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Le poids des notables
Publié dans MarocHebdo le 19 - 10 - 2001


Eclairage
Mais où en est-on avec la réforme annoncée du mode de scrutin? Voilà une question inscrite à l'ordre du jour depuis des mois sinon des années, le gouvernement s'étant engagé particulièrement sur cette réforme. On était en droit de penser que la religion de ce cabinet était faite depuis des lustres à cet égard et qu'il ne restait pratiquement qu'à finaliser un projet déjà bien clair dans les esprits. Las! Il n'y a rien de tout cela. Et c'est dans un désordre achevé que nous en sommes arrivés aujourd'hui, dit-on, à ce résultat: le point de départ. Pourtant les propositions n'avaient pas manqué. Chacune des formations y était allée de "son" projet de mode de scrutin: ainsi, c'est toute la palette des systèmes électoraux qui a été sollicitée par les uns et les autres, allant des scrutins majoritaires à la représentation proportionnelle dans toutes ses variantes, sans oublier la proposition surréaliste de Mahjoubi Aherdan allant jusqu'à prôner… un scrutin tribal! Belle cacophonie, n'en doutons pas, qui témoigne de l'impréparation de tous, y compris le gouvernement, devant des choix à faire sur la base d'une structuration politique à venir.
Alors que l'on croyait, ces dernières semaines encore, un consensus possible sur le scrutin de liste provinciale, voilà que l'on revient sans autre forme de procès au scrutin uninominal majoritaire à un tour qui a été toujours en vigueur depuis les premières élections parlementaires de 1963. On a donc préféré s'inscrire dans la "continuité" sans prendre le moindre risque de réforme. À quoi tient pareille situation qui reconduit ainsi le statu quo? La responsabilité du département de l'Intérieur, maître d'œuvre habituel de ce type de révision ne peut évidemment être écartée. Il est connu que la précédent titulaire de ce ministère, M. Ahmed Midaoui, n'était guère favorable à une remise en cause d'un scrutin qui, jugeait-il, avait bien fonctionné … Il est également établi que le Premier ministre n'a guère manifesté un intérêt particulier à cette question; pas davantage son parti n'a milité en sens contraire sauf à proposer un scrutin uninominal à deux tours lors des assises du VIème congrès, à la fin mars dernier. Enfin, le nouveau ministre de l'Intérieur, M. Driss Jettou, est loin de considérer ce dossier comme prioritaire, loin de là.
On peut considérer, pour toutes ces raisons – parmi tant d'autres – que l'on ne pouvait que continuer, pour l'avenir, à gérer ce qu'il y avait en la matière, faute d'une réelle volonté et d'une capacité conséquente de nature à faire des choix et à rendre des arbitrages. Mais ce serait évacuer un paramètre décisif qui a joué: celui du poids des notables. Au Maroc comme ailleurs – mais peut-être plus qu'ailleurs… - la sociologie électorale depuis 1960 est dominée par la place et le rôle des notables. Ce sont les assises locales, les statuts sociaux, les réseaux clientélistes, le fait tribal, qui sont les déterminants du jeu électoral et politique. Cette loi sociologique embrasse toutes les formations politiques; il n'y a que le degré de cette équation qui change d'un parti à un autre. Des "notables" existent partout sur l'échiquier politique; seul le discours des uns et des autres est décliné différemment.
Revanche donc de la société? Il faut le croire. Notre société politique ne doit pas être perçue à la seule aune des pétitionnaires infatigables du "progrès et de la modernité" dans les colloques circulaires de Rabat / Casablanca. Elle participe en effet, largement d'ailleurs, d'une autre comptabilité où le poids social des candidats fera la décision. De quoi conduire à cette autre interrogation: que fera l'Etat pour éviter que dans cette même dynamique sociale appelée à se redéployer en 2002, cela ne consacre de manière irréversible le rôle de l'argent dans les élections?