Mondial 2022. Les Lions de l'Atlas face aux Matadors espagnols en 1/8è    Météo: les prévisions du vendredi 2 décembre    Maroc-Espagne : Convention sur l'appui à la consolidation des CTI    Mondial 2022 : L'esprit combatif et collectif a fait la victoire du Maroc, selon Walid Regragui    L'ouverture d'un consulat à Dakhla renforce les relations entre Guatemala et Rabat    Mort d'un homme en garde à vue : les précisions qui font taire définitivement les rumeurs    Canada – Maroc : Les 11 Lions de l'Atlas face aux Canucks    Mondial 2022 : Le Japon bat l'Espagne et termine premier de son groupe    Soirée de folie dans les villes du Maroc après la qualif' des Lions (VIDEOS)    Conférence d'après match contre le Canada: Walid Regragui rend hommage à Hakimi    Mondial 2022: la RAM annonce une bonne nouvelle aux supporters marocains    Mondial 2022 : l'Allemagne à terre, quitte la compétition    Décès de Yassine Chibli : le Procureur général du Roi dévoile les résultats de l'enquête    Le roi ordonne l'augmentation progressive de l'allocation mensuelle des imams    Le prince héritier de Dubaï félicite chaleureusement les Lions de l'Atlas après leur qualification en 8ème    Mondial-2022 (3è journée/Groupe F): Le Maroc bat le Canada 2 à 1 et va aux 8-èmes de finale    Le gouvernement déterminé à réussir le chantier de réforme du système national de santé    Palestine : Les USA s'engagent à rouvrir le consulat palestinien    Liberté de la presse : Mediapart obtient gain de cause auprès de la justice française    15 morts et 27 blessés dans une attaque contre une école afghane    Démarrage de l'AMO pour les personnes dans l'incapacité de s'acquitter des cotisations    Covid-19/Maroc : 1.290 cas actifs à l'échelle nationale dont 7 cas admis en REA    Casablanca / Opéra Royal du Maroc : La métropole vibre au rythme du 1er Gala    Une nouvelle exposition de l'artiste Mahi Binebine    Le raï algérien désormais inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO    Le Maroc entend injecter 14 milliards de dollars dans « le Fonds Mohammed VI pour l'investissement » (ministre)    La République du Guatemala ouvre un consulat général à Dakhla    Révision annuelle des listes électorales générales: le délai d'inscription expire le 31 décembre    L'UGTM appelle le gouvernement à préserver la dignité des travailleurs    Chambre des conseillers : présentation en commission du budget sectoriel du Secrétariat général du gouvernement    Algérie: Un ancien ministre des travaux publics condamné à 12 ans de prison pour corruption    Espagne : Expulsé d'Allemagne, un Marocain arrêté pour endoctrinement djihadiste    ADM: plus de 306.000 nouveaux Pass Jawaz vendus en 2021    Rabat : L'Espace Rivages accueille une exposition du Maroco-italien Abdelkader Meskar    Sidaction : coup d'envoi de la campagne 2022    Alerte météo : Fortes averses parfois orageuses et chutes de neige ces jeudi et vendredi    Mariages des mineures: Ouahbi promet d'interdire les autorisations judiciaires    Rabat: collaboration entre les Archives du Maroc et les Archives nationales de Turquie    Pour la facilitation et la promotion des échanges commerciaux entre les deux pays : Le Maroc et la Chine signent à Rabat un mémorandum d'entente    Afrique du Sud : le scandale du cambriolage agite le sommet de l'Etat, l'argent sale mis en cause    Inflation : impact négatif sur les salaires réels (OIT)    Patrimoine culturel immatériel : Le Royaume immunise ses trésors humains    L'Association «Maroc Impact» lance son projet «Genious Medina»    Nouveau single: «Ha Mama» de Sabrina Belfkih récolte 2 millions de vues en peu de temps    L'Institut du Monde Arabe rend hommage à la grande cinéaste Izza Génini    Secteur non financier: le crédit bancaire progresse de 6,3% en octobre 2022 (BAM)    Banques participatives: les financements augmentent de 23,8% à fin octobre (BAM)    A vos parapluies ; il va pleuvoir ce jeudi 1er décembre 2022    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Maroccan taliban
Publié dans MarocHebdo le 14 - 12 - 2001

Le Maroc n'est pas à l'abri de l'intégrisme sans frontières
Tous ces "afghans" marocains qui nous ont assuré une présence peu envieuse dans le terrorisme international, ont un point commun. Ils nous viennent du Nord. Ils sont, certes, d'origine marocaine, mais ils font partie de la troisième génération de MRE.
• Zakaria Moussaoui
L'exception marocaine en matière d'islamisme politique a longtemps résisté à tous les scepticismes. L'évolution dramatique qu'a connue l'Algérie n'a fait que renforcer la méfiance et les réserves à l'égard de cet enjolivement presque affectueux de nos barbus. On a même pu dire, malgré quelques crises passagères de raidissement verbal et de démonstration de foule, que nos islamistes, à nous, étaient sympa. Qu'ils ont appris à faire de la politique, à ciel ouvert et en toute légalité, plus vite que ceux des autres pays arabo-musulmans, lointains ou voisins.
Les tenants de la thèse de l'islamisme pacifique de chez nous, poussaient la sophistication de leur théorie, jusqu'à prospecter les ressorts psychologiques et les mécanismes sociologiques de la mentalité et de la société marocaines. Le terreau et les ingrédients de l'islamisme radical ne manquent pas, concèdent-ils, mais les Marocains sont congénitalement pacifiques.
La taupe
Ils se laissent vivre, plus qu'ils ne se compliquent la vie. Ils sont peu enclins à s'entretuer. Jusqu'à preuve du contraire, ces maroco-optimistes auront raison. Il faut même espérer qu'ils aient toujours raison, au moins jusqu'à la décrue de la déferlante intégriste de par le monde.
Ce qui était proprement impensable, c'est que nous ayons, nous aussi, notre part d'"afghans". De temps à autre, des rumeurs à peine croyables évoquaient le cas de jeunes atypiques par rapport à la normalité marocaine, qui combattaient dans la résistance afghane contre l'occupation soviétique. Beaucoup moins nombreux que leurs affreux homologues algériens, mais ils existaient bel et bien. Et puis un jour, on s'est réveillés en découvrant, parmi nous, une version marocaine de la légion afghane. Pas forcément barbus, mais tout aussi violents. La première alerte sérieuse a eu pour cadre l'hôtel Atlas-Asni à Marrakech.
Le 24 août 1994, de paisibles touristes espagnols sont pris pour cible par un commando armé composé de trois membres, Stéphane Aït Idir, Redouane Hamadi et Tarik Fellah. Ils avaient quatre autres comparses, Mohamed Azil, Abderrazak Mountassir, Abderrahmane Boujedli et Hanel Merzoug. Tous marocains, sauf le dernier, de nationalité algérienne. On saura que ces apprentis terroristes devaient perpétrer une série d'attentats à travers le Maroc. Ils ont eu droit à deux procès, l'un à Marrakech l'autre à Paris.
Investigation
Pas plus tard que la semaine dernière, ce dossier revenait devant la justice. Le tribunal administratif de Rabat devait se prononcer sur les indemnités dues aux victimes de l'attentat d'Atlas-Asni, qui furent effectivement confortées dans leur plainte, au détriment du gouvernement marocain. En fait, l'investigation sur cette affaire n'a jamais cessé. Chemin faisant et l'évolution du terrorisme international aidant, on découvrira que l'énigmatique "Rachid", de son vrai nom Abdelilah Zyad, le Marocain recruteur de la bande d'Asni, appartient depuis toujours au réseau Al Qaïda de Ben Laden et qu'il aurait même reçu un entraînement en Afghanistan.
Serait-on en train de revisiter ce dossier à la lumière de la conjoncture actuelle? Où se trouve la vérité entre l'implication des services algériens, confirmée par l'instruction parisienne, et la filière afghane?
Toujours est-il qu'on n'a pas fini d'entendre parler d'afghans marocains. Surtout depuis le début de la guerre d'Afghanistan. Une semaine avant les attentats du 11 septembre 2001, le commandant Massoud est tué.
L'assassinat du chef de la résistance anti-Talibans est attribué à deux faux journalistes marocains, Kassim Boukouli et Karim Souzouni. Les noms, plutôt les faux noms des deux tueurs marocains, ainsi que le timing de la mort du commandant Massoud, font le tour du monde.
Août 2001, un mois avant l'attaque contre le world trade center à New-York et le Pentagone à Washington, Zakaria Moussaoui est arrêté dans l'Etat du Minnesota. Pisté depuis deux ans par les services français et anglais, son islamisme affiché et son inscription dans une école privée de pilotage, intriguent les autorités américaines qui finissent par l'interpeller. Il est soupçonné d'être un aspirant kamikaze.
Premier inculpé à être prochainement jugé, Zakaria Moussaoui devait être, d'après les enquêteurs du FBI, parmi l'équipage de l'avion qui s'est crashé en Pennsylvanie, le 11 septembre 2001. Six chefs d'accusations pèsent contre lui, dont quatre passibles de la peine de mort.
Dans l'autre sens, cette fois-ci celui de l'infiltration sécuritaire, un autre Marocain aurait été une taupe de la DST parmi les Talibans. Hassan Dabu (drôle de nom) aurait même réussi à faire partie du petit cercle rapproché de Ben Laden.
L'espion qui venait du Sud, une fois n'est pas coutume, passe pour avoir été informé des préparatifs de l'attentat du 11 septembre et qu'il en aurait fait part à sa hiérarchie. Le scoop rapporté par la presse nationale a tout de même un côté invraisemblable qui relève du roman policier.
Talibanisés
Tous ces "afghans", à l'exception de la taupe, qui nous ont assuré une présence peu envieuse dans le terrorisme international, ont un point commun. Ils nous viennent du Nord. Ils sont, certes, d'origine marocaine, mais ils font partie de la troisième génération de MRE. Le groupe d'Asni, tout comme Zakaria Moussaoui, sont franco-marocains. Ils sont nés et ont grandi en Europe. Quant aux assassins présumés du commandant Massoud, ils sont maroco-belges. Tous ont été endoctrinés et embrigadés dans les mosquées des banlieues de cités européennes. Dans tous ces cas d'enrôlement pour l'activisme islamiste armé, Londres apparaît comme la plaque tournante, le carrefour, le passage obligé.
Certaines de nos mosquées sont, elles aussi, des filières attitrées et connues pour le grand pèlerinage mystico-terroriste vers le Pakistan et l'Afghanistan. Ceux qui en sont revenus, comme ces huit Maroco-Talibans dont la DST aurait négocié la livraison par l'intermédiaire des autorités pakistanaises, ont raconté comment ils ont été approchés, recrutés, embarqués pour un long voyage, puis progressivement talibanisés.
L'exception marocaine tient toujours. Mais le Maroc n'est pas à l'abri de l'intégrisme sans frontières.