ce n'est qu'une partie de la dette historique de l'Espagne envers le Maroc.
Dette historique
Un petit rappel en guise de rafraîchissement de la mémoire ibérique. Si l'Espagne a aujourd'hui avec nous un problème de flux migratoire illégal et non désiré, cela n'occulte pas le fait qu'elle a occupé et exploité la partie Nord du Maroc et ses populations pendant plus de quarante ans. Et qu'elle continue à occuper et tirer bénéfice de deux villes marocaines, Sebta et Mellilia.
Ces deux présides, transformés en immenses zones de libre-échange, rapportent à l'Espagne bien plus que "l'aide" accordée au Maroc. Que gagne le Maroc de cet abcès de fixation anachronique? Une perversion calamiteuse de son tissu économique par un gigantesque commerce de contrebande.
De toute évidence l'Espagne devrait réviser sa politique marocaine sur des bases réalistes, rationnelles et réellement porteuses à terme. Des voix autorisées espagnoles, dans l'opposition socialiste et au sein même du gouvernement de José Maria Aznar, ont appelé à ce recadrage indispensable. C'était aussi le sens de la récente visite de la délégation ministérielle marocaine conduite par Mohamed Benaïssa, ministre des Affaires étrangères.
Nos MRE préparent leurs valises pour la grande traversée estivale; le poisson se reproduit dans le calme et la sérénité en attendant les chalutiers espagnols; nos travailleurs immigrés en Espagne ne demandent qu'à y gagner leur vie par le labeur et dans la quiétude. Et le réservoir de l'immigration clandestine a besoin d'un vrai partenariat pour être tari. Il est donc urgent de ne pas attendre.