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L'homme qui aimait les livres
Publié dans MarocHebdo le 20 - 07 - 2001


Disparition de l'écrivain marocain Mohamed Zefzaf
Sa petite barbe et son corps maigre lui donnent l'allure d'un moine zen. Contrairement aux apparences, il n'était pas vraiment un écrivain maudit,
mais un artiste incompris. C'était un homme cohérent avec lui-même
et qui ne jalousait pas les autres.
• Mohamed Zefzaf
Les habitants du quartier Maârif à Casablanca ne verront plus jamais cette silhouette frêle et discrète, qu'ils avaient l'habitude et le plaisir de croiser dans la rue. L'écrivain marocain en langue arabe, Mohamed Zefzaf, c'est de lui qu'il s'agit, s'est éteint, vendredi 13 juillet 2001, à la suite d'une longue maladie. Il était âgé de 52 ans. Il est parti dans la fleur de l'âge.
Hospitalisé à Paris grâce à la bienveillance royale, M. Zefzaf aura lutté jusqu'au bout contre le cancer qui le rongeait. Sa disparition a endeuillé particulièrement le monde littéraire marocain et arabe.
Mohamed Zefzaf était, sous tous rapports, un homme de lettres atypique. Il a mis sa plume alerte au service de l'écriture dans ce qu'elle de plus noble, un moyen d'expression et d'engagement. Refusant d'être inféodé à un courant quelconque ou à une chapelle donnée, évitant tout au long de sa vie les grenouillages politiques et les salons, ce natif de Souk Larbaâ en 1942 n'avait que des amis et des sympathisants. Le monde romanesque de Zefzaf n'était pas étincelant ou heureux.
L'auteur fait voyager le lecteur vers les bas fonds, l'underground avec des personnages marginaux, troubles, oubliés, parfois violents pour donner un sens à la vraie réalité sociale, celle qu'on a souvent tendance à occulter, à éviter parce qu'elle nous culpabilise ou nous rappelle notre vraie condition sur terre, des êtres éphémères qui n'ont pas choisi ce qu'ils sont..
Sensibilité
L'écrivain, qui avait une grande imagination, avait en effet l'art de dire la misère, le mal-être et les frustrations des gens dans un style simple et fluide. Tel fut la philosophie de Mohamed Zefaf. Un homme d'une extrême sensibilité, exigeant avec lui-même, toujours vif jamais obséquieux.
Sa petite barbe et son corps maigre lui donnent l'allure d'un moine zen. Jamais stressé, toujours agréable, il porte tout le temps des sabots et une écharpe qui font en quelque sorte partie des attributs de sa personnalité. D'une gentillesse naturelle, tout en lui suscitait l'admiration et le respect. Zefzaf était le genre qui ne se lassait pas de lire, ni d'écrire. D'origine modeste, il ne s'est jamais renié, proche de lui-même et des autres. Il aimait recevoir les amis chez lui pour discuter avec eux.
M. Zefzaf n'était pas porté sur l'argent, ce n'était pas son souci premier pour ainsi dire, il avait juste besoin de ce qu'il faut pour vivre. Son appartement à Casablanca, dans un immeuble délabré était très modeste. Aucun luxe. Un peu de mobilier. Le strict minimum et rien d'autre. Contrairement aux apparences, il n'était pas vraiment un écrivain maudit, mais un artiste incompris. C'était un homme cohérent avec lui-même et qui ne jalousait pas les autres.
Titulaire d'une licence de philosophie en 1968, Mohamed Zefzaf a enseigné la langue arabe au lycée. Il fut d'abord connu grâce à des textes et des nouvelles publiés dans des revues et des journaux arabes avant de se lancer dans l'écriture des romans.
C'est la presse qui l'a fait donc connaître. L'œuvre de Zefzaf est assez riche. Dommage quel cet auteur talentueux n'ait été découvert que tardivement par les maisons d'édition marocaines. Cependant, les livres qui ont fait sa notoriété au Maroc sont "la Femme et la Rose", "L'œuf du coq" et " Le renard qui paraît et disparaît".